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01/10/2016

La Grèce bien décidée à faire respecter la loi anti-tabac

Santé & Modes de vie

La Grèce bien décidée à faire respecter la loi anti-tabac

En Grèce, six travailleurs sur dix seraient exposé à la fumée de cigarette sur leur lieu de travail.

Le gouvernement grec souhaite appliquer une loi interdisant le tabagisme dans les lieux publics plus efficace, et envisage de rembourser les médicaments anti-tabac. La nouvelle loi proposée par le gouvernement grec couvre également la cigarette électronique.

Les gouvernements grecs ne sont systématiquement pas parvenus à faire appliquer une loi anti-tabac entrée en vigueur il y a neuf ans. Selon la dernière étude de l’Eurobaromètre sur le sujet, en 2009, les Grecs sont les plus gros fumeurs de l’UE. La proportion de fumeurs en Grèce est en effet de 42 %. La Bulgarie (39 %), la Lettonie (37 %), la Roumanie, la Hongrie, la Lituanie, la République tchèque et la Slovaquie (toutes 36 %) suivent.

>> Lire : La loi anti-tabac fait un flop en Grèce

Une position « vexante »

En juin, des sources au sein du ministère de la Santé grec ont révélé à EurActiv que le gouvernement entendait de prendre une initiative « rapidement ».

Dans une interview avec Praktoreio Ygeias, un média spécialisé dans la santé, Andreas Xanthos, ministre de la Santé, avait qualifié de « vexant » le fait que la Grèce soit le seul pays de l’UE à ne pas parvenir à faire respecter l’interdiction de fumer dans les lieux publics.

« Il n’y a jamais eu d’action coordonnée de l’État, parce qu’il s’agit d’une mesure excédant [les compétences du] ministère de la Santé et qui requiert  une coopération à plusieurs niveaux », a expliqué le ministre, ajoutant qu’Athènes devrait avoir une approche plus rigoureuse pour appliquer les recommandations européennes.

La réglementation sur les environnements sans tabac relève des compétences des États. La seule législation existante est la recommandation du Conseil de 2009 sur les environnements sans tabac, qui appelle les États à introduire des mesures plus complètes pour protéger leurs citoyens du tabagisme passif.

>> Lire : La justice valide la politique anti-tabac de l’UE

Interdiction complète

L’objectif du gouvernement grec serait donc de s’attaquer à la « culture sociale » entourant le tabac et d’imposer une interdiction complète. « La nicotine est une substance psychoactive, très addictive, et le problème ne peut à l’évidence pas être réglé grâce à des campagnes de communication, avec des images choquantes sur les paquets et cigarettes, etc. », a constaté le ministre à la Santé.

Andreas Xanthos estime également que toute l’approche, de la prévention à la réhabilitation, doit changer. Cela inclut des cliniques spécialisées et la possibilité de compenser les citoyens qui achètent des médicaments pour arrêter de fumer. Jusqu’ici, ces médicaments étaient considérés comme un produit de confort et non remboursés. « Nous devrions nous poser la question, parce qu’ils peuvent être utiles et efficaces pour les patients atteints de maladies respiratoires chroniques », assure-t-il.

Selon le ministre, les cigarettes électroniques ne seront pas exclues de l’interdiction, étant donné les doutes pesant sur leurs bienfaits. La directive relative aux produits du tabac, entrée en vigueur le 20 mai dernier, adopte de fait une position stricte vis-à-vis des cigarettes électroniques.

« Les cigarettes électroniques peuvent devenir le point d’entrée d’une dépendance à la nicotine et favoriser au bout du compte la consommation de tabac traditionnel, dans la mesure où elles imitent et banalisent l’action de fumer », souligne cette directive. « C’est la raison pour laquelle il y a lieu d’adopter une approche restrictive en ce qui concerne la publicité pour les cigarettes électroniques et les flacons de recharge. »

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Contexte

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’application du cadre réglementaire sur les environnements sans fumée de la Grèce laisse à désirer. Sur une échelle de 0 à 10, si 8 et puis indiquent une bonne application et les chiffres en dessous de 5 une mauvaise application, la Grèce obtient un 3.

Pour ce qui est de l’application du cadre réglementaire dans les cafés, bars et restaurants, cette note baisse à entre 0 et 2. Selon une étude, six travailleurs sur dix seraient exposés à la cigarette sur leur lieu de travail.

Une étude de l’Eurobaromètre de mars 2009 indique que 84 % des citoyens européens sont favorables à l’interdiction de fumer sur les lieux de travail intérieurs, 79 % sont favorables à l’interdiction de fumer dans les restaurants et 61 % dans les bars et cafés.