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27/08/2016

Des parlementaires pointent la faiblesse de la stratégie européenne contre le cholestérol

Santé & Modes de vie

Des parlementaires pointent la faiblesse de la stratégie européenne contre le cholestérol

Checking blook sugar level

[Shutterstock]

Deux eurodéputées se sont inquiétés auprès de la Commission européenne du manque d’information et de programmes pour lutter contre le mauvais cholestérol, alors que 54% des Européens sont touchés. 

S’il peine à se faire une place dans les programmes européens, le cholestérol n’en reste pas moins une condition dangereuse et de plus en plus d’Européens sont touchés.

Selon les derniers chiffres de l’OMS, 133,3 millions de personnes souffriraient d’un taux trop élevé de mauvais cholestérol dans les cinq pays les plus peuplés de l’UE (l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni). Dans l’ensemble de l’Europe, 54 % des femmes et des hommes sont dans ce cas, et ce chiffre ne cesse d’augmente. 

>> Lire : Le cholestérol, maladie chronique négligée en Europe

Inquiétudes des eurodéputés

Récemment, deux eurodéputées ont adressé des questions écrites à la Commission, lui demandant des comptes sur les stratégies mises en place contre le mauvais cholestérol.

Dans leurs questions, Roberta Metsola (PPE) et Marlene Mizzi (S&D) s’inquiètent de la forte tendance à la hausse en Europe, et du danger qu’elle engendre pour tous les Européens. Selon les élue, l’UE et les États membres ne protègent pas assez leurs citoyens contre le cholestérol. 

Si la Commission n’a pas de programme dédié spécifiquement au mauvais cholestérol, plusieurs initiatives peuvent être utilisées à des fins de sensibilisation ou de recherche, comme le souligne le commissaire Vytenis Andriukaitis, chargé de la santé et de la sécurité alimentaire, dans sa réponse à Roberta Metsola.

C’est le cas par exemple des projets de recherche sur le cholestérol financés par les programmes-cadres de recherche de l’UE,  d’Horizon 2020, ou d’EUROTRACS,  qui analyse les coûts pour le traitement et la réduction des syndromes coronariens aigus.

>> Lire : Les compléments alimentaires contre le cholestérol bénéficient du flou législatif européen

Grâce à ces programmes, 12 projets, portant notamment sur la synthétisation du mauvais cholestérol et les possibilités de traitement, ont ainsi été financés à hauteur de 30 millions d’euros. 

Pas assez de dépistages, pas assez d’information

Pourtant, Alberico Catapano, professeur de pharmacologie à Milan, estime que l’information ne circule pas encore assez bien, que l’UE doit lancer le débat et surtout montrer que ces fonds sont disponibles.

Si dans la plupart des cas, un taux trop élevé de mauvais cholestérol est lié à l’alimentation, il existe aussi une autre variante de cette maladie : l’hypercholestérolémie familiale. Ce trouble génétique est caractérisé par des taux élevés de mauvais cholestérol. Là encore, nombre d’Européens ne sont pas dépistés et vivent souvent sans le savoir dans des conditions dangereuses, expliquait Alberico Catapano.

Le professeur estime que l’UE doit davantage investir dans l’éducation, la prévention et la recherche liées aux maladies chroniques.

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Les jeunes, de plus en plus touchés

La Fédération française de cardiologie (FFC), estime que les maladies cardiovasculaires ont été responsables de 28 % des décès en France en 2008. Chez les jeunes, les dépistages sont rares, même si ils sont de plus en plus touchés par le problème du mauvais cholestérol, à cause de leurs habitudes alimentaires.

Pour lutter contre le cholestérol, il faut encourager les Européens à adopter une alimentation équilibrée dès le plus jeune âge, mais surtout, selon ces spécialistes, informer et dépister, afin de pouvoir prendre les mesures nécessaires.