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04/12/2016

L’Écosse pourrait être indépendante deux ans après le Brexit

Royaume-Uni en Europe

L’Écosse pourrait être indépendante deux ans après le Brexit

Alex Salmond, ancien Premier ministre écossais.

[SNP/Flickr]

L’ancien Premier ministre écossais, Alex Salmond, a estimé le 9 mai que l’Écosse pourrait être indépendante dans les deux ans suivant le vote sur le Brexit.

Alex Salmond, le premier dirigeant nationaliste d’Écosse et désormais porte-parole du Parti national écossais (SNP) pour les Affaires étrangères à Westminster, est allé plus loin que la chef de file de son parti, Nicola Sturgeon, en prévoyant un second référendum.

Deuxième référendum?

L’Écosse a voté à 55 %, contre 45 %, contre l’indépendance lors d’un référendum en 2014. Toutefois, la tenue d’un vote sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’UE le 23 juin accroit la possibilité d’un second référendum.

Lors d’un événement à Bruxelles sur l’avenir de l’Écosse, Alex Salmond a déclaré que si les Britanniques votaient pour un Brexit le mois prochain, un compte à rebours de deux ans se mettrait en marche dans le cadre du traité de Lisbonne. L’ancien Premier ministre s’est dit confiant du fait qu’un deuxième référendum pouvait être organisé, et même remporté.

>> Lire : Les Écossais ne veulent pas être exclus de l’UE contre leur gré

Une position qui rejoint en partie celle de sa successeure, la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, qui considère qu’un second référendum sera organisé « s’il existe une preuve évidente que l’indépendance est devenue l’option privilégiée d’une majorité d’Écossais ou si les circonstances matérielles qui régnaient en 2014 changeaient de manière considérable – notamment si l’Écosse sort de l’UE contre sa volonté ».

Nicola Sturgeon a néanmoins joué la prudence en n’annonçant aucune date butoir pour ce scénario. La semaine dernière, le SNP a remporté un troisième mandat historique mais a perdu la majorité et gouverne désormais en tant que plus grand parti minoritaire. Seul le Parti écolo écossais est aussi en faveur de l’indépendance.

Le casse-tête constitutionnel Brexit 

« En termes de réponse de l’Écosse [à un vote pour le Brexit], je pense que nous avons un délai de deux ans dans le cadre du Traité de Lisbonne, donc le référendum écossais devra avoir lieu dans cette période-là », a-t-il déclaré. « Les gens se demandent si cela passera au Parlement écossais, mais je crois que cette mesure passerait très facilement et obtiendrait un soutien surprenant. »

« Il y a eu durant la campagne électorale écossaise un moment incroyable, immédiatement exploité par les conservateurs : la dirigeante du parti travailliste a reconnu qu’un oui au Brexit la pousserait à voter pour l’indépendance. […] Elle s’est rapidement rétractée car, bien entendu, ce n’est pas une chose à dire lors d’une campagne, mais je pense que nous avons eu là un aperçu de la pensée de nombreuses personnes. Je sais que certains membres du parti travailliste et du parti conservateur ne sont pas assez imprudents pour faire ce genre de déclaration durant une campagne électorale, mais n’en pensent pas moins », a expliqué l’ancien Premier ministre.

Alex Salmond a décrit le vote « pro-Brexit » comme une « décision démocratique qui devient un casse-tête constitutionnel », et a assuré que, quel que soit le résultat, « la place de l’Écosse dans l’Europe perdurera ».

Faisant référence au 2 % de voix pour UKIP lors des élections législatives de la semaine dernière, il a qualifié l’Écosse de nation « largement dépourvu d’europhobie » et a attaqué la campagne contre l’UE, estimant qu’elle n’avait pas d’âme.

Il s’en est également pris au Premier ministre David Cameron, lui conseillant de commencer à « paniquer », étant donné que les deux camps sont à présent au coude à coude. La campagne pour l’indépendance ne récoltait que 28 % des intentions de vote au début de la campagne, mais ce chiffre croit à vue d’œil, et elle pourrait bien finir à 45 % au moment du référendum.

>> Lire : Alyn Smith : « un Brexit rouvrirait la question de l’indépendance de l’Écosse »

Alex Salmond estime que le taux de participation au référendum sur le Brexit ne sera rien comparé au 85 % du référendum écossais, mais qu’il serait tout de même « assez élevé ». Les pro-UE craignent qu’un taux de participation en dessous de 60 % ne favorise les pro-Brexit, dont les militants sont généralement plus attachés à leur cause que ceux soutenant le status quo.

L’ancien Premier ministre écossais a également qualifié le débat de « au mieux puérile, et au pire terriblement alarmiste ».

Contexte

Le Parti national écossais pro-indépendance détient 63 des 129 sièges du Parlement - donc à deux sièges de la majorité - et est dirigé par la Première ministre Nicola Sturgeon.

Avec le Parti des verts, qui a 6 sièges, le SNP a une majorité théorique pour organiser un second référendum sur l'indépendance de l'écosse, alors qu'en 2014, 55 % des Écossais avaient voté contre l'indépendance.

Dans son manifeste de campagne, le SNP affirme que le Parlement écossais devrait avoir le droit d'organiser un autre référendum « s'il existe une preuve évidente que l'indépendance est devenue l'option privilégiée d'une majorité d'Écossais ou si les circonstances matérielles qui régnaient en 2014 changeaient de manière considérable - notamment si l'Écosse sort de l'UE contre sa volonté ».

Les autres partis du Parlement écossais sont tous officiellement pro-UE et le Parti travailliste, les libéraux-démocrates et les conservateurs sont également pro-Union avec l'Angleterre, le pays de Galles et l'Irlande du Nord.

Prochaines étapes

  • 23 juin : Référendum britannique sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE.
  • Second semestre de 2017: Le Royaume-Uni détient la présidence tournante du Conseil européen.