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01/10/2016

Tusk implore les Britanniques de rester dans l’UE

Royaume-Uni en Europe

Tusk implore les Britanniques de rester dans l’UE

Donald Tusk se trouvait au Portugal le 20 juin, où il a livré un plaidoyer vibrant pour que les Britanniques choisissent de rester dans l’UE.

Crédit : [360b / Shutterstock.com]

Le président du Conseil européen, Donald Tusk a lancé un plaidoyer vibrant à l’encontre des Britanniques, en leur demandant de voter pour rester dans l’UE lors du référendum du 23 juin.

Selon lui, le Brexit pourrait être « la première étape vers une désintégration de l’UE » et si le Royaume-Uni quitte le bloc, les ennemis de l’UE débouchonneraient le champagne sans attendre.

Les Britanniques se rendront aux urnes le jeudi 23 juin pour le référendum sur l’appartenance de leur pays à l’Union européenne.

« Je voudrais lancer un appel aux citoyens britanniques, au nom de presque tous les Européens et tous les dirigeants européens », a déclaré Donald Tusk lors d’une rencontre avec le Premier ministre portugais, Antonio Costa, le 20 juin. « Restez avec nous, nous avons besoin de vous. Nous avons besoin de vous. Pas seulement l’Europe mais toute la communauté transatlantique dans son ensemble s’affaiblira. Ensemble, nous pourrons faire face aux défis de plus en plus nombreux qui se présenteront à nous à l’avenir. »

Crainte d’émules eurosceptiques 

« Le plus grand risque d’un résultat négatif est qu’il encourage d’autres eurosceptiques en Europe. Ce serait alors la première étape d’un processus de désintégration totale », a-t-il ajouté.

Hier matin (le 20 juin), les sondages montraient un regain de soutien pour le camp Remain [pour rester dans l’EU], alors que quelques jours plus tôt, les intentions de vote pour le Leave avaient regagné du terrain.

>> Lire : Les pro-européens reprennent l’avantage après la mort de Jo Cox

« Aujourd’hui, il est très important de montrer aux Britanniques que nous sommes prêts à respecter le résultat du référendum – quel qu’il soit – mais que notre volonté est d’être ensemble […] nous avons besoin du Royaume-Uni dans l’UE et non pas en dehors », a-t-il asséné.

Ces dernières semaines, l’ancien Premier ministre polonais dénonce avec de plus en plus de véhémence la possibilité d’une Brexit, arguant que cela pourrait mener à la « fin de la civilisation occidentale ».

Toutefois, avec ce plaidoyer direct à l’électorat britannique, la rhétorique du responsable européen a franchi une étape supplémentaire. Jusqu’à présent, les institutions européennes avaient en effet pris garde à ne pas prendre parti dans la campagne anti-Brexit.

Menace réelle

« Si j’insiste ces derniers jours, c’est parce que la plus grande menace à laquelle nous sommes confrontés est que nous ne connaissons pas les éventuelles conséquences d’un Brexit », a déclaré Donald Tusk tout en ajoutant que l’UE faisait face à une situation politique imprévisible et dangereuse. « La menace est bien réelle, ce n’est pas une théorie. Je n’ai aucun doute sur le fait que nos ennemis, internes et externes, feront sauter le bouchon du champagne si le résultat du référendum est négatif pour nous, s’il y a Brexit. »

Le président du Conseil a affirmé qu’un Brexit menacerait la stabilité économique de la zone euro, mais que l’UE était prête pour le lendemain du référendum : « quel que soit le résultat, nous devons examiner profondément l’avenir de l’UE. Il serait imprudent d’ignorer un signal d’avertissement comme celui du référendum britannique. »

« Ce n’est pas le seul signe de mécontentement de l’UE, il y en a dans toute l’Europe, pas seulement au Royaume-Uni », a-t-il rappelé.

La semaine dernière, Donald Tusk et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, ont déclaré que si Brexit il y avait, l’UE survivrait.

>> Lire : Juncker estime que le Brexit ne tuera pas l’UE

Prochaines étapes

  • 23 juin: référendum sur l’appartenance du Royaume-Uni dans l’Union européenne.
  • 28-29 juin: sommet européen à Bruxelles.

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