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27/09/2016

Theresa May jette les bases de sa politique industrielle post-Brexit

Royaume-Uni en Europe

Theresa May jette les bases de sa politique industrielle post-Brexit

Theresa May lors d'une visite en Allemagne.

[Number 10/Flickr]

Le gouvernement britannique veut créer un « environnement favorable » pour l’économie nationale dans un monde post-Brexit. Au programme : soutien de son industrie traditionnelle, mais aussi des entreprises de nouvelles technologies.

La Première ministre britannique, Theresa May, a jeté mardi les bases de son plan destiné à adapter l’économie du pays à l’environnement post-Brexit et à relancer une politique industrielle enterrée il y a 30 ans par Margaret Thatcher.

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La nouvelle chef du gouvernement a présidé la première réunion de la commission interministérielle sur « la stratégie économique et industrielle » dans ses bureaux du 10, Downing street, avec onze autres ministres autour de la table.

« La Première ministre a souligné que l’objectif de la nouvelle stratégie industrielle devait être de mettre sur pied une économie qui fonctionne pour tout le monde », a déclaré un porte-parole dans un communiqué publié après la réunion.

Selon ce même porte-parole, les ministres présents ont évoqué les moyens de soutenir l’activité dans tout le pays, dans les régions qui souffrent comme dans celles qui profitent de la mondialisation.

À l’issue du référendum du 23 juin, qui a révélé les frustrations de nombre de régions frappées de plein fouet par la désindustrialisation, Theresa May a promis de venir en aide aux « gens qui travaillent dur ».

Pour son gouvernement, le défi consiste à enrayer le long déclin du secteur industriel en portant secours aux entreprises mises à mal par la mondialisation, sans pour autant menacer la compétitivité britannique.

Lors de la réunion de mardi, le ministre des Finances, Philip Hammond, a déclaré qu’une réduction de l’écart de compétitivité entre Londres et le sud-est de l’Angleterre d’une part et le reste du pays d’autre part pourrait entraîner une hausse de 9% de la production.

Les ministres se sont mis d’accord sur le fait qu’il faudrait également « créer une économie ouverte aux nouvelles industries, en particulier celles qui vont avoir une influence sur nos vies à l’avenir », selon le porte-parole du gouvernement.

Le volontarisme affiché pourrait donc être destiné à des fleurons historiques de l’industrie britannique, comme le constructeur automobile Jaguar Land Rover ou le groupe aéronautique BAE Systems, mais aussi à des entreprises de nouvelles technologies.

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« Profiter des opportunités »

« Il ne s’agit pas de sélectionner quelques gagnants, mais plutôt de créer un environnement favorable », selon un ministre, qui a demandé à rester anonyme.

« Si nous devons profiter des opportunités offertes par le Brexit, il faut que notre économie tout entière soit exploitée », avait déclaré avant la réunion Theresa May, dans un communiqué.

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« Il nous faut une véritable stratégie industrielle qui se concentre sur une amélioration de la productivité, qui récompense ceux qui travaillent dur par de plus hauts salaires, et crée plus d’opportunités pour que les jeunes gens, quel que soit le milieu dont ils sont issus, aillent aussi loin que là où leur talent les porte », avait-elle poursuivi.

L’Association britannique des fabricants (EEF), la principale fédération patronale de l’industrie britannique, a salué l’initiative de Theresa May, qui a pris la relève de David Cameron il y a moins d’un mois, dans la foulée du référendum.

« Le simple fait que la nouvelle Première ministre préside ce comité, je crois, est un début de réponse à la faiblesse des deux précédents gouvernements, à savoir le manque de concertation et d’approche transministérielle », a réagi le dirigeant de l’EEF, Terry Scuoler.

Dans l’immédiat, l’équipe de Theresa May a deux dossiers brûlants à traiter en matière de politique industrielle, à commencer par celui d’Hinkley Point, où doivent en théorie être construits deux réacteurs nucléaires de types EPR.

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À la surprise générale, le gouvernement a annoncé la semaine dernière qu’il se donnait un délai de réflexion supplémentaire avant de confier – ou non – ce chantier géant au groupe français EDF avec la participation d’un investisseur chinois.

L’exécutif britannique doit aussi traiter le cas du groupe indien Tata Steel, lequel a annoncé fin mars son intention de vendre la totalité de ses activités au Royaume-Uni, menaçant plusieurs milliers d’emplois.