Des SMS pour soigner les maladies cardiovasculaires

Une étude menée à Sydney, en Australie, s’est penchée sur l’impact d’un système de conseils envoyés par texto dans la gestion des maladies cardiovasculaires chroniques. Résultat : une amélioration de la santé et de la motivation des patients.

C’est une expérience innovante qui a été conduite en Australie. Pendant six mois, la moitié des 710 participants à une étude médicale d’un nouveau genre, a reçu, en plus de ses soins normaux, quatre messages par semaine. Les participants avaient tous des problèmes cardiaques. Les messages proposaient des conseils sur l’alimentation, l’activité physique, le tabagisme, etc. de chaque patient. L’autre moitié des participants a continué à se soigner uniquement grâce à ses soins habituels.

Impact psychologique

Un système relativement simple, mais qui se révèle efficace. Les chercheurs ont en noté une légère baisse du taux de mauvais cholestérol et une nette amélioration des autres facteurs de risque des maladies cardiovasculaires (pression artérielle, activité physique, diminution du tabagisme, etc.). Un meilleur état général qui s’explique par les conseils eux-mêmes, mais aussi par une amélioration de leur état psychologique, puisque 91 % d’entre eux ont déclaré se sentir soutenus dans leurs efforts. Cette dernière dimension est retenue par les auteurs de l’étude comme l’un des éléments essentiels de l’amélioration de la santé de leurs sujets.

Contrairement à d’autres programmes de e-santé, ce système ne requiert en outre qu’un téléphone portable, qui ne doit pas être un smartphone. Son coût total est estimé à moins de 10 euros pour les patients, un autre facteur qui devrait encourager son lancement à plus grande échelle.

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E-santé

Le principal avantage de la e-santé est d’assurer un meilleur suivi des maladies chroniques, qui sont surveillées de près par les patients eux-mêmes grâce à des programmes spécifiques.  De plus en plus de malades chroniques se servent d’objets connectés (smartphones, tablettes, etc.) et d’applications qui facilitent le suivi de leur maladie. En France, on estime ainsi qu’ils sont 71 % à posséder une tablette ou un smartphone, et ce nombre ne fait qu’augmenter.

Ces développements de l’ e-santé sont en pleine croissance, et sont en général considérés d’un bon œil par des médecins. En Europe, l’organisation de hackathons de la santé est de plus en plus courante, après s’être rapidement généralisée au Canada. Ces ateliers réunissent des professionnels de la santé et de l’informatique qui, ensemble, tentent de mettre au point des programmes qui faciliteraient la vie des patients et des médecins.

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Contexte

Environ quatre millions de personnes en Europe et 1,5 millions de personnes dans l'Union européenne meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, selon l'European Heart Network (EHN) et la Société européenne de cardiologie (ESC). Les principales formes de maladies cardiaques sont les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux.

Pour réduire le nombre de décès dus aux maladies cardiaques, l'Union européenne a décidé de s'attaquer aux déterminants de la santé sous-jacents derrière la santé cardiovasculaire dans son programme de santé 2014-2020.