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28/09/2016

Manuel Valls durcit le ton face au Royaume-Uni

Royaume-Uni en Europe

Manuel Valls durcit le ton face au Royaume-Uni

Manuel Valls

[Gentside.com]

La France aimerait prévenir le risque d’une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne dès le mois prochain, ont déclaré jeudi François Hollande et Manuel Valls. Mais ils ont tout deux réaffirmé qu’il ne s’agissait pas d’accepter n’importe quelles conditions. Et aussi que l’intégration de la zone euro devait se poursuivre.

Parmi les demandes du Premier ministre britannique, David Cameron, « aucune n’est insurmontable, mais les principes doivent être respectés », a dit le président français lors de ses vœux au corps diplomatique, citant « notamment la libre circulation ».

« Le mieux serait de trouver un accord dès le Conseil européen des 18 et 19 février », a-t-il ajouté.

« Il faut trouver un compromis », avait déclaré quelques minutes auparavant Manuel Valls dans une intervention au Forum de Davos. « J’espère que le rendez-vous du mois de février permettra d’avancer, en tout cas sera une étape tout à fait décisive. »

Le référendum sur le maintien dans l’Union européenne doit se tenir en Grande-Bretagne avant fin 2017. David Cameron, qui espère organiser la consultation dès cette année, veut faire campagne pour le « oui » si ses demandes sont acceptées par les Européens.

Selon Manuel Valls, « il y a des demandes britanniques qui sont parfaitement entendables sur la simplification, une Europe qui fonctionne mieux, qui soit plus efficace ».

Il n’a pas cité la plus problématique d’entre elles, celle revenant à priver des travailleurs européens de certains avantages sociaux, qui heurte a priori le principe de la libre circulation.

Intégration de la zone euro

« Nous devons tout faire pour que la Grande-Bretagne et le peuple britannique, puisque c’est lui qui choisira, restent dans l’Union européenne. Évidemment pas à n’importe quelles conditions, ça n’aurait pas de sens », a ajouté le Premier ministre français.

Une source diplomatique française a précisé que la remarque du chef de l’État sur la libre circulation ne signifiait pas un veto de la France à la demande britannique concernant les prestations sociales : « Elle fait partie des choses à discuter. »

Face à la menace terroriste, à la crise des réfugiés, au conflit en Ukraine, aux tentations séparatistes et à la montée du populisme, « il n’y aurait rien de pire que de voir des pays ou un pays partir », a poursuivi Manuel Valls. « Voir partir la Grande-Bretagne de l’Union européenne serait un drame. »

François Hollande et Manuel Valls ont parallèlement insisté le 21 janvier sur l’exigence de la poursuite de l’intégration de la zone euro.

« Il faut aller beaucoup plus loin et nos amis britanniques doivent l’entendre », a dit Manuel Valls, citant le soutien à l’économie, le renforcement de la stabilité de l’euro et la convergence fiscale.

« Que le Royaume-Uni veuille prendre une voie différente, dans l’Union européenne, je peux l’admettre », a pour sa part déclaré François Hollande, « mais ça ne doit pas empêcher les pays qui ont décidé d’aller plus dans l’intégration, notamment monétaire, de pouvoir le faire ».

Le sujet sera au menu du prochain sommet franco-britannique prévu le 3 mars à Amiens, dans la Somme.