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26/09/2016

La consommation d’alcool baisse chez les jeunes européens

Santé & Modes de vie

La consommation d’alcool baisse chez les jeunes européens

La Commission espère ramener les organisations de santé à la table de son forum sur l’alcool, après les récents rapports observant une baisse du nombre de mineurs consommant de l’alcool en Europe.

Selon le rapport de l’Organisation mondiale de santé, publié le 15 mars, le nombre d’enfants âgés de 11, 13 et 15 ans consommant de l’alcool minimum une fois par semaine a été divisé par deux entre 2002 et 2014.

Ainsi, « plus de 85 % des mineurs européens âgés de 15 ans ne boivent pas du tout », selon l’OMS.

Le rapport a également souligné que la baisse la plus forte a été observée en Suède, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Irlande et en Espagne.

L’industrie des spiritueux européenne a salué les résultats de cette étude, mais a toutefois admis qu’il restait encore beaucoup à faire.

« Les résultats de 2014 sont très encourageants », a en effet déclaré Paul Skehan, directeur général de SpiritsEurope, ajoutant que le pourcentage des adolescents de 15 ans affirmant avoir consommé de l’alcool pour la première fois à l’âge de 13 ans ou moins a baissé de 32 % entre 2006 et 2014.

« La lutte contre la consommation d’alcool chez les mineurs en Europe exige un travail d’équipe entre ceux qui ont de l’influence sur les mineurs et leur attitude, tels que les autres adolescents, les parents et les éducateurs », a expliqué Paul Skehan.

La Commission en dialogue avec les ONG

En juin 2015, vingt organisations de santé publique avaient refusé de se présenter au forum européen sur l’alcool et la santé, une plateforme, réunissant tous les acteurs pour développer des stratégies de lutte contre l’abus d’alcool.

Ces ONG, dont la majorité est financée par des fonds européens, ont décidé de ne pas être présentes pour protester contre le refus de la Commission de penser une nouvelle stratégie contre l’alcool qui a officiellement expiré en 2012. L’eexécutif espère à présent que les ONG reviennent.

>> Lire : Les ONG de la santé claquent la porte du forum européen «Alcool et santé»

Un porte-parole de la Commission a rapplé que les objectifs de la stratégie de l’UE pour aider les États membres dans la lutte contre les dangers de l’alcool étaient toujours valables.

« La Commission continue à encourager la prévention de l’abus d’alcool et des risques que cela entraîne grâce à une action de groupe et différents projets appartenant au programme Santé », a souligné un représentant de l’UE, ajoutant que l’exécutif réfléchissait à la façon de relancer les activités européennes pour réduire les dangers de l’alcool.

« Depuis que les ONG ont décidé de quitter le forum sur l’alcool et la santé, des réflexions sont en cours pour mieux inclure tous les acteurs dans cette tâche », a noté le porte-parole. Nous avons entamé un dialogue avec les ONG pour continuer notre coopération et la structurer », a-t-il poursuivi, insistant sur le fait que la Commission avait adopté une politique de « porte ouverte » avec les parties prenantes pour réduire les dégâts liés à l’alcool.

Le représentant de l’UE a également salué la baisse dans la consommation d’alcool chez les adolescents, mais a maintenu que ces chiffres méritaient malgré tout une analyse plus approfondie. La tendance n’est pas la même dans les différents États membres et il y a encore trop d’adolescents qui abusent de l’alcool. La consommation tend d’ailleurs à augmenter sensiblement avec l’âge.

Le cas du Royaume-Uni

Parallèlement, une autre étude a été menée par l’autorité indépendante de santé Health and Social Care Information Center au Royaume-Uni. Cette étude démontre une baisse remarquable de la consommation d’alcool chez les jeunes Britanniques.

Le nombre d’adolescents qui ont consommé de l’alcool serait en baisse constante depuis 2003.

L’étude a d’ailleurs révélé que 38 % des 11-15 ans en Angleterre ont déjà consommé de l’alcool en 2014, alors qu’ils étaient 61 % en 2003. La baisse était comparable en Écosse.

Cette tendance peut s’expliquer à la fois par un meilleur contrôle de l’âge légal grâce au système d’identification et un accès plus difficile en raison d’une augmentation des prix, selon l’institut britannique spécialisé dans l’étude de l’alcool (IAS) qui affirme être l’une des rares organisations qui ne sont pas financées par le gouvernement ou l’industrie de l’alcool.

Les mouvements démographiques auraient également un impact important, dans la mesure où les minorités ethniques qui boivent moins sont de plus en plus nombreuses, a expliqué l’IAS.

« Des données ont prouvé que les étudiants issus d’une minorité étaient capables d’influencer leurs camarades : les enfants fréquentant des écoles où la population de musulmans est importante sont moins enclins à la consommation d’alcool », a établi le rapport.

Réseaux sociaux et consommation d’alcool    

L’IAS a également mis en évidence que l’accès à internet et aux réseaux sociaux était un facteur favorable.

Les réseaux sociaux proposent de nouvelles activités qui sont « plus drôles et plus agréables que boire » et étaient perçus comme de nouvelles façons de se sociabiliser.

Cependant, une utilisation plus importante d’internet peut également entraîner une consommation plus importante. « Les jeunes sont plus exposés aux messages encourageant à boire et à la pression de groupe en ligne », selon l’IAS.

L’utilisation d’internet est de dix-sept heures par semaine chez les 12-13 ans, soit une augmentation de 24 % entre 2007 et 2013, selon l’autorité régulatrice des télécommunications au Royaume-Uni, Ofcom.

Une nouvelle proposition de la Commission européenne pour réformer les règles de publicité télévisuelle et en ligne ouvre la voie à une nouvelle lutte entre les ONG de protection de la santé, les agences de publicité et l’industrie de l’alcool.

>> Lire : La Commission prête à assouplir les règles pour la publicité sur l’alcool

Contexte

 

La stratégie de l’UE sur l’alcool, lancée en 2006, vise à aider les gouvernements nationaux et d’autres parties prenantes à coordonner leurs actions en vue de réduire les dommages liés à la consommation d’alcool dans l’UE.

Cette stratégie n’impose toutefois aucune législation concrète aux États membres à ce stade et se fonde plutôt sur la coordination de la politique et sur des échanges de bonnes pratiques entre les pays.

Pour ce faire, ce document a lancé en 2007 un forum « Alcool et santé » où dans lequel les organisations membres, publiques ou privées, sont invitées à débattre, à comparer des approches et à prendre des mesures pour lutter contre les dommages liés à l’alcool.

La consommation nocive et dangereuse d’alcool nuit fortement à la santé publique et augmente les dépenses liées aux soins de santé, à l’assurance maladie, à l’application de la loi, à l’ordre public ainsi qu’aux lieux de travail.

La consommation excessive d’alcool a également un impact négatif sur le travail et la productivité, l’UE souhaite donc promouvoir des initiatives au sein des espaces de travail.