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08/12/2016

Les Français affichent leur flegme face au Brexit

Royaume-Uni en Europe

Les Français affichent leur flegme face au Brexit

Les Français sont les Européens à afficher le plus d’indifférence face à un éventuel Brexit, même si une majorité de continentaux préfèrerait voir le pays rester dans l’UE.

« Tant mieux pour l’Europe, tant pis pour les Britanniques. » C’est ce que Nicole Fontaine, ancienne présidente du Parlement européen, a déclaré le 17 juin au cours d’une interview sur Europe 1. Cette idée qui était au départ celle des europhiles, dont Michel Rocard qui avait été le premier à sortir du bois, a visiblement fait son chemin si l’on en croit l’étude de la fondation Bertelsman publiée le 20 juin, « Keep calm and carry on ».

Le départ de la Grande-Bretagne, condition de la reconstruction de l'UE

Michel Rocard, ancien Premier ministre de François Mitterrand et ancien député européen, appelle à voter européen le 25 mai. En faveur d’une Europe fédérale et hostile à l’austérité, il souhaite la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Elle favoriserait la restructuration de l’Europe, au profit d’une Europe qui puisse décider.

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Les Français affichent en effet un vrai scepticisme sur le Royaume-Uni : seuls 41 % d’entre eux souhaitent voir le Royaume-Uni rester dans l’UE, contre plus de la moitié de la population dans tous les autres grands pays européens : l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne (64 %), ou même la Pologne (61 %). Des hésitations qui reflètent sans doute des « stéréotypes sur la relation entre la France et le Royaume-Uni» estiment les auteurs. Au total, la majorité des Européens se prononcent pour que le Royaume-Uni reste dans l’UE, même si la majorité n’est pas écrasante (54%).

>> Lire : Les masques tombent chez les élus français pro-Brexit

Si la France ne se montre pas inquiète quant à la possibilité de la sortie du Royaume-Uni, c’est aussi qu’elle ne craint pas les répercussions. Près de 68 % des Français pensent que le Brexit n’aurait pas de conséquences majeures sur le pays, et 10 % d’entre eux considèrent que la France se porterait mieux si le Royaume-Uni ne faisait plus partie de l’UE. Les autres États membres estiment également que le Brexit aurait peu ou pas d’impact sur leur pays, mais ils se montrent moins confiants en ce qui concerne la situation de l’UE.

Selon un autre rapport, publié le 17 juin par l’Economist Intelligence Unit (EIU) les conséquences politiques et économiques à l’échelle de l’UE seraient pourtant importantes. Un Brexit provoquerait une remise en question du projet européen, encouragerait les eurosceptiques et le départ d’autres États membres, et fragiliserait la zone euro, selon la structure rattachée au magazaine The Economist, qui s’est officiellement positionnée contre le Brexit dans sa dernière livraison.

>> Lire : Les Européens de plus en plus critiques face à l’UE

Selon The Economist, le PIB ne devrait pas chuter de plus de 0,2 %. Pour la France, la possibilité d’un ralentissement économique du Royaume-Uni se ferait ressentir essentiellement dans le secteur bancaire. En revanche, les conséquences indirectes seraient plus inquiétantes, avec un recul probable des bourses européennes, une dépréciation de l’euro et une recrudescence des paradis fiscaux.

L’indice VIX, qui reflète la volatilité des marchés, a d’ailleurs vivement progressé pour atteindre un record sur cinq mois mi-juin. La forte variabilité des prix des marchés actions, obligations et matières premières se retrouve dans des périodes d’incertitudes et de crises.

L’UE de moins en moins populaire en France

Outre les déboires économiques potentiels, l’EIU envisage une détérioration de la confiance des Européens et la possible remise en question du projet européen, pouvant aboutir sur une dissolution de l’Union européenne. Une hypothèse que le président de la Commission européenne a justement réfuté, la semaine dernière.

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Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a rappelé que l’UE survivrait à un Brexit.

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Si la majorité des citoyens européens voteraient contre une sortie de leur pays de l’UE, en France, la donne serait sans doute différente.

Un sondage effectué au mois de mai montre que 55 % des Français souhaitent également un référendum en France, une idée qui est en hausse à l’approche du Brexit.

>> Lire : Après la crainte du Brexit, la France redoute le statu quo

Le comble, c’est que le pays qui risque de déclencher la zizanie en Europe est relativement mal placé pour se prononcer sur le sujet. C’est en effet au Royaume-Uni que la connaissance factuelle sur l’Union européenne est la plus faible, avec plus de la moitié de la population reconnaissant, avec une certaine honneteté, avoir une faible connaissance des questions européennes. Seulement un quart de la population répond la même chose en France, et moins de 20 % en Allemagne.

Contexte

En direct: Le Royaume-Uni quitte l'Union européenne

Le référendum sur le Brexit se tiendra le 23 juin 2016. Les britanniques devront se prononcer  à cette occasion sur le maintien de leur pays au sein de l'Union européenne. Suivez les dernières actualités en direct sur EurActiv

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