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29/09/2016

L’OCDE met en garde les britanniques contre le cout économique du Brexit

Royaume-Uni en Europe

L’OCDE met en garde les britanniques contre le cout économique du Brexit

Le Brexit, un coup dur pour les finances britanniques.

[Joe Kingston/Flickr]

L’OCDE prévient qu’une sortie de l’UE reviendrait à voter pour un « impôt Brexit » pour les Britanniques, qui perdraient l’équivalent de plus de plus de 5 000 euros par an par foyer.

« Quitter l’Europe serait synonyme d’un impôt Brexit pour les générations à venir. Au lieu de financer des services publics, cet impôt constituerait une perte sèche dépourvue de tout bénéfice économique », a déclaré Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, qui qualifie une possible sortie de l’UE d’« erreur », aux conséquences économiques non négligeables.

Le 23 juin prochain, les Britanniques s’exprimeront sur leur adhésion à l’UE. Le débat fait rage et les deux camps sont au coude-à-coude dans les sondages. Selon une compilation de sondages récents réalisée par le site What UK Thinks, le maintien dans le bloc des 28 l’emporterait pour l’instant avec 54 % des voix, contre 46 % pour un Brexit.

>> Lire : Le PIB du Royaume-Uni serait moins élevé de 6% en cas de Brexit

Cette première consultation britannique sur l’Europe depuis 1975, quand le Royaume-Uni avait décidé de se joindre à l’union, inquiète les milieux économiques et dirigeants du monde entier, favorables en majorité au maintien du pays dans l’UE.

La semaine dernière, le Trésor britannique, qui avait estimé la semaine dernière que quitter l’UE entraînerait un « choc économique violent » pour le Royaume-Uni et amputerait chaque foyer britannique d’environ 5 400 euros de revenus par an.

Un risque économique

Dans une nouvelle étude publiée le 27 avril, l’OCDE estime quant à elle qu’une sortie britannique de l’UE saperait instantanément la confiance et engendrerait des incertitudes qui se traduiraient par un PIB inférieur de 3 % à l’horizon 2020, soit 2 800 euros par foyer, un chiffre qui augmenterait à plus de 3 000, voire près de 6 500 euros par foyer dix ans plus tard.

« Le Brexit est comme un impôt. C’est l’équivalent d’une perte d’un mois de revenu en quatre ans », a assuré Angel Gurria, secrétaire général de l’organisation à BBC 4. « Par rapport à un scénario de base où ils auraient [cet argent] dans leur poche, prêt à être dépenser, ils ne l’auront pas ; c’est donc aussi réel qu’un impôt. »

Le secrétaire général avertit que le pays pâtirait de la perte du libre accès au marché unique et se trouverait par ailleurs confronté à de nouveaux obstacles sur nombre de marchés de pays tiers auxquels il perdrait l’accès préférentiel du fait de sa sortie de l’UE – même s’il parvenait à négocier un nouvel accord commercial avec l’Europe, ce qui s’avère d’ores et déjà difficile.

>> Lire : L’UE compte mener la vie dure au Royaume-Uni en cas de Brexit

Les entrées de capitaux, pièce importante de l’économie britannique actuelle, souffriraient également d’une sortie de l’union, une très mauvaise nouvelle pour le secteur bancaire et la City. Selon l’OCDE, l’investissement direct étranger et la productivité prendraient un coup encore plus dur.

« Les effets de contraction à plus long terme que le Brexit aurait en matière de progrès technique, de migrations et de capitaux font l’objet de projections sur la base de trois scénarios – optimiste, central et pessimiste. Dans le scénario optimiste, l’impact négatif sur le PIB avoisine 2,7 % à l’horizon 2030 ; mais il dépasse 7,5 % dans le scénario pessimiste. Dans le scénario central, le PIB du Royaume-Uni serait inférieur de plus de 5 % à celui attendu si le pays demeure dans l’UE. Ce déficit de PIB équivaut à [4 100 euros] par foyer », poursuit le rapport.

L’étude signale par ailleurs que le coût estimé d’un Brexit ne prend pas en compte le surcroît potentiel de croissance du PIB lié au maintien dans une UE dont l’expansion du marché unique stimule les échanges et les investissements directs étrangers.

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