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26/02/2017

Des élections anticipées se profilent en Irlande du Nord

Royaume-Uni en Europe

Des élections anticipées se profilent en Irlande du Nord

L'Irlande du Nord devrait être la région britannique la plus exposée aux conséquences négatives du Brexit.

[Giuseppe Milo / Flickr]

Le vice-Premier ministre du gouvernement nord-irlandais a présenté sa démission sur fond de désaccord avec ses partenaires de coalition. Un événement qui déstabilise encore la région, qui devrait être la plus touchée par le Brexit.

Le départ du représentant du parti nationaliste Sinn Féin, le 9 janvier, devrait aboutir à la chute du gouvernement et à des élections anticipées.

Il intervient aussi à quelques semaines du déclenchement des négociations formelles sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, une décision qui divise l’Irlande du Nord, seul territoire britannique à avoir une frontière terrestre avec un État membre de l’UE (la République d’Irlande).

>> Lire : Theresa May veut garder ouverte la frontière avec l’Irlande

Élections anticipées

Des élections anticipées risquent donc de déstabiliser le processus de divorce de l’union et d’accentuer les tensions qui couvent et ont été exacerbées par le référendum sur le Brexit, le Sinn Féin faisant campagne pour le maintien dans l’UE. Quelque 56% des électeurs se sont prononcés pour le statu quo.

Le Sinn Féin avait exigé la démission de la Première ministre Arlene Foster, membre du Parti unioniste démocratique (DUP) pour faciliter une enquête sur le mécanisme censé soutenir la conversion aux énergies renouvelables mis en place lorsqu’elle dirigeait le ministère régional de l’Économie.

« La Première ministre a refusé de s’écarter. C’est par conséquent avec un profond regret et avec réticence que je remets ma démission de vice-Premier ministre », déclare Martin McGuinness dans un communiqué. « Le Sinn Féin ne tolérera pas l’arrogance d’Arlene Foster et du DUP. Il nous faut à présent une élection pour permettre à la population de se prononcer. »

Martin McGuinness, qui s’est récemment mis en congé de certaines de ses tâches en raison d’une maladie qu’il n’a pas précisée, a indiqué à la BBC qu’il dirait plus tard si son état de santé lui permet ou non de briguer de nouvelles fonctions électives.

Dans l’immédiat, le Sinn Féin ne lui désignera pas de successeur, ce qui signifie que le gouvernement va tomber et que les Nord-Irlandais seront convoqués aux urnes.

>> Lire : Avenir incertain pour l’Écosse, l’Irlande du Nord et Gibraltar

Une manœuvre « politicienne »

La crise trouve son origine dans un projet qui visait à soutenir à l’énergie verte en subventionnant le remplacement des énergies issues des hydrocarbures par l’utilisation de granules de bois. Selon le Sinn Féin, les subventions prévues par ce mécanisme étaient trop élevées et non plafonnées: elles ont conduit des entreprises à « brûler du bois pour gagner de l’argent » – se procurant ainsi du chauffage gratuit et en enregistrant en outre des bénéfices.

Arlene Foster affirme pour sa part qu’elle a mis fin au Renewable Heat Incentive (RHI) dès que les abus potentiels ont été identifiés. Dans un communiqué diffusé après la démission du vice-Premier ministre, elle a regretté cette décision « décevante ». « Il est clair que les actes du Sinn Féin ne sont pas des actes de principe, mais des actes politiciens », ajoute-t-elle.

Les tensions allaient croissant ces derniers mois au sein du gouvernement de partage du pouvoir entre les unionistes pro-britanniques et les nationalistes irlandais, mis en place par les accords de paix de 1998.

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