Le BEUC dénonce le marketing alimentaire sur les enfants

Les mascottes publicitaires des aliments pour enfants promeuvent à 99 % de la nourriture peu saine. Une stratégie marketing que les entreprises doivent stopper pour enrayer l’explosion de l’obésité infantile en Europe.

Le tigre Tony sur la boite des céréal Froosties, le chien  Pico sur celles de Chocapic, ces mascottes publicitaires qui figurent sur de nombreux aliments destinés aux enfants sont mauvais pour les habitudes alimentaires des plus jeunes, selon le Bureau européen des consommateurs (BEUC).

Ces personnages de dessins animés représentent une « méthode de marketing puissante et convaincante pour cibler les enfants », et sont presque toujours utilisés pour promouvoir des aliments peu sains.

1% de produits sains

Les membres du BEUC ont réalisé une étude en se concentrant sur les mascottes des marques dans 13 pays. Sur 100 exemples, seul un personnage pour enfant est utilisé pour promouvoir un fruit ou un légume.

« Les enfants sont incapables de faire la distinction entre la publicité et le divertissement. Les publicitaires l’ont compris, mais la santé des enfants devrait passer avant les bénéfices », a déclaré la directrice générale du BEUC, Monique Goyens, qui ajoute que les personnages faisant vendre des aliments à faible valeur nutritionnelle n’aident pas les parents à s’assurer que leurs enfants ont une alimentation saine.

Monique Goyens appelle les gouvernements nationaux à faire pression sur les producteurs alimentaires pour qu’ils utilisent des personnages pour enfants de manière plus responsable. De leur côté, les entreprises alimentaires devraient « s’engager sérieusement » à protéger les enfants en supprimant ces dessins des emballages d’aliments peu sains.

« Nous ne voulons pas que Tony le tigre [mascotte des Frosties] ou les Minions, disparaissent des publicités, nous voulons juste que les produits vendus aux enfants soient plus sains », a expliqué Monique Goyens.

Obésité infantile

Selon la Commission européenne, environ 7 % des budgets nationaux dédiés à la santé à travers l’UE sont dépensés pour traiter des maladies liées à l’obésité chaque année.

Le plan d’action pour l’obésité infantile a été approuvé pour la période 2015-2020. Les ministres européens à la Santé se rencontrent le 16 juin pour un examen à mi-parcours du programme.

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L’obésité infantile est une priorité de la présidence maltaise. Malte a un niveau élevé d’obésité infantile et les estimations indiquent que 10 % du budget santé du pays est directement dédié aux conséquences de l’obésité et qu’environ 17 % des morts évitables sont liées à cette même condition.

Fardeau budgétaire

« L’obésité est un très lourd fardeau pour le secteur de la santé et pour la santé de nos nations », a déclaré le ministre maltais de la Santé, Chris Fearne.

En février dernier, la présidence maltaise et la Commission européenne ont publié un rapport qui soutenait que l’obésité infantile devait être traitée à un stade précoce et que les écoles pouvaient jouer un rôle positif pour encourager des habitudes alimentaires saines.

« Étant donné le temps que passent les enfants à l’école, et le fait que dans de nombreux pays européens, les élèves y consomment au moins un repas, les écoles sont un environnement idéal pour encourager des comportements sains », indique le rapport.

Selon ce dernier, un meilleur accès à des aliments sains dans les écoles permettrait le développement de meilleures habitudes alimentaires, la réduction de l’obésité infantile et de meilleurs résultats et participation à l’école.

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