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24/09/2016

Le dernier commissaire britannique assure l’UE de sa loyauté

Royaume-Uni en Europe

Le dernier commissaire britannique assure l’UE de sa loyauté

Julian King

L’ambassadeur britannique en France, Sir Julian King, qui sera probablement le dernier commissaire britannique de l’UE, a répondu aux questions des eurodéputés à Strasbourg.

Julian King a été désigné pour être le nouveau responsable de la sécurité au sein de la Commission par Jean-Claude Juncker, après que Jonathan Hill a démissionné au lendemain de la décision des Britanniques de quitter l’UE.

Le Parlement décidera par vote, le 15 septembre, s’il soutient la nomination de Julian King, reçu en audience trois jours plus tôt par les eurodéputés.

Le porte-feuille de l’Union de la sécurité a été créé par le président de la Commission en réaction aux attaques terroristes en France et en Belgique.

Le poste de Jonathan Hill aux services financiers a été remis à Valdis Dombrovskis, l’ancien Premier ministre letton, qui doit à présent se charger de la régulation de la City de Londres.

« J’ai toujours été fier d’être Britannique et Européen. Il n’y a pas de contradiction entre les deux, selon moi », a déclaré Julian King au cours de l’audience face à la commission des libertés civiles, justice et affaires intérieures (LIBE) à Strasbourg.

Il a cependant maintenu que la décision du peuple britannique, qui a voté à 52 % en faveur d’un Brexit, devait être respectée. « Je ne suis pas ici pour remettre en question ou représenter la position du gouvernement britannique, mais je pense que la Première ministre [Theresa] May a été parfaitement claire sur la nécessité de respecter les résultats du référendum », a-t-il souligné.

L’actuel ambassadeur britannique en France s’est exprimé en français au début de son audience. Il a rappelé à ses auditeurs que « quand le Royaume-Uni sortira, mon travail ici prendra fin ».

Il a toutefois précisé que « pour parer au moindre doute, si [ma nomination] est confirmée, j’exécuterai ma tâche de mon mieux, dans l’intérêt européen et seulement dans l’intérêt européen ». « La seule façon de vaincre les criminels et le terrorisme, c’est de travailler ensemble », a-t-il ajouté.

Le Brexit privera l’UE d’une importante puissance militaire, possédant l’arme nucléaire et une expérience significative dans la lutte contre le terrorisme sur son territoire aussi bien qu’à l’étranger. Les autorités des deux parties ont cependant confirmé que la coopération pour assurer la sécurité resterait une priorité.

>> Lire : Juncker nomme un nouveau commissaire britannique à la sécurité

Une attaque eurosceptique

L’eurodéputé britannique et eurosceptique, Gerard Batten, a demandé comment Julian King servirait deux maîtres à la fois, d’autant plus que les commissaires doivent prêter serment de loyauté envers l’UE.

« Pourquoi la Grande-Bretagne nomme-t-elle un commissaire, alors que le dernier a dû démissionner, sa position étant intenable ? » s’est-il interrogé. « En vous écoutant ce soir, on a l’impression que les affaires reprennent comme d’habitude. »

« Vous travaillez pour nous, et non pour eux », a insisté l’eurodéputée indépendante, Janice Atkinson, qui a rejoint l’Europe des nations et des libertés de Marine Le Pen après avoir été suspendue de UKIP.

Julian King a assuré qu’il « pren[ait] le serment très au sérieux et [qu’il] le respecte[rait], ce qui signifie [qu’il sera] complètement indépendant… et [qu’il] ne rece[vra] aucune instruction du gouvernement concernant ses actions ».

« Je ne considère pas ce dossier comme une tâche provisoire et subalterne. Je respecte la confiance du président Juncker et je m’en montrerai digne », a-t-il souligné.

Le futur commissaire britannique s’est exposé à une controverse violente au sein du Royaume-Uni avec son soutien au système européen d’information et d’autorisation de circulation.

La secrétaire d’État britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, a récemment refusé de garantir que les Britanniques ne feraient pas partie de ce système. En effet, le Royaume-Uni risquerait de payer des taxes pour pénétrer dans l’UE après le Brexit.

« La proposition de ce système d’entrée et de sortie est essentielle pour améliorer l’efficacité du contrôle des frontières », a estimé Julian King.

>> Lire : Avec ETIAS, l’entrée dans Schengen va devenir payante

Si sa nomination est approuvée, celui-ci travaillera sous la supervision du vice-président de la Commission, Frans Timmermans, jusqu’au Brexit.

L’Union de la sécurité

Julian King a été interrogé sur de nombreuses thématiques comme la confidentialité sur Internet, le contrôle des armes à feu, la radicalisation et la décision des cours européennes de mettre fin à l’accord du partage des données des passagers pour combattre le terrorisme. « Je pense que peux réellement contribuer », a déclaré l’ambassadeur britannique.

Il s’était rendu à Nice en juillet, après le massacre de 80 personnes dans une attaque revendiquée par Daesh. « J’ai été témoin des conséquences dévastatrices de l’attaque… qui a tué tant de personnes, blessé un nombre encore plus important et traumatisé toute l’Europe », a déclaré en français Julian King  aux eurodéputés.

Il a également rappelé les nombreux actes terroristes depuis les attaques du 11 septembre aux États-Unis qui avaient exigé une action de lutte commune.

« Dans le monde d’aujourd’hui, la sécurité d’un État membre dépend de la sécurité de tous les États », a-t-il jugé. « La sécurité nationale reste la responsabilité unique des États membres. Ils ne peuvent cependant pas faire face à ces menaces transnationales tout seuls. »