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11/12/2016

Une majorité de Suédois veut quitter l’UE en cas de Brexit

Royaume-Uni en Europe

Une majorité de Suédois veut quitter l’UE en cas de Brexit

Le Brexit pourrait créer un effet domino, poussant d'autres pays européens à organiser des référendums sur leur appartenance à l'UE.

kurt

Si le Royaume-Uni quitte l’UE suite au référendum du 23 juin, une majorité de Suédois voudra emboîter le pas aux Britanniques, selon un nouveau sondage d’opinion.

Actuellement, 44 % des électeurs suédois souhaitent rester dans l’Union, et 32 % veulent en sortir. Si toutefois le Royaume-Uni finissait par sortir de l’UE suite au référendum du 23 juin, ces chiffres s’inverseraient. En effet, selon un sondage publié par Sifo le 20 avril, si un tel scénario se produit, 36 % des Suédois voudraient imiter les Britanniques et 32 % voudraient rester dans l’UE.

« Si Brexit il y a, cela soulèverait de nombreuses questions sur l’impact sur l’UE et l’adhésion suédoise », a déclaré Göran von Sydow, politologue et chercheur à l’Institut suédois pour les études politiques européennes (SIEPS).

Göran von Sydow a ajouté que le Royaume-Uni était un allié traditionnel de la Suède dans l’UE puisque les deux pays ne sont pas membres de la zone euro. Un éventuel Brexit rendrait l’appartenance à l’UE d’un pays non-membre de la zone euro comme la Suède plus difficile et plus solitaire.

Une analyse de VoteWatchEurope publiée le 20 avril soutient le point de vue du chercheur, en expliquant que les plus grands perdants seraient les Pays-Bas, la Suède, et le Danemark, qui sont les plus proches alliés du Royaume-Uni au Conseil. Ces pays perdraient « un partenaire important en cas de Brexit ».

>> Lire : Le Brexit pourrait gauchiser l’UE

Même si les principaux partis du Parlement suédois sont pro-UE, et qu’il est donc peu probable que soit proposé un référendum sur l’appartenance à l’UE, la situation pourrait changer si le Brexit modifiait fondamentalement l’UE.

« Si être dans l’UE équivaut à être dans la zone euro, alors peut-être devons-nous nous demander si ça vaut la peine de rester ou si nous devons chercher une alternative », a expliqué le chercheur suédois.

Effet domino

En revanche, si le Royaume-Uni considère que quitter l’UE n’est pas une bonne idée, cela dissuaderait la Suède et le Danemark d’organiser des référendums similaires.

En cas de Brexit, Bruxelles souhaitera pourtant imposer au Royaume-Uni des conditions de sorties draconiennes pour éviter un « effet domino », où les pays du nord de l’UE serait entrainer dans la chute.

>> Lire : L’UE compte mener la vie dure au Royaume-Uni en cas de Brexit

Le soutien de la Suède à l’UE a dégringolé depuis l’automne, principalement à cause de la manière dont Bruxelles gère la crise des réfugiés. Le pays est amplement touché par cette crise, puisque 163 000 personnes y ont demandé l’asile en 2015.

Pendant ce temps, au Danemark, un pays qui a toujours eu une population beaucoup plus eurosceptique que la Suède, l’accord scellé entre le Premier ministre britannique, David Cameron, et l’UE en février, a fait taire les critiques les plus virulentes.

Morten Messerschmidt, membre du Parti populaire danois, un parti eurosceptique d’extrême droite, et eurodéputé au sein du groupe des Conservateurs et réformistes européens, a déclaré après le sommet à Bruxelles, que quitter l’UE n’avait plus de sens pour son pays.

Kenneth Kristensen Berth, porte-parole du parti pour les Affaires européennes, a toutefois déclaré qu’un Brexit forcerait automatiquement le Danemark à reconsidérer son appartenance à l’UE.

D’autant plus que Copenhague a rejoint l’UE en même temps que le Royaume-Uni en 1973, surtout parce que la Grande-Bretagne était son plus grand marché à l’exportation à l’époque.

« Je ne pense pas que nous devrions simplement continuer et dire ‘ok, les Britanniques nous ont quitté, mais nous restons membres sans nous poser davantage de questions’. Je pense que nous devrions vraiment réfléchir à l’évolution de l’UE en cas de Brexit », a estimé Kenneth Kristensen Berth au journal Politiken.

Contexte

En 2015, pendant sa campagne de réélection, le Premier ministre britannique, David Cameron, a promis de renégocier les conditions d'adhésion du pays à l'UE et d'organiser un référendum pour que les Britanniques décident s'ils souhaitent rester dans l'union ou en sortir.

Après un sommet lors duquel il a obtenu des concessions des 27 autres États membre, David Cameron a confirmé qu'il ferait campagne pour que le Royaume-Uni ait un avenir européen.

Les dirigeants européens ont écarté toute possibilité de changer les principes fondamentaux de l'UE, tels que la libre circulation des travailleurs et l'interdiction de la discrimination entre les travailleurs de différents pays de l'UE.

Un Brexit aurait de lourdes conséquences pour le commerce, l'investissement et la position de la Grande-Bretagne sur la scène internationale.

La campagne sera rude dans ce pays de tradition eurosceptique et doté d'une presse de droite très hostile à l'UE. Les sondages indiquent que la course sera très serrée.

Prochaines étapes

  • 23 juin : Référendum britannique sur le Brexit.
  • 27-28 juin : Sommet européen.
  • Juillet-décembre 2017 : Le Royaume-Uni sera à la présidence tournante du Conseil de l'UE.