Londres veut abandonner la libre circulation des travailleurs

Londres veut donner un coup d'arrêt à l'immigration européenne. [1000 Words/Shutterstock]

Le Royaume-Uni veut mettre fin à la libre circulation des travailleurs après sa sortie de l’Union européenne et limiter l’immigration des Européens peu qualifiés, selon un document de travail du gouvernement britannique publié par The Guardian.

« Pour être considérée comme un atout pour le pays dans son ensemble, l’immigration ne devrait pas seulement bénéficier aux migrants eux-mêmes, mais aussi profiter financièrement aux résidents actuels », est-il écrit dans ce document de 82 pages rédigé en août par le ministère de l’Intérieur.

Selon le quotidien britannique, le ministère y avance des mesures destinées à réduire les arrivées de migrants européens peu qualifiés après le Brexit, voté en 2016 au terme d’une campagne marquée par la question de la réduction de l’immigration.

Le camp du Brexit «doux» se réduit

Le Royaume-Uni ne restera pas dans l’Union européenne via une « porte dérobée » et quittera le marché unique et l’union douanière après le Brexit en 2019, ont promis deux ministres britanniques dans une interview au Sunday Telegraph.

Ceux-ci n’obtiendraient un permis de séjour que pour une durée maximale de deux ans, contre trois à cinq ans pour ceux exerçant des occupations hautement qualifiées.

Il s’agirait aussi de donner « la préférence sur le marché du travail aux travailleurs résidents » ou de restreindre la possibilité pour les Européens de chercher du travail au Royaume-Uni, selon le Guardian.

Parmi les autres propositions, qui entreraient immédiatement en vigueur à l’issue d’une période de transition d’au moins deux ans, figurent l’introduction progressive d’un nouveau système migratoire limitant drastiquement le droit des citoyens européens au regroupement familial et l’obligation de montrer un passeport plutôt qu’une carte d’identité en arrivant dans le pays.

Le document souligne toutefois que les propositions qu’il contient doivent encore obtenir l’approbation de l’ensemble du gouvernement et qu’elles sont « sujettes à négociation avec l’UE ».

« Nous ne commentons pas des documents de travail ayant fait l’objet d’une fuite », a réagi un porte-parole du gouvernement britannique, interrogé par l’AFP.

MacShane: «On peut quitter l'UE, pas le marché unique»

Entretien de notre partenaire, Ouest-France, avec Denis MacShane, ancien ministre des Affaires européennes. Dès 2014 il annonçait la sortie de Londres de l’Union européenne. Il estime qu’il serait suicidaire pour le pays de sortir du marché unique.

« Nous présenterons cet automne nos premières propositions pour un nouveau système migratoire permettant de reprendre le contrôle des frontières britanniques », a-t-il ajouté.

La question du statut des 3,2 millions d’Européens qui vivent outre-Manche et du million de Britanniques installés dans le reste de l’UE est au cœur des négociations de divorce entre Londres et Bruxelles.

En juin, la Première ministre Theresa May avait présenté un projet pour régler le statut post-Brexit des Européens installés au Royaume-Uni.

Elle avait promis que personne ne serait expulsé du pays sitôt prononcé le divorce avec l’UE, prévu en mars 2019, et que Londres offrirait des possibilités pour les citoyens européens de régulariser leur statut pour pouvoir rester au Royaume-Uni.

Les négociations du Brexit prennent du retard

Michel Barnier estime que les deux camps sont encore « loin » d’avoir réalisé des progrès suffisants pour lancer les discussions sur la future relation commerciale entre le Royaume-Uni et l’UE après le Brexit.