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05/12/2016

Les petites places financières s’inquiètent du Brexit

Royaume-Uni en Europe

Les petites places financières s’inquiètent du Brexit

Sensibilité économique au Brexit. Source Standards & Poor's

Les recherches Google sur le Brexit s’emballent en Irlande, à Malte et à Chypre. A raison, selon l’agence de notation S&P qui souligne la sensibilité de leur économie au Royaume-Uni.

Pour des motifs différents, l’Irlande, Malte, et Chypre, trois pays qui eurent par le passé des relations très fortes avec le Royaume-Uni, risquent de singulièrement pâtir du Brexit. S&P vient de mettre en relief cette relation historique, en mettant en place un indice de la sensibilité au Brexit des pays européens.

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L’agence de notation met en exergue 4 composantes des relations entre les pays : en bleu les exportations, en rouge la finance, en vert l’investissement britannique, et en violet la question des migrations.

Le Luxembourg serait également très impacté, en raison de la forte présence d’industrie financière sur son territoire. Mais pour les trois autres pays insulaires – et autrefois britanniques, les conséquences négatives viendraient surtout des difficultés posées à leurs exportations, ainsi qu’à l’investissement direct britannique sur leur territoire.

L’étude de S&P rejoint celle de l’OCDE, publiée la semaine dernière, qui estimait que l’Irlande, les Pays-Bas et le Luxembourg seraient les premiers à payer les pots cassés du Brexit.

Or les citoyens de ces différents pays finalement assez proches du Royaume-Uni ont totalement conscience de cette dépendance : ce sont aussi les plus préoccupés du sujet, si l’on en croit les recherches enregistrées sur Google Trends.

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L’évasion fiscale frappée au coeur

Après le Royaume-Uni, c’est l’Irlande, Malte et Chypre qui ont fait le plus de recherches sur le referendum britannique, devant le Luxembourg et la Suisse, sur la dernière semaine. Sur 2016, Malte, le Luxembourg et l’Irlande sont aussi les pays en dehors du Royaume-Uni à s’interroger le plus sur le referendum britannique.

Un classement qui reflète exactement l’indice de sensibilité de S&P, et qui montre que « ce sont surtout les petites places financières qui seront fortement exposées aux Brexit » comme le souligne l’agence de notation.

Les filiales des banques britanniques risquent d’avoir des hésitations à rester fortement représentées dans ces pays, et les deux années de négocations entre l’UE et le Royaume-Uni pourraient créer des incertitudes pour les exportateurs, comme pour les investisseurs britanniques.

Le classement de Google ajoute aussi trois anciennes colonies qui n’ont pas de sensibilité économique très forte, mais qui se montrent sincèrement préoccupées par le sort de leur ex-empire : Singapour, Hong-Kong et la Nouvelle-Zélande.

Les pays les plus proches du Royaume-Uni sont aussi ceux qui posent les plus de problèmes d’évasion fiscale à l’Union européenne, notamment parce qu’ils ont des industries financières surdéveloppées par rapport à leur taille, comme le Luxembourg ou Chypre, mais pas seulement. Les régimes de taxation préférentiels des entreprises, développées en Irlande et aux Pays-Bas et au Luxembourg, l’ont aussi été avec l’aide de banques ou de sociétés de conseil britanniques.