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26/09/2016

Un Brexit serait cauchemardesque pour le Royaume-Uni

Royaume-Uni en Europe

Un Brexit serait cauchemardesque pour le Royaume-Uni

Si les Britanniques décident de quitter l’UE, la procédure de divorce risque de s’avérer très compliquée.

En Grande-Bretagne, personne ne semble se rendre compte des conséquences qu’aurait un Brexit, a regretté Pierre Vimont, ancien secrétaire général du Service européen pour l’action extérieure.

« Si le ‘non’ l’emporte, ce ne sera que le début. Le début d’un processus de négociation très long », a-t-il assuré lors d’un événement organisé par le groupe de réflexion Carnegie Europe. Contrairement à ce qu’indique l’article 50 du traité de Lisbonne, ce processus durerait plus de deux ans, affirme-t-il.

« Les négociations autour d’un Brexit seraient horribles. Ce serait extrêmement compliqué, parce que les questions à régler sont des sujets très important aux détails incontournables », indique-t-il. « Que va-t-il se passer pour les fonctionnaires européens britanniques ? Vont-ils rentrer chez eux ? Quel statut aura le Royaume-Uni ? Sera-t-il considéré comme la Norvège ou la Suisse ? »

Pour lui, les « petites négociations » en cours pour gagner le soutien de David Cameron avant le référendum, qui devrait se conclure lors du sommet des 18 et 19 février, sont « du gâteau » comparé au cauchemar que représenterait une sortie de l’UE.

Le diplomate français, qui travaille à présent pour Carnegie Europe, espère que le camp pro-européen n’oubliera pas cet argument dans sa campagne parce qu’au Royaume-Uni, « personne ne l’a encore compris ».

Pierre Vimont a également assuré que le Royaume-Uni n’obtiendrait jamais de meilleur statut au sein de l’Europe que celui dont il jouit actuellement, mais, une fois encore, les Britanniques ne s’en rendent pas compte, regrette-t-il.

Les dérogations obtenue par John Major lors de la signature du traité de Maastricht ont en effet placé le pays dans une situation avantageuse, et ont d’ailleurs été perçue comme une défaite pour le reste de l’union, qui poursuit l’idée d’une intégration toujours plus étroite.

« Le Royaume-Uni n’est pas dans la zone euro, pas dans l’espace Schengen, mais fait partie du marché intérieur et de toutes les autres catégories qui l’arrange. Ils n’obtiendront pas de meilleures conditions. S’ils décident de sortir de l’UE, tous ces avantages seront supprimés et ils devront trouver une autre voie. Et cela ne sera jamais aussi bénéfique que leur position actuelle, ils perdront un avantage fondamental : ils ne seront plus assis à la table des négociations », a-t-il souligné.

Jan Techau, le directeur du groupe de réflexion, a ajouté que Bruxelles ne pourrait pas se permettre d’être magnanime, au risque d’encourager d’autres démissions, et ferait du Royaume-Uni un exemple à ne pas suivre.