Londres annonce la plus importante contribution au plan Juncker

Jyrki Katainen se présente comme le M. compétitivité de la Commission. [European Commission]

Malgré des doutes sur son appartenance à l’UE, le Royaume-Uni est l’État membre qui a le plus contribué au plan d’investissement proposé par la Commission. Le pays en serait également le principal bénéficiaire.

Le Royaume-Uni a annoncé vouloir participer au plan Juncker à hauteur de 8,5 milliards d’euros. Cet argent financera des projets choisis par le Fonds européen d’investissement stratégique (FEIS), le bras armé du « plan Juncker ». Aucun autre pays n’a annoncé d’aussi généreuse contribution à ce jour.

Jyrki Katainen, le vice-président de la Commission et responsable de l’emploi, de l’investissement et de la compétitivité, s’est déclaré ravi de la contribution britannique.

« C’est l’annonce la plus importante à ce jour et cela aura des conséquences considérables sur les PME et les infrastructures britanniques. Le plan d’investissement passe à la vitesse supérieure », s’est-il réjoui.

9 contributions

La Grande-Bretagne est le neuvième pays à annoncer sa contribution, après l’Allemagne, l’Espagne, la France, l’Italie, le Luxembourg, le Pologne, la Slovaquie et la Bulgarie, avant même l’entrée en vigueur du FEIS.

En février, l’Allemagne et l’Espagne ont déjà annoncé qu’elles contribueraient à hauteur de 8 milliards chacune. En mars, la France et l’Italie ont promis la même chose. En avril, le Luxembourg a annoncé 80 millions, et la Pologne 8 milliards. En juin, la Slovaquie a décidé de donner 400 millions et la Bulgarie 100 millions. Ces montants serviront donc à financer des projets dans les États de l’UE.

En février, une analyse de l’agence de notation Standard & Poor estimait que le Royaume-Uni bénéficierait presque deux fois plus du plan d’investissement que les autres grands pays de l’Union.

>> Lire : Le Royaume-Uni raflerait la mise du plan Juncker

Les experts de l’agence de notation estiment que l’effet multiplicateur sera plus marqué dans les pays en voie de développement que dans les pays développés, à l’exception du Royaume-Uni.

L’analyse se penche sur les bénéfices sur trois ans (2015-2017) d’une augmentation des dépenses publiques à hauteur de 1 % du PIB la première année.

Au Royaume-Uni, les bénéfices sont multipliés par 2,5 sur cette période, alors que ce chiffre n’est que de 1,2 en Allemagne, 1,3 en France et 1,4 en Italie.

Contexte

Le 15 juillet 2014, la candidature de Jean-Claude Juncker au poste de président de la Commission européenne a été soutenue par le Parlement européen, notamment grâce à l’appui du groupe S&D. Le plan d’investissement qu’il avait présenté est un des éléments clé qui lui ont valu cette nomination.

À ce moment-là, il ne s’agissait que d’une ébauche. En novembre dernier, Jean-Claude Juncker a donc présenté son projet définitif aux eurodéputés.

Le plan s’appuie sur un budget initial limité, 21 milliards d’euros, issus des finances publiques. Ce montant sera ensuite multiplié 15 fois par l’investissement qu’il générera. Le Fonds européen d’investissement stratégique (FEIS) sera alimenté de fonds publics du budget de l’UE et de la Banque centrale européenne et devrait générer 315 milliards d’euros d’investissement dans les trois ans à venir.

La banque européenne d’investissement pourra également délivrer jusqu’à 63 millions d’euros de prêts. Les 252 milliards restant proviendront du secteur privé.

Les États ont fait une liste de projets finançables, qui sera examinée par un comité au sein du FEIS, qui choisira établira une liste définitive.

Jean-Claude Juncker expliqué que les contributions des États membres au FEIS seraient déduites de leurs déficit et dette publics, en vertu du pacte de croissance et de stabilité. Il a par ailleurs a averti les États qu’il n’y avait pas de garantie de profit pour les pays participants, étant donné que l’investissement émane en très grande partie du secteur privé.

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