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09/12/2016

L’autorisation du glyphosate de nouveau examinée

Santé & Modes de vie

L’autorisation du glyphosate de nouveau examinée

La semaine prochaine, les États membres vont de nouveau tenter d’accorder leurs violons sur l’utilisation du glyphosate. Un article d’EurActiv Allemagne.

Un responsable de l’UE a déclaré à l’AFP qu’une réunion était prévue le 6 juin, pour que les États membres tentent d’atteindre un consensus sur la prolongation de l’autorisation du glyphosate, un pesticide très controversé. Pour l’instant, l’option sur la table est de prolonger l’autorisation actuelle jusqu’à mi-2017.

Le glyphosate est l’une des substances chimiques les plus utilisées dans les pesticides dans l’UE, mais son caractère probablement cancérigène a remis en cause son utilisation . La décision de renouveler son autorisation de plusieurs années n’a pas pu se concrétiser à deux reprises à cause du désaccord des États membres à ce sujet.

>> Lire : Les Européens s’écharpent sur le glyphosate

Harald Ebner, député allemand des Verts, a ainsi critiqué la possibilité d’étendre l’autorisation du glyphosate à une année, et a appelé le parti social-démocrate (SPD) a campé sur sa position.

S’il s’agit d’une solution transitoire, comme cela a été suggéré, alors la quantité de glyphosate utilisée dans les produits devra être réduite.

Au niveau du gouvernement à Berlin, le SPD reste fermement opposé au glyphosate alors que le CDU et le CSU soutiennent une prolongation. Au vu des divisions internes, l’Allemagne s’est jusqu’à présent abstenue de voter.

>> Lire : Les eurodéputés contaminés au glyphosate

Le 27 mai, l’assemblée médicale allemande a appelé Berlin et la Commission à s’opposer à l’autorisation du produit chimique.

L’association des médecins a rappelé que le principe de précaution jouait en leur faveur et a cité une étude qui révèle que le pesticide provoque des « anomalies chromosomiques et d’ADN dans les cellules humaines ». Avant que l’autorisation soit prolongée, ces effets secondaires néfastes devront être écartés, ont insisté les médecins.

Contexte

L'Autorité européenne de sécurité des aliments a déclaré en novembre 2015 qu'il était peu probable que le glyphosate provoque le cancer chez les hommes et a proposé d'élever les plafonds du pesticide.

L’EFSA conseille les décideurs politiques européens et ses conclusions étaient censées ouvrir la voie à un renouvellement de l'autorisation du glyphosate par les 28 États membres. La molécule est entrée sur le marché en 1974. Elle est rapidement devenue le numéro 1 des ventes, notamment avec le Round Up du géant agrochimique américain Monsanto.

Les groupes environnementaux appellent à une interdiction de la substance depuis que le centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l'OMS, a affirmé en mars 2015 que le glyphosate était un « cancérogène probable pour les humains ».

Selon un groupe d'action, 1,4 million de personnes ont signé une pétition appelant l'Union européenne à suspendre l'autorisation du glyphosate en attendant d'autres évaluations.

La EFSA soutient pourtant avoir mené une analyse approfondie et pris en compte les résultats du CIRC. Greenpeace qualifie pour sa part le rapport de l'EFSA de « camouflage ».

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