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22/01/2017

Theresa May rejette toute confusion dans les négociations du Brexit

Royaume-Uni en Europe

Theresa May rejette toute confusion dans les négociations du Brexit

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La Première ministre britannique Theresa May a promis dimanche d’exposer dans les prochaines semaines sa stratégie pour sortir le Royaume-Uni de l’Union européenne et démenti avoir une idée « confuse » de la manière de procéder.

Interrogée par la chaîne Sky News, la dirigeante conservatrice a laissé entendre qu’elle donnerait la priorité au contrôle de l’immigration en provenance de l’Union européenne sur l’accès au marché unique européen lors des négociations sur le Brexit.

« Nous pourrons avoir le contrôle de nos frontières, de nos lois… C’est ce pour quoi les gens ont voté le 23 juin » (date du référendum sur l’appartenance à l’UE), a-t-elle déclaré, en réponse à la question de savoir à laquelle des deux questions elle allait donner la prévalence, sur la chaîne Sky News.

Accès au marché unique

« Mais bien sûr nous voulons toujours le meilleur accord possible pour nous, que nos compagnies puissent continuer à commercer avec et à l’intérieur de l’Union européenne » et inversement, a-t-elle ajouté alors que pour Bruxelles et les autres capitales européennes l’accès au marché unique ne va pas sans la libre circulation des personnes.

>>Lire : Le Brexit dur séduit des Européens sans concessions

Mme May refuse de dévoiler sa stratégie de négociation avant l’activation de l’article 50, qui lancera la procédure de divorce d’avec l’UE, ce qu’elle compte faire avant la fin du mois de mars, a-t-elle confirmé.

Confusion du gouvernement britannique

Une grande partie des entreprises britanniques s’inquiètent d’être privées de l’accès au marché unique, qui permet de commercer avec tout le reste de l’UE librement, et guettent le moindre signe en provenance du gouvernement.

« J’exposerai certains détails supplémentaires dans les prochaines semaines, quand nous approcherons du déclenchement de l’article 50 », a déclaré la Première ministre, par allusion à la clause du traité de Lisbonne permettant à un pays membre de quitter l’UE, qu’elle a promis d’invoquer d’ici la fin mars.

>>Lire : L’UE s’accorde sur son approche du Brexit

« Notre réflexion sur le sujet n’est absolument pas confuse », a poursuivi Theresa May. « Ce que je veux, c’est obtenir la bonne relation pour le Royaume-Uni avec l’UE. »

Dans la semaine, l’ambassadeur britannique auprès de l’UE Ivan Rogers avait démissionné avec fracas, estimant que le raisonnement du gouvernement était « confus » et qu’il ne connaissait pas lui-même ses objectifs.

>>Lire : L’ambassadeur britannique auprès de l’UE quitte le navire

« Oui, nous prenons du temps pour examiner la situation (…) car nous sommes face à des questions complexes », a expliqué dimanche Mme May.

Inquiétudes écossaises

Des propos qui n’ont pas convaincu la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon. « Je n’ai pas l’impression de connaître mieux aujourd’hui qu’il y a six mois ses objectifs de négociation et, ce qui est plus inquiétant, je ne suis pas sûre qu’elle en sache plus aujourd’hui sur ses objectifs qu’il y a six mois », a dit Nicola Sturgeon à la BBC.

Theresa May a pris la tête du gouvernement britannique après le rejet de l’appartenance à l’Union européenne par une majorité d’électeurs lors d’un référendum le 23 juin dernier.