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03/12/2016

Agir sur le climat pourrait limiter les maladies cardiovasculaires

Santé & Modes de vie

Agir sur le climat pourrait limiter les maladies cardiovasculaires

Pollution de l'air à Paris

[Alberto Hernández/Flickr]

La lutte contre le changement climatique permet aussi de limiter les émissions de dioxyde d’azote, particulièrement nocif. La société européenne de cardiologie invite donc à se mobiliser contre le changement climatique pour lutter contre les maladies cardiovasculaires.

Il est habituellement entendu que pollution de l’air, pollution sonore, changement climatique et maladies cardiovasculaires n’ont rien à voir. Et pourtant. De récentes études révèlent que sur toutes les morts prématurées dues à la pollution de l’air, 80 % sont liées à des maladies cardiovasculaires.

Afin de souligner ce lien de cause à effet, la société européenne de cardiologie (ESC) vient de lancer une campagne « cœur & environnement ». Avec sa pétition, l’ESC espère pousser les responsables politiques à agir pour créer un environnement sain et ainsi limiter les maladies cardiovasculaires, y compris les maladies du cœur et les AVC.

>> Lire : La pollution de l’air augmente les risques de maladies cardiovasculaires

Dans son communiqué, l’ESC rappelle que les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde et en Europe, où elles tuent plus de 10 000 personnes chaque jour, soit plus que tous les cancers combinés.

Pollution atmosphérique

Les particules présentes dans l’air peuvent engendrer des maladies cardiovasculaires de trois manières, explique la British Heart Foundation. Tout d’abord, les particules peuvent stimuler des récepteurs dans les poumons qui, par la suite, altèrent le fonctionnement du système nerveux, ce qui provoque des changements néfastes du rythme cardiaque. Deuxièmement, les particules inhalées produisent des inflammations des poumons et des substances inflammatoires passent dans le sang et endommagent le système cardiovasculaire. Enfin, de très petites particules peuvent passer dans le sang et directement affecter les vaisseaux sanguins.

>> Lire : La pollution de l’air coûte plus de 100 milliards d’euros par an à la France

Une récente étude publiée dans la revue scientifique anglo-saxonne Plos One le 21 juillet s’est penchée sur la mortalité des Parisiens lors des pics de pollution. L’étude démontre que les personnes les plus défavorisées ont un risque trois fois plus élevé que l’ensemble des Parisiens lors d’un pic de pollution. En effet, à ces périodes, les catégories sociales les plus basses cumulent les facteurs de risque : au niveau de dioxyde d’azote (NO2) élevé, s’ajoutent les habitudes de vie moins saines, comme la cigarette, une alimentation peu équilibrée, des professions à risque etc. Le dioxyde d’azote n’est pas directement un gaz à effet de serre ; mais il est émis principalement lors de phénomènes de combustion. La lutte contre le changement climatique contribue donc à réduire les émissions de dioxyde d’azote.

Mauvais élèves de l’UE

Au niveau européen, la directive sur la qualité de l’air impose aux États membres de limiter l’exposition des citoyens aux particules fines, émanant principalement des industries, de la circulation routière et des chauffages domestiques.

En juin dernier, la Commission européenne a décidé de poursuivre la Belgique et la Bulgarie devant la Cour de justice de l’UE car ces deux pays présentaient des niveaux de particules trop élevés.

L’exécutif a également commencé à engager des poursuites en lien avec un autre polluant, le dioxyde d’azote (NO2). Depuis 2010, date à laquelle l’UE a adopté une législation pour limiter les émissions de N02, 17 États membres ont déclaré des niveaux excessifs et des procédures d’infraction ont déjà été engagées contre le Royaume-Uni, le Portugal, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne et la France.

Agir

Selon la Commission, des niveaux élevés de ces particules « présentent un risque important pour la santé publique ».

>> Lire : Le spectre du « mieux légiférer » menace la loi sur la pollution de l’air

L’ESC quant à elle, présentera les résultats de cette campagne et de la pétition aux commissaires européens en charge de la santé, de l’environnement et du changement climatique le 29 septembre, lors de la Journée mondiale du cœur.

Quoi qu’il en soit, cette campagne tombe à point nommé, quelques mois seulement avant la conférence de l’ONU sur le climat qui aura lieu à Paris du 30 novembre au 11 décembre. En mars dernier, l’Union européenne a soumis sa contribution à l’accord international. Les 28 États membres enten29 septdent ainsi réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et par rapport à 1990.

Contexte

Environ 90 % des citadins de l’Union européenne (UE) sont exposés à l’un des polluants atmosphériques les plus nocifs et à des niveaux jugés dangereux pour la santé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

La pollution de l'air comprend plusieurs matières particulaires : la fumée, la saleté et la poussière issues des grosses particules (PM10) ; les métaux et fumées toxiques issues de la fonte de métaux, des gaz d'échappement, des centrales nucléaires et de l'incinération des déchets (matières à fines particules PM2. 5).

La directive de 2008 sur la qualité de l'air vise à harmoniser et à renforcer la réglementation européenne en matière de normes pour la pollution et l'air. Elle est en cours de révision.

La directive oblige les États membres doivent réduire l'exposition aux particules fines en moyenne de 20% d'ici 2020, sur la base de niveaux de 2010.

Selon la Commission européenne, le total des coûts externes de santé liés à la pollution de l’air est estimé entre 330 et 940 milliards d’euros par an.

Les groupes de protection de la santé pensent que les coûts engendrés par la réduction des émissions, grâce à des filtres de fumées d'usine, des véhicules propres et l'adoption de carburants renouvelables, seraient plus que compensés par l’élimination des complications liées à la mauvaise qualité de l'air.

Prochaines étapes

  • 29 septembre : journée mondiale du coeur
  • 30 nov au 11 dèc 2015 : COP 21