L’UE ne propose qu’un droit de résidence limité, se plaint Londres

David Davis [Reuters]

Dans le cadre des négociations sur le Brexit, l’Union européenne propose dans que les Britanniques vivant sur son territoire aient seulement le droit de résider dans le pays où ils sont installés au moment de la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE, a regretté mercredi David Davis, le ministre britannique chargé du Brexit.

Les droits des Britanniques vivant dans l’UE et des citoyens de l’UE installés en Grande-Bretagne sont l’un des principaux points que les Européens veulent régler dans la première partie de ces négociations.

Dans une lettre informant une commission de la Chambre des Lords de l’évolution de ces pourparlers, David Davis écrit que l’UE ne propose qu’un droit de résidence limité aux Britanniques.

« Leur proposition garantit seulement un droit de résidence dans le pays membre dans lequel un ressortissant britannique était résident au moment de notre sortie de l’UE. Elle ne garantit pas au détenteur […] le moindre droit de mouvement ultérieur au sein de l’UE, par exemple pour travailler ou étudier dans un pays membre voisin », informe David Davis.

La proposition de May sur les droits des citoyens accueillie avec prudence

Angela Merkel a donné une réponse circonspecte à la proposition de la Première ministre britannique, Theresa May, sur la protection des droits des citoyens européens après le Brexit,. Il s’agit d’un des sujets les plus sensibles des négociations.

« Nous nous sommes interrogés sur le fait de savoir si cela était cohérent avec le principe de réciprocité et aussi avec la volonté de la Commission de préserver les droits actuellement accordés dans le cadre de la législation de l’UE. Cela fera l’objet de nouvelles discussions en temps voulu », a-t-il ajouté.

La Commission européenne, où une équipe ad hoc dirigée par Michel Barnier est chargée de négocier avec la Grande-Bretagne au nom des 27, souhaite que la première partie des discussions sur les modalités du divorce s’attache à lever les incertitudes créées par le Brexit.

« Cela inclut le règlement financier et l’incertitude entourant les droits des citoyens de l’UE en Grande-Bretagne et des citoyens britanniques dans l’UE », a dit une porte-parole de l’exécutif européen.

« L’accord devrait être fondé sur les principes de continuité, de réciprocité et de non-discrimination », a-t-elle poursuivi, ajoutant que le déclenchement par Londres de sa clause de sortie, qui a donné le coup d’envoi des négociations, « ne modifie pas le droit à la libre circulation ».

Après un premier cycle de pourparlers le mois dernier, Michel Barnier avait fait état d’une « divergence fondamentale » entre les deux parties sur la préservation des droits des expatriés après le Brexit.

La Grande-Bretagne a proposé en juin de permettre aux citoyens de l’UE déjà installés sur son territoire de conserver des protections sociales plus généreuses que celles accordées aux autres immigrés.

Les désaccords minent les négociations du Brexit

Lors d’un second cycle des négociations, l’UE et le Royaume-Uni ont campé sur leur position sur la question des obligations financières de Londres et celle du tribunal qui garantira les droits des citoyens européens dans un monde post-Brexit.

 « Pire calamité » depuis la Seconde Guerre mondiale

La sortie de la Grande-Bretagne de l’UE constituera la pire catastrophe pour le Royaume-Uni depuis la Seconde Guerre mondiale, estime l’ancien chef de cabinet de David Davis.

James Chapman a été pendant un an, après le référendum sur le Brexit de juin 2016 et jusqu’à sa démission en mai, le principal collaborateur de David Davis et ses propos ont rencontré un certain écho. « C’est, j’en ai bien peur, la pire calamité pour notre pays depuis la Guerre », a-t-il dit du Brexit.

Dans un tweet envoyé mardi soir, il a en outre invité des députés « de tous les partis, ayant un peu de sens commun à se rassembler dans un nouveau parti, s’il le faut, et à renverser » la tendance qui va vers un Brexit dans moins de deux ans.

Avant le référendum, pour lequel il avait fait campagne en faveur du « Remain », James Chapman avait travaillé dans le cabinet du ministre des Finances d’alors, George Osborne.

Et avant cela, il avait été rédacteur en chef du service politique du Daily Mail, journal de droite pro-Brexit.

Londres estime à 40 milliards la facture du Brexit

Le Royaume-Uni est prêt à payer jusqu’à 40 milliards d’euros à l’UE, rapporte le Sunday Telegraph, citant des sources gouvernementales. Une somme bien moins élevée que quelle qui a été officieusement annoncée côté européen.