Bruxelles veut une limite d’acides gras trans dans les aliments industriels

Trans fats

La Commission veut fixer une limite légale pour les acides gras trans. [Shutterstock]

La Commission européenne veut fixer une limite légale pour les acides gras trans industriels dans les produits alimentaires, selon un rapport publié le 3 décembre.

La consommation d’acides gras trans (AGT) en Europe, qui sont présents notamment dans produits de boulangerie, les gâteaux et biscuits, les plats cuisinés ou les produits frits, se situe en-dessous des quantités recommandées au niveau national et international. 

Cependant, le rapport de la Commission européenne indique que certains groupes sociaux dépassent la limite de 1% des apports journaliers: les citoyens à faibles revenus et les étudiants âgés de 18 à 30 ans.

La quantité d’acides gras trans contenus dans les graisses produites industriellement peut techniquement être réduite. Par ailleurs, il existe des huiles et graisses alternatives pour la production alimentaire. Dans le même temps, les AGT peuvent être naturellement présents dans les produits alimentaires, tels que les produits tirés de ruminants. Il n’est alors pas possible de réduire leur quantité.

La Commission considère qu’une « limite légale relative à la teneur en AGT d’origine industrielle serait la mesure la plus efficace en matière de santé publique, de protection des consommateurs et de compatibilité avec le marché intérieur ».

Certains États membres ont déjà mis en place des limites légales, mais une absence de décision européenne harmonisée a fragmenté et perturbé le marché unique.

« En l’absence de mesures prises à l’échelle de l’UE, des difficultés pourraient également survenir pour les producteurs de l’UE intéressés par l’accès au marché des États-Unis », explique l’exécutif dans son rapport.

Un rapport longtemps attendu

Le rapport de la Commission aurait dû être publié il y a un an, le 13 décembre 2014.

En avril, l’organisation européenne des consommateurs (BEUC) a envoyé une plainte concernant le retard au commissaire en charge de la santé et de la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis. En octobre, de grandes entreprises agroalimentaires et des ONG ont rejoint le BEUC pour appeler la Commission à agir sur le sujet.

>> Lire : Bruxelles lance une enquête sur la taxe sur les produits gras au Danemark

Le même mois, Vytenis Andriukaitis a confirmé que le rapport était en cours de réalisation, qu’il serait publié d’ici à la fin de l’année et qu’il comprendrait les recommandations de la Commission en matière de réglementation européenne des AGT.

L’exécutif lancera bientôt une consultation publique et conduira une étude d’impact pour collecter plus d’informations que le sujet et étoffer l’analyse du rapport.

Pour combattre les maladies cardiovasculaires, le gouvernement danois a interdit les acides gras trans en 2003. L’interdiction a néanmoins fait l’objet d’une poursuite de la Commission européenne pour possible discrimination des chaines de fast-food étrangères. La poursuite a finalement été abandonnée.

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