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08/12/2016

L’Écosse aura son mot à dire dans les négociations du Brexit

Royaume-Uni en Europe

L’Écosse aura son mot à dire dans les négociations du Brexit

Theresa May et Nicola Sturgeon.

Le 15 juillet, la nouvelle Première ministre britannique, Theresa May, a déclaré que l’article 50 initiant le Brexit ne serait pas invoqué avant que « l’approche et les objectifs du Royaume-Uni » ne soient fixés et laisse entendre que l’Écosse aura son mot à dire.

Theresa May s’est exprimée après sa réunion avec la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, à Édimbourg. C’est son premier voyage en tant que Première ministre depuis son entrée en fonction le 13 juillet.

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Malgré les résultats du référendum, l’Écosse, tout comme Londres, l’Irlande du Nord et Gibraltar, avait voté universellement en faveur d’un Remain. À présent, Édimbourg cherche à conserver les avantages d’une appartenance à l’UE sans prendre la décision draconienne de tenir un second référendum pour une indépendance et déposer une candidature pour rejoindre le bloc.

Après son entrevue avec Nicola Sturgeon, Theresa May a expliqué à la chaîne télévisée ITV qu’elle était « prête à considérer toutes les options et [qu’elle avait] exprimé très clairement son désir de voir le gouvernement écossais entièrement impliqué dans les discussions.

« J’ai déjà annoncé que je ne déclencherai pas l’article 50 avant que nous ayons une approche et des objectifs pour les négociations », a-t-elle ajouté. « Je pense qu’il est essentiel que nous ayons établi cela avant de lancer la procédure. »

Avant la rencontre, la Première ministre écossaise avait confié à la presse qu’elle espérait que Theresa May « respecterait le vote des Écossais ».

« Nous avons des points de vue politiques très différents et nous ne sommes peut-être pas d’accord sur ce qu’il devrait se produire à propos du Brexit. », a-t-elle observé à la chaîne STV le 14 juillet. « Je respecte le choix qu’ont fait les citoyens dans les autres parties du Royaume-Uni ; j’espère que la Première ministre respectera le choix des Écossais. » En effet, si 52 % des Britanniques ont voté pour quitter l’UE, en Écosse 62 % des électeurs ont préféré rester dans le bloc.

Le Royaume-Uni et l’UE s’aventure en terre inconnue : de nombreuses possibilités s’offrent à l’Écosse. Toutefois, être un acteur principal dans les discussions avant le Brexit reste la plus envisageable.

Theresa May a nommé trois secrétaires d’État, fermement pro-Brexit, pour mener les négociations : Boris Johnson aux Affaires étrangères, Liam Fox au Commerce international et David Davis à la Sortie de l’Union européenne du Royaume-Uni.

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Ainsi, elle a satisfait les attentes des membres du parti conservateur les plus à droite et le parti UKIP, tout en gardant la possibilité de leur imputer la responsabilité de mauvaises négociations le cas échéant.

Son départ pour Édimbourg était pour Theresa May un moyen de montrer l’importance qu’elle accorde à l’union et à la participation du gouvernement écossais dans les négociations du Brexit, a expliqué un porte-parole de Downing Street.

« Je crois de tout mon cœur en la force du Royaume-Uni », a maintenu la Première ministre britannique dans un communiqué le 16 juillet. « C’est la première fois que je viens en Écosse en tant que Première ministre. Je suis venue pour montrer ma volonté de conserver cette alliance particulière. »