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23/02/2017

Verhofstadt menace d’ouvrir des négociations de Brexit séparées

Royaume-Uni en Europe

Verhofstadt menace d’ouvrir des négociations de Brexit séparées

Guy Verhofstadt

[European Parliament]

Le représentant du Parlement européen sur la question du Brexit a menacé d’ouvrir des négociations séparées avec le Royaume-Uni si les dirigeants européens excluaient le Parlement des négociations.

Pour la première fois, l’unité des institutions européennes sur la question du Brexit semble s’effriter. Les dirigeants européens, sans Theresa May, discuteront de la meilleure manière de gérer les négociations avec les Britanniques le soir du 15 décembre, à la fin du sommet européen.

Les projets de documents semblent confirmer que la Commission mènera les négociations une fois l’article 50 activé. Michel Barnier, responsable du Brexit au sein de la Commission, devrait être épaulé par du personnel du Conseil et de l’État à la présidence tournante de l’UE. Selon le schéma actuel, le Parlement, qui devra pourtant donner son feu vert à l’accord de divorce, ne sera pour sa part pas représenté lors des discussions.

>> Lire : Michel Barnier veut accélérer la procédure du Brexit

Cette organisation a entrainé une réaction cinglante de la part de Guy Verhofstadt, qui n’est pas prêt à se contenter d’une invitation occasionnelle à la table des négociations.

« Il est temps que vous [le Conseil] impliquiez également le Parlement, depuis le début », a-t-il apostrophé les représentants des États, qu’il soupçonne de vivre au début du 20e siècle. « Voulez-vous que nous engagions des négociations séparées avec le parlement britannique ? C’est ce que vous voulez ? C’est possible. Si c’est ce que veulent les chefs d’État, des négociations parallèles, nous le ferons. Ce n’est pas ce que je souhaite, mais apparemment c’est ce que veut le Conseil. »

Les 27 États membres, la Commission et le Parlement se sont tenus à leur engagement ne de pas initier de discussion avant l’activation de l’article 50 et ont assuré à de nombreuses reprises que l’accès au marché unique était indivisible de la liberté de circulation.

Les déclarations d’aujourd’hui ont néanmoins mis en lumière les divisions existant entre les institutions sur la gestion de la préparation de divorce.

Des négociations sans le Parlement ?

« Ce qu’ils proposent, c’est que les négociations se déroulent sans le Parlement », s’est plaint l’eurodéputé, président du groupe libéral ALDE. « Ne sont-ils pas conscients que nous allons devoir approuver ces arrangements ? »

« Chacun doit rester dans son rôle » a estimé un diplomate européen. « Le Parlement européen devra approuver le processus, mais nous ne sommes pas dans la codécision ».

Guy Verhofstadt a cité l’ancien président américain Lyndon B. Johnson. « Il a un jour expliqué qu’il était préférable qu’il soit à l’intérieur de la tente plutôt qu’à l’extérieur, en train de pisser dessus. C’est peut-être une réalité que le Conseil européen devrait garder à l’esprit », a-t-il déclaré.

>> Lire aussi : Farage juge insultant de voir Verhofstadt négocier le Brexit

Contexte

Lors de la réunion du 15 décembre, les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Huit aborderont notamment de la situation en Syrie et de l’immigration. Les discussions se pencheront ensuite sur le Brexit autour d’un dîner, sans la Première ministre britannique, Theresa May.

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