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24/01/2017

Les pays hors zone euro refusent de payer pour la Grèce

Royaume-Uni en Europe

Les pays hors zone euro refusent de payer pour la Grèce

Magdalena Andersson, Sweden's finance minister.

[Socialdemokraterna/Flickr]

En dehors de la zone euro, de nombreux pays dont les scandinaves s’oppose aux financements supplémentaires qui pourraient être alloués à la Grèce. Ce qui risque de bloquer un recours au Mécanisme européen de stabilité financière.

Tout comme leur homologue britannique, George Osborne, les ministres des Finances danois et suédois ont déclaré le 14 juillet que le financement temporaire de la Grèce ne devrait pas puiser dans le fonds d’urgence européen. Il semblerait qu’Andrej Babiš, le ministre tchèque, partage également cette opinion.

Le 14 juillet, George Osborne a expliqué qu’il bloquerait toute initiative de l’UE d’inclure de l’argent britannique au nouveau programme d’aide à la Grèce.

>> Lire : La zone euro s’accorde pour éviter le Grexit

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, avait proposé d’utiliser le fonds du mécanisme européen de stabilité financière (MESF) comme garantie des prêts à court terme consentis à la Grèce. Le MESF est un programme de financement d’urgence qui peut fournir jusqu’à 60 milliards d’euros à n’importe quel État membre.

L’Eurogroupe a en outre envisagé d’utiliser ce fonds pour le financement temporaire de la Grèce, en attendant l’entrée en vigueur du troisième plan de sauvetage. Le 20 juillet, la Grèce doit en effet rembourser 7 milliards d’euros à la Banque centrale européenne (BCE).

Comme le fonds s’applique à l’ensemble de l’Union, et pas seulement aux pays de la zone euro, il ne peut pas être utilisé sans l’accord de tous les pays membres.

Les précédents Irlande et Portugal

En 2010, le Premier ministre britannique, David Cameron, avait obtenu que le MESF ne soit plus utilisé pour le renflouement des pays de la zone euro. Avant cela, celui-ci avait en effet été utilisé pour l’Irlande et pour le Portugal.

Les 19 pays utilisant la monnaie unique devraient alors endosser seuls la responsabilité des renflouements, grâce à un autre instrument d’urgence, le mécanisme européen de stabilité (MES).

À son arrivée à la réunion du Conseil des ministres des Finances le 14 juillet, Magdalena Andersson, la ministre suédoise, a mentionné l’accord négocié en 2010 par David Cameron en affirmant que le financement temporaire de la Grèce devrait être assuré par le MES.

« Je m’attends à ce que cet accord soit respecté », a-t-elle déclaré. En ce qui concerne un prêt suédois à Athènes, Magdalena Andersson a expliqué qu’elle écoutera les suggestions des pays de la zone euro avec attention.

« S’ils discutent de la Grèce et de sujets liés à tous les pays de l’UE, même ceux qui ne font pas partie de la zone euro, nous devons voir ce qu’ils proposent, mais il existe aussi d’autres possibilités, comme l’assistance technique. Il y a d’autres façons d’aider », a-t-elle ajouté.

Claus Hjort Frederiksen, le ministre danois des Finances, partage ce point de vue et a expliqué que Copenhague n’était pas encore en mesure de soutenir l’utilisation du MESF pour la Grèce.

« Nous n’avons pas pris part aux négociations donc je dois encore voir ce que l’Eurogroupe propose, ensuite nous prendrons une décision », a-t-il indiqué.

Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission et responsable de l’euro et du dialogue social, a confirmé que les ministres des Finances se penchaient sur plusieurs solutions possibles pour le financement temporaire de la Grèce, notamment l’utilisation du fonds du MESF.

« Je peux confirmer que plusieurs non-membres de la zone euro ont exprimé des inquiétudes. Nous devons donc également tenir compte de cela. Il s’agit à présent de déterminer ce qui constitue la meilleure option », a-t-il déclaré, admettant que « toutes les options sont assez difficiles ».

>> Lire aussi : L’accord grec suscite la colère de certains députés Syriza

Contexte

Après des négociations de plus de 17 heures, Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, a accepté de mettre en place de douloureuses réformes dans son pays en échange d’un troisième plan de sauvetage à hauteur de 86 milliards d’euros.

Si cet accord entre Athènes et les créanciers est validé par les parlements nationaux de la zone euro, ce sera le troisième plan d’aide dont bénéficie la Grèce en cinq ans. Le plan sera géré par le mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds d’urgence de résolution des crises mis en place il y a cinq ans afin de sauver la Grèce de la faillite.

« Il n’y aura pas de Grexit », a assuré Jean-Claude Juncker, président de la Commission, à l’issue des négociations qui ont duré de dimanche à lundi matin.

>> Lire aussi : En direct : une solution pour Grèce?

Prochaines étapes

  • D’ici le 15 juillet : le parlement grec doit approuver les nouvelles conditions imposées par les créanciers internationaux du pays en échange du plan d’aide. Le même jour, l’Assemblée nationale française votera également sur l’accord.
  • 17 juillet : le parlement allemand vote sur l’accord.
  • D’ici le 22 juillet : la Grèce doit approuver une réforme en profondeur de son système de justice civile et transposer dans la législation nationale la directive relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances.