Verhofstadt prévient qu’un mauvais Brexit détruirait le marché unique

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Selon le négociateur en chef du Brexit pour le Parlement, Guy Verhofstadt, accepter les exigences britanniques d’accès au marché unique tout en introduisant des limites à l’immigration plus stricts pourrait détruire l’Europe.

Guy Verhofstadt s’est exprimé après que Theresa May, la Première ministre britannique, a annoncé qu’elle activerait l’article 50 d’ici fin mars.

Lors d’un discours le 2 octobre, la Première ministre a assuré que la Grande-Bretagne tenterait de rester dans le marché unique, si possible. « Je vais cependant être claire. Nous ne quittons pas l’UE pour ensuite renoncer à notre contrôle sur l’immigration », a-t-elle continué.

Guy Verhofstadt, qui dirige le groupe ADLE au Parlement, a cependant rappelé qu’un accès au marché unique, sans taxes, ne serait possible que si Londres préservait la libre-circulation.

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Option d’un Brexit « dur »

Cette position augmente les chances d’un Brexit « dur », une séparation complète avec l’UE. L’intervention de Theresa May a également été interprétée dans ce sens. Les eurodéputés devront se prononcer sur les conditions du divorce.

« Tout le Parlement considère que les quatre libertés clés qui sous-tendent l’Union sont essentielles. On ne peut pas commencer à faire des distinctions entre elles et à les séparer », a jugé Guy Verhofstadt.

« Il y a la libre-circulation des biens, des services, des capitaux et des citoyens et des travailleurs. Ces quatre libertés fondamentales sont indissociables », a-t-il plaidé. « Si on commence à les séparer, on détruit l’Union et son marché interne ».

« Bien sûr, nous devons négocier, et ça ne sera pas aisé », a admis la Première ministre britannique. « Il y aura des obstacles, mais je suis convaincue que nous pouvons obtenir le meilleur accord possible de l’UE. »

Liam Fox, secrétaire d’Etat au commerce exterieur, en faveur du Brexit, a pour sa part assuré que les échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et l’UE seraient « au moins aussi libres » après la sortie du bloc.

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Pas de pré-négociations

Comme les dirigeants européens, Guy Verhofstadt s’est réjoui du calendrier annoncé par Theresa May. Il a cependant averti qu’il n’y aurait pas de discussion préliminaire avant l’activation officielle de l’article 50. « Pour nous, il est clair qu’il ne peut y avoir de pré-négociations », a-t-il assuré. Une position partagée par la Commission.

Si l’UE campe sur ses positions, il sera difficile de deviner si le projet de Brexit de Theresa May sera accepté par Bruxelles et les États membres.

Les commissions parlementaires vont examiner de près la législation de leurs domaines respectifs, avant de rédiger une résolution qui présentera l’orientation que le Parlement souhaite donner aux négociations. Les eurodéputés voteront cette résolution après l’activation de l’article 50, mais avant le sommet du Conseil, prévu pour le mois de juin, a expliqué l’eurodéputé belge.

Guy Verhofstadt a cependant tendu la main aux Britanniques, dont 52 % a voté pour la sortie de l’UE au mois de juin. « Je crois fermement que la relation future entre l’UE et le Royaume-Uni doit rester une relation étroite », a-t-il affirmé. « C’est dans l’intérêt des citoyens européens et des citoyens britanniques, en particulier les 48 % qui auraient voulu rester dans l’UE. »

Il estime par ailleurs important de terminer les négociations avec les élections du Parlement, en 2019. « Il serait très étrange que le Royaume-Uni doive organiser des élections européennes en 2019. Et pour nous il est important de débuter une nouvelle ère au prochain cycle législatif », a-t-il expliqué.

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Prochaines étapes

  • D'ici fin mars : Activation de l’article 50 par le Royaume-Uni.
  • Avril : Date probable du vote du Parlement sur la résolution Brexit.
  • Juin : Sommet du Conseil europé