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23/01/2017

Alcool, tabac et obésité minent les progrès de la santé en Europe

Santé & Modes de vie

Alcool, tabac et obésité minent les progrès de la santé en Europe

Une personne est obèse quand son indice de masse corporel dépasse 30.

[Filimonas Triantafyllou/Flickr]

L’Europe détient toujours le record mondial de consommation d’alcool et de tabac, pointe un rapport de l’Organisation mondiale de la santé. Ce qui pourrait faire baisser l’espérance de vie de la prochaine génération. 

Alcool et tabac sont consommés sans modération par les Européens, et les niveaux de surpoids et d’obésité dans la région sont alarmants, montre le rapport de l’OMS sur la santé en Europe, publié tous les trois ans.

En 2012, les 53 États membres de la région européenne de l’OMS ont adopté Santé 2020, une politique-cadre européenne de la santé. Une année plus tard, ces pays ont établi six cibles servant de trajectoire pour l’application de Santé 2020 réduction de la mortalité prématurée.

« La région européenne est sur la bonne voie » pour atteindre cette cible, indique le rapport, mais les « niveaux alarmants » d’alcool, de tabac et d’obésité en Europe, menacent les progrès accomplis en matière de baisse de la mortalité prématurée. « Des efforts beaucoup plus importants peuvent être déployés pour réduire les principaux facteurs de risque ».

Des données alarmantes

En effet, le rapport montre que l’Europe enregistre le taux le plus élevé en termes de consommation d’alcool et de tabac. Les Européens consomment en moyenne 11 litres d’alcool pur par an et par personne, et 30 % de la population de la région fume. Quant à l’obésité et au surpoids, l’Europe se classe deuxième après la région des Amériques : 59 % de la population est en surpoids ou obèses.

>> Lire : Le diabète et l’obésité, puissants freins à la croissance mondiale

Le rapport souligne par ailleurs que les inégalités entre pays, notamment en termes d’espérance de vie sont beaucoup trop élevées. Parmi les 39 pays concernés par le rapport (dont l’UE et les anciennes républiques soviétiques), l’espérance de vie la plus faible est de 71 ans, et la plus élevée et de 82 ans, soit 11 ans d’écart.

Si ces taux inquiétants ne baissent pas, « nous risquons de remettre en cause les progrès réalisés en matière d’espérance de vie, ce qui pourrait signifier que la prochaine génération pourrait vivre moins longtemps que nous », a déclaré Claudia Stein, directrice de la recherche du bureau européen de l’OMS, lors d’un entretien avec l’AFP.

Les maladies cardiovasculaires toujours au premier plan

Ces chiffres ne vont pas aider à détrôner les maladies cardiovasculaires de leur place de première cause de mortalité dans le monde. Pourtant, en réduisant les facteurs de risque, c’est-à-dire en limitant la consommation de tabac, d’alcool, en promouvant le sport et une alimentation saine et équilibrée, 80 % des morts prématurées par AVC ou crise cardiaque pourraient être évitées, explique l’OMS.

>> Lire : Des territoires inégaux en Europe face aux maladies cardiovasculaires

Aujourd’hui, environ 17 millions de personnes meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, soit 31 % de la mortalité totale, indiquent les chiffres de l’OMS. Elles sont talonnées par les cancers, le diabète, et les maladies respiratoires, qui entrainent aussi des morts prématurées.

Plus de suivi, plus d’informations

La mise en œuvre de la stratégie Santé 2020 progresse. Selon le rapport, la proportion de pays ayant adopté des politiques alignées sur Santé 2020 a augmenté : elle est passée de 58 % en 2010 à 75 % en 2013. Les politiques de santé sont indispensables pour informer, conseiller et inciter les populations à adopter un comportement sain et à s’y tenir, explique l’OMS.

« Nous sommes sur la bonne voie, ce qui est une excellente nouvelle, mais nous ne devons pas quitter l’objectif des yeux, nous devons faire plus en matière de facteurs de risque si nous voulons vraiment atteindre les objectifs en 2020 », qui est une réduction de la mortalité prématurée de 1,5 % par an d’ici 2020, a souligné Claudia Stein.

« Seule une large collaboration internationale permettra de relever efficacement et durablement les défis auxquels est confrontée la Région européenne dans le domaine de l’information sanitaire : une harmonisation, une coopération et un partage de connaissances, d’expériences et de bonnes pratiques sont nécessaires », peut-on lire dans le rapport.