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28/09/2016

Le Royaume-Uni renonce à sa présidence de l’UE

Royaume-Uni en Europe

Le Royaume-Uni renonce à sa présidence de l’UE

Le Royaume-Uni ne figurera plus sur la liste de la présidence tournante, a confirmé la nouvelle Première ministre britannique Theresa May. L’Estonie va avancer sa présidence de six mois pour remplacer Londres à la tête du conseil de l’UE.

Theresa May a appelé le président du Conseil, Donald Tusk, le 19 juillet pour l’informer de sa décision de ne pas assumer la présidence tournante au deuxième semestre 2017. Le gouvernement britannique sera « très occupé avec les négociations pour quitter l’UE ».

Donald Tusk a salué la rapidité de la décision de la Première ministre. Le Conseil pourra ainsi prendre des dispositions. Le président du Conseil a d’ailleurs confié à Theresa May que le Brexit devait être comparable à la « Révolution de velours » en Tchécoslovaquie.

À Bruxelles cependant, certains pensent qu’il faut prendre l’affirmation de Theresa May avec des pincettes. Les autorités européennes avaient en effet invité la Grande-Bretagne à abandonner la présidence peu de temps après les résultats du référendum le mois dernier. Les diplomates européens avaient également expliqué à la presse que le Royaume-Uni devait abandonner la présidence dans les jours suivant le vote. David Cameron était alors toujours à la tête du pays.

Certains États craignaient que Londres n’utilise l’incertitude qui planait sur la présidence tournante comme monnaie d’échange pour obtenir de meilleures conditions de divorce.

Après l’appel de Theresa May, les diplomates européens ont assuré que la décision n’avait pas été le résultat d’une pression exercée sur le gouvernement. « Tout le monde s’attendait à ce que le Royaume-Uni abandonne ce rôle tôt ou tard », a expliqué l’un d’entre eux.

>> Lire : L’UE prépare un nouveau calendrier de présidences sans le Royaume-Uni

Actuellement, c’est la Slovaquie qui est à la présidence jusqu’au 31 décembre, date à laquelle Malte prendra sa place. La Grande-Bretagne devait prendre le relais du 1er juillet au 31 décembre 2017.

Donald Tusk a annoncé que l’Estonie prendra la place du Royaume-Uni. Le porte-parole du président du Conseil a confirmé qu’il y avait eu « un large consensus » lors de la réunion des ambassadeurs à Bruxelles pour que « la présidence de l’Estonie soit avancée pour remplacer le Royaume-Uni ».

Il a ajouté que « la liste serait avancée de six mois pour tous les États suivants ». La Bulgarie prendra donc la suite en janvier 2018. « Les résultats devraient être officiellement confirmés bientôt », a-t-il conclu.

>> Lire : L’Estonie devrait prendre la présidence tournante du Royaume-Uni en 2017

Article 50

L’article 50 représente la procédure légale pour qu’un État membre sorte de l’UE. Donald Tusk, Jean-Claude Juncker et Martin Schulz ont sommé la Grande-Bretagne de l’invoquer le plus rapidement possible après l’annonce des résultats du référendum.

La Commission a d’ailleurs adopté une ligne sévère : « pas de négociations sans notification », c’est-à-dire qu’il n’aura pas de discussions autour du Brexit tant que l’article 50 n’a pas été déclenché.

Selon le porte-parole de Downing Street, « la Première ministre estime qu’il faut préparer les négociations attentivement avant de déclencher l’article 50. Donald Tusk lui a assuré qu’il veillerait à ce que le processus se déroule le mieux possible. »

Theresa May, qui avait confirmé qu’un « Brexit signifiait qu’il y aurait un Brexit », a rencontré la chancelière allemande, Angela Merkel, le 20 juillet et le président François Hollande le 21 pour définir la feuille de route du Royaume-Uni.

Elle avait déjà suggéré que l’article 50 ne serait pas invoqué tant que le Royaume-Uni n’avait pas déterminé une approche complète. L’Écosse, quant à elle, avait voté à la grande majorité pour rester au sein de l’UE. Beaucoup demandent un second référendum pour quitter le Royaume-Uni.

>> Lire : L’Écosse aura son mot à dire dans les négociations du Brexit

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