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30/09/2016

Avenir incertain pour l’Écosse, l’Irlande du Nord et Gibraltar

Royaume-Uni en Europe

Avenir incertain pour l’Écosse, l’Irlande du Nord et Gibraltar

Drapeaux à St. Andrews. Ecosse, 2008.

[ rk_pix/Flickr]

L’Écosse, l’Irlande du Nord et Gibraltar, trois parties intégrantes du Royaume-Uni, ont voté pour rester dans l’UE et vont maintenant devoir faire face aux demandes de référendum sur leur avenir.

Lors du référendum de 2014, 55 % d’Écossais ont choisi de rester dans le Royaume-Uni. Un résultat que le Parti national écossais a toujours prévu de remettre en jeu en cas de Brexirt  les Écossais étant traditionnellement  europhiles.

« L’avenir de l’Écosse est dans l’UE », a tout simplement déclaré Nicola Sturgeon, la Première ministre écossaise le matin du 24 juin. « L’Écosse a voté clairement et catégoriquement pour faire partie de l’Union européenne, 62 % contre 38 %. »

Même si cela ne revient pas tout à fait à demander un second référendum – auquel Westminster devra donner son accord – il est probable que le SNP à Édimbourg soit déjà en train d’examiner quand et comment proposer un tel vote.

Le mois dernier, Alex Salmond, ancien chef de file du SNP, affirmait qu’en cas de Brexit, l’Écosse serait indépendant deux ans après le référendum du 23 juin.

>> Lire : L’Écosse pourrait être indépendante deux ans après le Brexit

Faisant directement référence à l’Écosse, vendredi matin, Manfred Weber, président du Parti populaire européen, le plus grand groupe du Parlement, a déclaré que l’Europe était ouverte à de nouveaux États membres.

Pour ajouter de l’huile sur le feu, le candidat républicain à l’élection présidentielle américaine, Donald Trump, est arrivé en Écosse aujourd’hui, pour l’ouverture d’un de ses parcours de golf.

Selon lui, le Brexit, c’est « fantastique ». « Je pense que c’est extraordinaire, je pense que cela va être extraordinaire. C’est fantastique », a-t-il déclaré à la presse après avoir atterri en hélicoptère à Turnberry, sur la côte ouest-écossaise.

>> Lire : En direct: Le Royaume-Uni quitte l’Union européenne

Irlande du Nord

Pendant ce temps, l’Irlande du Nord se pose la question de sa frontière avec la République d’Irlande.

Martin McGuiness, du Sinn Fein, a déjà appelé à un sondage sur la réunification de l’Irlande.

Selon lui, une frontière « internationale » entre le nord et le sud raviverait les souvenirs douloureux des troubles encore récents dans l’Irlande du Nord.

Gibraltar

En Espagne, Madrid a déjà proposé de partager la souveraineté de Gibraltar, ce qui permettrait au territoire de garder un accès au marché unique de l’UE.

« Notre formule… est celle d’une co-souveraineté britannico-espagnole pendant une période limitée, qui débouche sur la restitution de Gibraltar » à l’Espagne, a déclaré Jose Manuel Garcia Margallo, ministre espagnol des Affaires étrangères à la radio.

Sur les 30 000 habitants de Gibraltar, une grande majorité a voté pour rester dans l’UE. 19 322 personnes ont voté pour et 823 ont voté contre l’UE.

Le petit éperon rocheux a une frontière terrestre – faisant aussi office de piste d’atterrissage –avec l’Espagne. Comme c’est le cas en Irlande, cette ligne devrait prochainement redevenir une vraie frontière. L’économie florissante du rocher dépend cependant en grande partie de son accès au marché unique.

Le gouvernement conservateur espagnol, au pouvoir depuis 2011, a clairement manifesté son intention de récupérer Gibraltar, qui lui-même craint qu’un Brexit ne le laisse à la merci de Madrid.

>> Lire : Un Brexit empêcherait le Royaume-Uni de défendre Gibraltar

Les Espagnols se rendent aux urnes le dimanche 26 juin pour élire un nouveau gouvernement, une décision désormais liée au vote des Britanniques pour sortir de l’UE.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères a rappelé que la question de Gibraltar ne relevait plus de la compétence de l’Union européenne. « C’est désormais un enjeu bilatéral qui sera négocié entre le Royaume-Uni et l’Espagne », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il faudra trouver une solution si Gibraltar voulait garder un accès au marché unique européen.

Dans un tweet, Fabian Picardo, ministre en chef de Gibraltar a appelé au calme. « Nous avons surmonté des défis encore plus grands. Nous devons faire preuve d’unité, de calme et de réflexion rationnelle. Ensemble et unis nous continuerons à prospérer », a-t-il déclaré.