May repart du Conseil européen les mains vides

Theresa May lors du sommet de juin. [European Council]

La Première ministre britannique, Theresa May, a essayé de garder bonne contenance après le sommet européen, assurant avoir fait une offre « juste et sérieuse » à ses partenaires. Difficile, toutefois, de ne pas remarquer son isolement.

Les dirigeants européens ont été clairs : les 27 peuvent avancer sans Londres, et c’est ce qu’ils feront. Les efforts de Theresa May pour lancer un débat aussi sérieux que le Brexit lors du sommet européen des 22 et 23 juin ont été étouffés avant même son arrivée. Les dirigeants européens ne lui ont en effet accordé que dix minutes à la fin du dîner officiel pour présenter sa proposition de protection des droits des citoyens européens au Royaume-Uni et des citoyens britanniques en Europe.

Si cette proposition a été jugée comme « bon début » par Angela Merkel, d’autres dirigeants se sont montrés moins diplomates, la qualifiant d’« insuffisante » et de « vague », manquant de détails et de clarté.

À l’issue du sommet, la Première ministre britannique insistait cependant sur le fait qu’elle avait eu des discussions intéressantes, surtout avec son homologue polonaise. La Pologne est la nation la plus représentée parmi les migrants européens au Royaume-Uni.

« Les autres dirigeants ont également réagi de manière positive », a-t-elle assuré. Elle a néanmoins ajouté qu’il faudrait sans doute trouver un compromis sur la question épineuse du tribunal responsable de l’application de l’accord sur les droits des citoyens.

L’UE souhaite que ses citoyens fassent appel à la Cour de justice européenne. Le 23 juin, Theresa May a pour sa part indiqué que ces droits « seront inscrits dans le droit britannique et garantis par des tribunaux britanniques très respectés ».

Elle a cependant admis que « la manière dont ces droits seront appliqués devra, bien sûr, être abordée lors des négociations » et qu’elle « se réjoui[ssait] de conclure un accord le plus rapidement possible » sur la question.

Les négociations du Brexit ont débuté à Bruxelles le 12 juin. Les deux parties se sont accordées sur le programme du premier cycle de discussions : les obligations financières britanniques, les droits des citoyens et la frontière entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande.

Brexit: des négociateurs «déterminés»

Les négociations historiques qui permettront au Royaume-Uni de sortir de l’UE en 2019 ont démarré le 19 juin. Les deux parties se sont accordées sur le calendrier, la structure et les priorités des discussions.

Lors de ce premier débat, Theresa May tentait encore de conclure un accord de coalition pour dominer le parlement après une baisse de popularité du Parti conservateur lors des élections du 8 juin. Ces discussions n’ont que peu avancé et certains observateurs doutent aujourd’hui que le mandat de la Première ministre soit assez solide pour s’attaquer aux questions cruciales du Brexit.

La Britannique a répondu à ces observations avec force : « plus de 80 % des électeurs ont voté pour les partis qui se sont engagés à respecter le résultat du référendum et à sortir le pays de l’UE ». « J’ai toujours été très claire, le Royaume-Uni quittera l’UE, mais pas l’Europe. Nous voulons instaurer une relation spéciale avec l’UE, nous voulons jouer un rôle dans la défense et la sécurité en Europe », a-t-elle souligné.

Lors du sommet de la semaine dernière, l’UE a néanmoins bien semblé être passée à autre chose. Alors qu’Angela Merkel et Emmanuel Macron livraient leurs déclarations devant un parterre plein à craquer de journalistes, seules quelques dizaines d’entre eux, principalement des Britanniques, ont assisté à la conférence de presse de Theresa May.

Pour Macron et Merkel, changer les traités n’est plus tabou

Le Président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel ont déclaré lors de la clôture du sommet européen qu’une modification des traités ne devait pas être un obstacle aux réformes nécessaires.