« La définition des perturbateurs endocriniens retenue par l’UE est trop restrictive »

Pour Pascal Durand, la définition des perturbateurs endocriniens n'est pas satisfaisante.

Attendu depuis des années, le texte sur la définition des perturbateurs endocriniens a été voté mardi 4 juillet par les États membres. Mais pour les écologistes et les ONG, le principe de précaution est ignoré. Une interview de notre partenaire Ouest-France.

Les États membres de l’Union Européenne ont voté ce mardi 4 juillet à Bruxelles, sur proposition de la Commission européenne, le texte sur la définition des perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques suspectées d’interférer avec les systèmes hormonaux et d’être à l’origine de diverses maladies.

Si Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, s’en félicite, les ONG et les écologistes s’inquiètent de l’adoption de cette définition. Pascal Durand, député écologiste au Parlement européen nous explique les raisons de cette inquiétude.

Dans quel contexte a été signé cet accord ?

Il existe depuis 2009, un texte adopté au niveau européen qui interdit les produits ayant des effets sur les perturbateurs endocriniens. Mais pour appliquer ce texte, les États devaient définir ce qu’est un perturbateur endocrinien. Ils avaient jusqu’en 2013 pour proposer une définition.

Le gouvernement français et Nicolas Hulot ont raison de dire que nous étions dans une situation de blocage puisque les États n’arrivaient pas à se mettre d’accord. La signature de l’accord sur la définition va permettre d’avancer concrètement sur l’interdiction d’un certain nombre de produits et de molécules.

Pourquoi cette définition ne vous satisfait pas ?

Les écologistes, les ONG et les sociétés savantes indépendantes de l’industrie chimique, considèrent que la définition n’est pas bonne. Elle est beaucoup trop restrictive et elle autorise des dérogations que nous n’acceptons pas parce qu’elles sont trop vastes et trop larges. Nous avons trop cédé à la chimie allemande qui a inscrit trop de dérogations et d’exclusions dans cette définition.

Dans le détail, seuls les perturbateurs « avérés », c’est-à-dire fondé sur des éléments déjà existants, sont intégrés dans la définition. Mais pas les perturbateurs « présumés » ou « suspectés ». C’est extrêmement grave pour nous car cela concerne la mise en œuvre du principe de précaution. On voit bien qu’il y a des effets liés. Nous souhaitons que ces molécules soient également interdites.

Par ailleurs, nous sommes opposés à la dérogation accordée aux vrais perturbateurs endocriniens, ceux qui ont vocation à agir directement sur le système endocrinien des plantes. Ces molécules vont être autorisées par dérogation alors qu’elles peuvent avoir aussi un effet sur les humains.

Les scientifiques demandent que toutes molécules qui ont vocation à être des perturbateurs endocriniens, avérées ou suspectées – de manière sérieuse après études sur les animaux –, soient interdites. D’ailleurs cette dérogation n’existait pas dans les premières discussions sur la définition.

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