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06/12/2016

Le père de Boris Johnson veut que le Royaume-Uni reste dans l’UE

Royaume-Uni en Europe

Le père de Boris Johnson veut que le Royaume-Uni reste dans l’UE

Stanley Johnson

Exclusif. Le père de l’ex maire de Londres, qui défend le Brexit, estime que si le Royaume-Uni vote pour rester dans l’union lors du référendum, l’UE devra abandonner l’euro et limiter l’immigration.

Stanley Johnson votera contre le Brexit. Cet ancien eurodéputé et fonctionnaire de la Commission s’oppose ainsi à son fils, Boris Johnson, ancien maire de Londres et figure de proue du mouvement Leave (pro-Brexit).

En cas de Brexit, Boris Johnson serait en très bonne position pour devenir Premier ministre du Royaume-Uni, un scénario qui enchante son père.

« Nos positions ne sont pas forcément si éloignées que cela », a-t-il assuré lors d’une interview pour EurActiv. « Je trouve qu’il y a encore d’importantes réformes à mener en Europe et je ne suis pas nécessairement complètement opposé aux idées et à l’analyse de Boris. »

« Les ‘Brexiteers’ viennent d’horizons très différents et je respecte la plupart de leurs motivations. Le fondement démocratique des décisions prises à l’échelle d’un continent est par exemple questionnable. Je préfèrerais cependant rester dans l’UE, et faire campagne pour ce genre de changements de l’intérieur. »

>> Suivre notre direct: Brexit or no Brexit

Immigration

Même si le camp Remain (pro-UE) l’emporte, il faudra considérer ce référendum comme un avertissement, assure Stanley Johnson. « Si le Royaume-Uni reste, le problème le plus urgent sera de se pencher sur l’immigration. Les problèmes d’immigrations interne et externe doivent être résolus », estime-t-il.

Le fait que de nombreux Britanniques jugent le pays incapable de gérer ses frontières alors qu’il fait partie de l’UE est en effet l’un des grands chevaux de bataille de la campagne Leave. En juin, Boris Johnson a proposé un système d’immigration fondé sur des points, comme en Australie, en cas de Brexit. Ce système permettrait par exemple de refuser les migrants n’ayant pas un certain niveau d’anglais.

« Le problème de l’immigration a joué un rôle clé dans ce débat. La migration annuelle nette est d’environ 360 000 personnes, ce qui porte la population nationale à plus de 70 millions, et nous rapproche rapidement des 80 millions. Cette situation n’est pas tolérable », souligne Stanley Johnson.

« L’Europe sera extrêmement soulagée de voir le Royaume-Uni rester. Nos alliés européens devront alors se pencher de près sur les raisons qui nous ont poussées si près du gouffre », indique-t-il tout en ajoutant ne pas penser « que ces problèmes seraient résolus par un Brexit. Nous devons examiner ensemble ce traité [de Maastricht] et décider de la manière dont le traiter. Je pense que nous réaliserons que nous avons bien plus d’alliés que nous le pensons en Europe. »

>> Lire : Les attentats alimentent les « pro » comme les « anti » Brexit

Euro

Le camp Leave argue souvent que l’appartenance du pays à l’UE le « menotte au corps mort » de la zone euro, dont la croissance est toujours vacillante.

Lors de ses renégociations des conditions d’appartenance à l’UE, David Cameron, le Premier ministre, a tenté de régler cette question obtenant des garanties de protection pour les pays hors euro, qui ne devront plus se soumettre à certaines décisions prises dans la zone euro.

>> Lire : Ce que Cameron demande pour défendre le non au Brexit

Stanley Johnson va plus loin et estime que l’UE aurait tout intérêt à abandonner la monnaie unique, qu’il trouve nuisible à la démocratie.

« La monnaie unique n’est pas le Graal. Il est temps que les Européens admettent que c’était une belle idée, mais que ça n’a pas marché », déclare l’ancien fonctionnaire européen. « Je ne pense pas que l’on puisse combiner une approche démocratique à une situation dans laquelle les politiques qui sont au cœur même d’un pays sont déterminées hors du processus démocratique national. La liberté des États de gérer eux-mêmes leurs affaires économiques me semble être une liberté nécessaire. Beaucoup de gens auraient l’impression d’avoir regagné le contrôle sur certains aspects de leur vie en cas de Brexit. »

Pour lui, la zone euro aura un impact sur le Royaume-Uni, quelle que soit la décision prise le 23 juin. « La Grande-Bretagne va-t-elle se retirer et regarder couler la zone euro ? À quel point une réelle implication européenne et notre meilleure contribution possible pourraient-elles être plus productives pour la zone euro ? Nous pourrions alors la modifier, la supprimer, ou au moins réécrire ses caractéristiques les plus problématiques. »

Les Britanniques se rendront aux urnes le 23 juin. « Au final, je pense que les gens voteront autant avec leur cœur qu’avec leur tête », conclut-il.

>> Lire aussi : Le Brexit pourrait gauchiser l’UE

Prochaines étapes

  • 23 juin : Référendum britannique sur l'appartenance à l'UE.
  • 24-28 juin : Une séance plénière extraordinaire du Parlement européen a été proposée.
  • 28-29 juin : Sommet de l'UE à Bruxelles.

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