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23/01/2017

Des sodas plus sucrés en Italie qu’au Royaume-Uni

Santé & Modes de vie

Des sodas plus sucrés en Italie qu’au Royaume-Uni

Sugary drinks may cause type 2 diabetes regardless of size, research says.

[Dennis S. Hurd/Flickr]

La quantité de sucre dans deux sodas supposés identiques varie grandement selon le pays d’Europe où il se trouve, selon une étude réalisée par Action on Sugar.

Une enquête effectuée sur 274 sodas produits dans le monde entier, révèle par exemple qu’une cannette de Fanta Orange de 33 centilitres contient 39 grammes de sucre en Italie et seulement 23 grammes au Royaume-Uni.

En général, la quantité de sucre dans les cannettes de sodas semble moins élevée au Royaume-Uni que dans le reste de l’UE. Autre exemple : une cannette de Schweppes Tonic contient 17 grammes de sucre au Royaume-Uni, mais presque le double en Allemagne (30 grammes).

Par ailleurs, les données d’Action on Sugar suggèrent que 88 % des produits analysés (affichant des données nutritionnelles) contiennent plus de sucre que la quantité recommandée par jour.

« Le surpoids et l’obésité accroissent les dépenses de santé et menacent la croissance économique sur laquelle la prospérité et le bien-être futurs d’un pays reposent. L’enquête illustre le fait que l’industrie du soda est en partie responsable de la pandémie d’obésité mondiale et qu’il est nécessaire d’agir dès maintenant », a déclaré Graham MacGregor, professeur de médecine cardiovasculaire à l’université Queen Mary de Londres et président de Action on Sugar.

>> Lire : Le diabète et l’obésité, puissants freins à la croissance mondiale

Selon lui, le Premier ministre britannique, David Cameron, devrait se pencher sur la question.

Le Conseil international des associations de boissons (ICBA), qui représente aussi les fabricants de sodas, a commenté les résultats de Action on Sugar, déclarant que ses membres offraient une grande variété de boissons dans le monde et que l’innovation poussait de plus en plus vers des choix à faible ou zéro calorie.

« Il n’y a rien de surprenant dans la quantité de sucre que contiennent nos produits – elle est clairement indiquée sur l’étiquette donc les consommateurs peuvent faire leur choix. Nous nous engageons à fournir des informations nutritionnelles transparentes et basées sur des faits », a déclaré l’ICBA dans le communiqué.

Les entreprises fabriquent des produits dans différents pays et de différentes manières pour se conformer aux règles des gouvernements, a ajouté l’ICBA, et pour répondre aux goûts des consommateurs.

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« Les entreprises membres de notre association continueront également d’agir pour aider les consommateurs à trouver un équilibre calorique en proposant de plus petites portions, des boissons moins ou pas du tout caloriques et en fournissant des informations claires et transparentes », a poursuivi l’association.

Vérification des étiquettes

Pauline Castres, responsable de la politique alimentaire au Bureau européen des unions de consommateurs, BEUC, a déclaré à EurActiv que cela montrait bien la nécessité de toujours vérifier les étiquettes.

« Un consommateur polonais ne sait pas qu’il engloutit une cuillère à café de sucre en plus quand il boit son soda préféré au Royaume-Uni. Les entreprises invoquent souvent les différences de goût des consommateurs, mais elles doivent faire preuve de plus de transparence et expliquer pourquoi la quantité de sucre dans deux sodas tout à fait identiques varie d’un pays à un autre », affirme Pauline Castres.

« Quand la différence est minime, comme deux ou trois grammes, nous pourrions demander aux entreprises d’ajuster les niveaux de sucre. Nous savons que les papilles gustatives des consommateurs s’adaptent avec le temps, donc abaisser la quantité de sucre de 39 grammes à 32 ou 35 est faisable », a-t-il estimé.

>> Lire : La nouvelle loi sur l’étiquetage des aliments fait débat

Selon le BEUC, les entreprises doivent non seulement justifier pourquoi elles vendent le même produit avec des quantités de sucre différentes, mais aussi, dans certains cas, avec des ingrédients différents. À titre d’exemple, dans certains pays comme la République tchèque, le sucre a été remplacé par du sirop de glucose-fructose.

« Les bonnes pratiques peuvent et devraient être transférées aux autres pays. Changer les recettes prend du temps, mais afficher des étiquettes plus claires est possible dès à présent. Donc si les entreprises s’engagent réellement à informer le consommateur dans son achat, elles devraient afficher la teneur en sucre sur le devant du paquet », a conclu Pauline Castres.

Contexte

De nouvelles lignes directrices de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommandent aux adultes et aux enfants de réduire leur consommation quotidienne de glucides rapides à moins de 5 % de leur apport énergétique total, soit environ 25 grammes (6 cuillères à café) par jour. Cette teneur doit être plus faible pour les jeunes enfants

Prochaines étapes

  • D’ici 2030 : Environ 2,16 milliards de personnes supplémentaires seront en surpoids, dont 1,12 milliard sera obèse, selon le journal international de l’obésité.