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19/01/2017

Face au retour de la rougeole en Europe, l’OMS recommande la vaccination

Santé & Modes de vie

Face au retour de la rougeole en Europe, l’OMS recommande la vaccination

Vacciner ou ne pas vacciner : où est le danger ?

Crédit (Luiscar74/Shutterstock.com)

La 9ème édition de la semaine européenne de la vaccination, qui se déroule du 20 au 25 avril met l’accent sur l’importance de cet acte médical au sein de l’UE, où certaines maladies infectieuses telles que la rougeole regagnent du terrain. 

C’est la piqure de rappel annuelle. Depuis 2005, et à l’initiative de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 200 pays dans le monde organisent la semaine de la vaccination. Cette année, la 9ème édition de cet évènement se déroule du 20 au 25 avril et met l’accent sur la mise à jour des vaccins.

Cette semaine est l’occasion pour chacun de faire le point, de vérifier son carnet de vaccination et se mettre à jour si nécessaire, peut-on lire sur le site dédié à cet évènement. L’objectif est également de rappeler à la population qu’il est important de se faire vacciner contre les maladies infectieuses graves.

Le baromètre santé 2014 de l’INPES, l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, révèle qu’aujourd’hui en France, 79 % des 18-75 ans se disent favorables à la vaccination, contre 61 % en 2010. Une tendance à la hausse à nuancer puisque si les Français pensent à faire vacciner leurs enfants, ils ont tendance à se négliger. Par ailleurs, l’INPES rappelle que certains vaccins, tels que celui contre la grippe ou le papillomavirus font l’objet d’une certaine méfiance.

>> Lire : La méfiance à l’égard des vaccins se généralise dans l’UE

Dans un document intitulé « Pourquoi les États membres doivent continuer à investir dans la vaccination », publié à l’occasion du 10ème anniversaire de la semaine européenne de la vaccination, l’OMS signale que la région européenne a connu ces dernières années une résurgence inquiétante de maladies évitables par la vaccination.

Résurgence de la rougeole en Europe

Dans son plan d’action pour la vaccination en Europe 2015-2020, l’OMS établit 6 objectifs pour éliminer complètement les maladies évitables par la vaccination. Un des objectifs est d’éliminer la transmission de la rougeole et de la rubéole en 2015. Selon l’OMS, l’éradication de ces deux maladies dépendra largement de l’engagement politique des gouvernements européens.

La rougeole est une maladie grave et extrêmement contagieuse. Grâce à la vaccination, les cas de rougeole entre 1993 et 2007 ont chuté de 98 %, selon l’OMS. Toutefois, en 2012, la rougeole a regagné du terrain dans la région européere gagnent du terrain à cause de groupes de population non vaccinées en Europe centrale et de l’Est. Entre début 2014 et février 2015, l’OMS rapportait 22 149 cas de rougeole.

Cas de rougeole dans la région européenne de l'OMSCas de rougeole dans la région européenne de l’OMS

Plusieurs raisons peuvent expliquer cette recrudescence : la crainte des effets secondaires, la remise en question de l’utilité de certains vaccins, ou encore le manque de suivi. Selon l’INPES, 19 % des 15-25 ans estiment ne pas être à jour de leurs vaccins.

Le gouvernement luxembourgeois signale quant à lui que dans l’UE, 3 616 cas de rougeole ont été déclarés en 2014, dont 58,6 % se trouvent en Allemagne et en Italie.

En Allemagne, où aucun vaccin n’est obligatoire, un enfant non-vacciné d’un an et demi est mort de la rougeole fin février. La recrudescence de cette épidémie, qui peut être à l’origine de graves complications dans un cas sur cinq, inquiète les autorités allemandes et poussent les médecins à rappeler que les effets secondaires sont beaucoup plus rares et moins graves que les complications entrainées par la maladie (pneumonie, surdité définitive, voire décès).

Vacciner ou ne pas vacciner : où est le danger ?

Dans toute l’UE, les gouvernements profitent donc de cette semaine européenne de la vaccination pour appeler leurs citoyens à mettre à jour leur carnet de vaccination et pour rappeler aux parents de vacciner leurs enfants. « La vaccination est un acte solidaire et citoyen. Chacun d’entre nous porte une responsabilité de santé publique. Chacun d’entre nous est un maillon de la chaîne de transmission. Se vacciner, c’est se protéger et c’est aussi protéger les autres, et en particulier les plus fragiles », a déclaré Marisol Touraine, la ministre de la Santé.

Ces propos, Michèle Rivasi, députée européenne et vice-présidente du Groupe des Verts, ne les partage pas. Dans un communiqué de presse du 20 avril, elle s’inquiète d’un amendement de la loi Santé qui permet la vaccination à partir de 15 ans sans le consentement des parents et qui selon elle, représente un vrai danger pour les jeunes filles qui reçoivent le vaccin Gardasil (papillomavirus).

« Face à la multiplication des cas de décès et d’effets secondaires neurologiques graves concernant le Gardasil, on s’achemine vers un nouveau scandale sanitaire », estime Michèle Rivasi.

Alors, qui écouter ? Sachant que, selon un rapport publié en mars par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES), même les médecins sont divisés sur certains vaccins. Seulement 45 % des médecins généralistes interrogés recommandent le vaccin contre le papillomavirus aux jeunes filles de 11 à 14 ans.