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06/12/2016

Après le Round-Up, un nouveau désherbant classé cancérigène

Santé & Modes de vie

Après le Round-Up, un nouveau désherbant classé cancérigène

Largement utilisé en agriculture, l'acide 2,4-D vient d'être classé cancérogène possible pour l'homme

Crédit : [Stockr/ Shutterstock.com]

Désherbant disponible en jardinerie et largement utilisé en agriculture, le 2,4-D vient d’être classé « cancérogène possible pour l’homme » par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), a annoncé celui-ci mardi 23 juin.

« Depuis son introduction en 1945, le 2,4-D a été largement utilisé pour lutter contre les mauvaises herbes en agriculture, en foresterie et en milieu urbain et résidentiel. Les expositions professionnelles au 2,4-D peuvent survenir lors de la fabrication comme de l’application, et la population générale peut être exposée par le biais des aliments, de l’eau, de la poussière ou d’applications résidentielles, et pendant la pulvérisation », rappelle le CIRC, branche cancer de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Stress oxydatif

Composant de l’agent orange utilisé lors de la guerre du Vietnam, le 2,4-D vient d’être classé « cancérogène possible pour l’homme », intégrant ainsi le groupe 2B défini par le CIRC, « sur la base d’indications insuffisantes chez l’homme et d’indications limitées chez l’animal de laboratoire ». Selon plusieurs travaux, le 2,4-D induirait un stress oxydatif, voire une immunodépression. « Cependant, les études épidémiologiques ne mettaient pas en évidence de hausses importantes ou uniformes du risque de lymphome non hodgkinien ou d’autres cancers », note le CIRC.

Après le glyphosate, rebelote ?

Après la récente classification en groupe 2A (« cancérogène probable pour l’homme ») de l’herbicide glyphosate (Round Up), pour lequel la ministre de l’écologie Ségolène Royal s’est engagée à obtenir le retrait des jardineries avant janvier 2016, voici un nouveau pesticide, très répandu, mis en cause par l’OMS. Sans oublier que les deux substances sont déjà accusées d’être des perturbateurs endocriniens.

Pour le porte-parole de Générations futures, François Veillerette, « un désherbant dont on sait qu’il est possiblement cancérigène n’a rien à faire dans la gamme de pesticides utilisés pour désherber des espaces publics ou privés ». L’association « demande le retrait de la mise en marché des herbicides à base de 2,4-D, dont beaucoup de formulations sont encore autorisées pour les jardiniers amateurs », ajoute-t-il dans un communiqué.

Pesticides persistants

Outre le 2,4-D, la monographie du CIRC, publiée dans le Lancet Oncology, porte sur deux autres pesticides, à savoir les insecticides lindane et DDT, respectivement classés en groupe 1 (« cancérogène pour l’homme ») et en groupe 2A (« cancérogène probable pour l’homme »). Bien que d’usage interdit ou limité dans la plupart des pays, ces deux substances persistent dans l’environnement, et leurs effets sanitaires continuent à se faire sentir. Selon une récente étude, les femmes fortement exposées au DDT in utero dans les années 1960 auraient 4 fois plus de risques de souffrir d’un cancer du sein 50 ans plus tard.

Cet article a initialement été publié sur le site du JDLE

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