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28/09/2016

Baptème du feu pour Theresa May

Royaume-Uni en Europe

Baptème du feu pour Theresa May

Theresa May devrait devenir Première ministre du Royaume-Uni mercredi 13 juillet.

L’élu conservatrice a finalement remporté l’adhéstion de son parti, après une myriade de désistements. Reste à savoir quand elle déclenchera l’article 50, qui laissera deux ans au Royaume-Uni pour quitter l’UE.

Elue ni par le peuple britannique, ni même par le parti conservateur, Theresa May subit à présent une très forte pression pour l’organisation d’élections générales qui légitimeront son nouveau titre.

Il y a quelques jours, elle avait déclaré qu’elle n’invoquerait pas l’article 50 avant 2017, quand la position du Royaume-Uni dans ces négociations serait définie. Cependant, ses projets ont été bousculés par le retrait d’Andrea Leadsom.

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David Cameron a annoncé à la presse à Downing Street qu’il ferait sa dernière apparition à la séance des Questions du Premier ministre le 13 juillet, avant de se rendre à Buckingham Palace pour démissionner officiellement auprès de la reine. Theresa May deviendra alors Première ministre dans la soirée. Le temps d’investiture d’un nouveau Premier ministre a donc été nettement écourté.

Plus de questions que de réponses

David Cameron, après l’annonce de sa démission au lendemain du référendum, était parvenu à convaincre les 27 autres États membres d’attendre qu’un nouveau Premier ministre soit élu pour faire appel à l’article 50. Ainsi, le gouvernement britannique devait disposer de l’été pour réfléchir à la position qu’il adopterait.

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Pendant le sommet de l’UE qui a eu lieu fin juin, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker avait expliqué lors d’une conférence de presse que si le prochain Premier ministre était pro-Brexit, il aurait « un jour » pour mettre en route les procédures, tandis qu’un pro-Remain disposerait de « deux semaines ». Il est difficile de dire s’il était sérieux et s’il s’agit d’une position officielle de la Commission.

Dans les premières réactions officielles de l’UE, Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe, a affirmé qu’il travaillera « avec plaisir avec le gagnant de cette procédure démocratique, quel qu’il soit, et trouver ensemble des solutions pour le Brexit, qui a été à l’origine de nombreux problème pour le Royaume-Uni notamment, mais aussi pour l’Europe. » Selon lui, « le plus tôt cette situation problématique, pour parler en termes diplomatiques, sera réglée, le mieux ce sera. »

Theresa May avait soutenu la campagne du Remain, mais elle avait confirmé qu’un « Brexit signifiait qu’un Brexit aurait lieu ». Avant le revirement du 11 juillet, elle avait déclaré que « l’article 50 ne devrait pas être invoqué tant que la stratégie de négociation britannique n’avait pas été approuvée et clarifiée. Cela ne devrait donc pas se produire avant la fin de l’année. »

Par ailleurs, « il n’y aura pas de tentative pour rester dans l’UE, pas de second référendum », a-t-elle confirmé. « Je m’assurerai de notre sortie de l’Union européenne », a-t-elle promis.

Boris Johnson, après s’être retiré de la compétition et avoir soutenu la candidature d’Andrea Leadsom, a désormais affiché son soutien pour la ministre de l’Intérieur, alors que le chef de file de UKIP, Nigel Farage s’est dit « déçu » que sa rivale déclare forfait.

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Parallèlement, dans la continuité du chaos post-Brexit, le parti travailliste de l’opposition assiste également à un affrontement pour la direction avec Angela Eagle qui a annoncé qu’elle se présentait face à Jeremy Corbyn, seulement dix mois après son élection. En effet, des dizaines de milliers de membres du parti soutiennent l’actuel dirigeant, mais seulement les deux tiers des députés.

Andrea Leadsom a annoncé son retrait en milieu de journée, seulement après quatre jours après l’annonce des dernières candidates pour l’élection. Elle a expliqué qu’il « n’était pas souhaitable » que la course au pouvoir tire en longueur.

Cette décision est toutefois en contradiction avec son affirmation qu’elle ferait un meilleur Premier ministre que Theresa May, parce que, contrairement à son adversaire, elle avait des enfants. Sa déclaration exacte a d’ailleurs été enregistrée et retranscrite par le journal britannique The Times.