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03/12/2016

L’Irlande ne veut pas de frontière avec le Royaume-Uni après le Brexit

Royaume-Uni en Europe

L’Irlande ne veut pas de frontière avec le Royaume-Uni après le Brexit

Enda Kenny

Enda Kenny, Premier ministre irlandais, considère que les frontières de son pays avec le Royaume-Uni, notamment l’Irlande du Nord, devraient permettre la libre circulation des personnes après le Brexit. Un article d’EurActiv Espagne.

Lors d’un forum organisé par le gouvernement irlandais pour aborder les conséquences du Brexit sur la République d’Irlande et l’Irlande du Nord, le Premier ministre Enda Kenny a déclaré que son homologue britannique, Theresa May, était prête à défendre la question des frontières lorsque les négociations du divorce entre l’UE et le Royaume-Uni débuteront en mars.

« Nous sommes tous les deux d’accord pour ne pas rétablir les frontières du passé », a-t-il déclaré en référence aux contrôles imposés durant le conflit nord-irlandais, et à la présence accrue des forces policières et militaires à cette époque.

Excepté ces restrictions temporaires, a rappelé le dirigeant irlandais, la libre circulation de biens et de personnes entre le Nord et le Sud de l’île a toujours été naturelle depuis la création dans les années 1920 de la Zone commune de voyage (CTA en anglais).

« Ni moi ni la Première ministre [britannique] ne voulons limiter la liberté de nos populations d’échanger, de vivre, de travailler ou de voyager à travers l’île. Ainsi, nous nous sommes mis d’accord sur la nécessité de préserver les bénéfices du CTA », a ajouté Enda Kenny.

>> Lire : Theresa May veut garder ouverte la frontière avec l’Irlande

Le Royaume-Uni risque de sortir de l’UE au printemps 2019, une fois terminée la période de deux ans de négociations stipulée dans l’article 50 du traité de Lisbonne sur la sortie d’un État membre.

Dans ce contexte, le gouvernement irlandais a publiquement demandé à ses partenaires européens de permettre au Royaume-Uni, le principal partenaire commercial de l’Irlande, de garder son accès au marché unique européen.

En échange, a souligné Enda Kenny, Londres devra accepter la libre circulation des citoyens européens sur son territoire, ce qui permettrait de laisser la frontière entre l’Irlande du Nord et la République irlandaise ouverte.

Le « Taoiseach » (Premier ministre irlandais) estime aussi que le Brexit ne nuira pas au processus de paix nord-irlandais et ne divisera pas les citoyens. Lors du référendum du 23 juin dernier, la majorité de l’électorat nord-irlandais a voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l’UE.

>> Lire : L’Irlande du Nord peut opposer son veto au Brexit

Parmi les invités à ce débat se trouvait le président du Sinn Fein, Gerry Adams, dont le parti a fait campagne pour le « non » au Brexit et partage le gouvernement d’Irlande du Nord avec le Parti unioniste démocrate (DUP), partisan du divorce.

Gerry Adams a répété que le résultat du référendum avait poussé sa formation à réclamer l’organisation du référendum sur la réunification de l’Irlande pour, entre autres raisons, respecter le désir de la majorité des Irlandais du Nord de rester dans l’UE.

>> Lire : Le premier ministre irlandais évoque un référendum de réunification

Les autres principaux partis politiques nord-irlandais ont refusé l’invitation d’Enda Kenny pour participer à cette journée de débat sur le Brexit, à laquelle ont tout de même participé des représentants de l’industrie, de la politique et de la société civile, tant du Sud que du Nord de l’île.