L’alcool absorbe 1 % du PIB des États membres

L’OCDE publie un rapport sur la consommation nocive d’alcool dans ses pays membres. 

L’abus d’alcool est la cinquième cause de mortalité et de handicap dans le monde et coute environ 1 % du PIB, selon l’OCDE.

La consommation nocive d’alcool frappe toutes les couches de la société, et se concentre en particulier à ses extrêmes, puisque les personnes « ayant tendance à consommer le plus d’alcool sont les hommes peu éduqués et d’un statut socio-économique moins élevé et les femmes très éduquée et d’un statut socio-économique élevé », selon le rapport de l’OCDE.

« Malgré une légère baisse, en moyenne, au cours des vingt dernières années, la consommation d’alcool dans les pays de l’OCDE reste bien au-dessus de la moyenne mondiale », avertit l’OCDE, qui souligne également que la majeure partie de l’alcool est consommée par les 20 % de la population qui boivent le plus. L’étude tire également la sonnette d’alarme sur un comportement en hausse, particulièrement chez les jeunes : l’alcoolisation paroxystique, ou « binge drinking ».

C’est sur ces 20 % de « gros buveurs » que les campagnes de sensibilisation doivent se concentrer en priorité, expliquent les spécialistes de l’OCDE.

Des habitudes couteuses, mais qui ne font pas bouger la Commission européenne

Plus de 155 milliards d’euros par an : c’est l’ensemble des coûts sociaux imputables à l’abus d’alcool dans l’UE, selon les estimations de la Commission. Selon d’autres estimations, réalisées par l’OCDE, la consommation d’alcool coute environ 1 % du PIB dans les pays à revenu élevé et moyen.

Accidents de la route, maladies chroniques, et notamment cardiovasculaires, perte de productivité et absentéisme, les conséquences de l’abus d’alcool se font sentir à tous les niveaux.

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Pourtant, malgré les demandes répétées du Parlement, entre autres, la Commission européenne a décidé de ne pas adopter de nouvelle stratégie sur l’alcool. Une première stratégie adoptée en 2006 a expirée en 2013. Elle n’imposait pas de législation spécifique, mais guidait les États membres dans la prévention de la consommation nocive et dangereuse d’alcool, notamment en ce qui concerne la conduite en état d’ivresse, la consommation d’alcool des femmes enceintes et des mineurs.

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Vytenis Andriukaitis, le commissaire européen à la santé, a néanmoins assuré que la question de l’alcool serait intégrée à des mesures de limitation des « facteurs de risques » tels que l’abus d’alcool, le tabagisme ou encore l’inactivité physique.

Un large éventail de possibilités

Les gouvernements disposent de très nombreuses possibilités en ce qui concerne les mesures et campagnes de réduction de la consommation nocive d’alcool. Les spécialistes de l’OCDE recommandent un mélange de mesures fiscales, règlementaires et sanitaires. Parmi ces mesures figurent l’application stricte des réglementations existantes contre l’alcool au volant, une intervention des médecins de soins de santé primaires, des règles sur la promotion des boissons alcoolisées ou encore une plus grande taxation de l’alcool, bien que cette dernière option ne semble pas affecter les plus gros buveurs et présentent d’autres inconvénients.

En Europe, il sera bientôt obligatoire d’inclure l’information sur tous les aliments et boissons… sauf les boissons alcoolisées ! Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour que cette règle s’applique aussi aux alcools, qui ont souvent une très haute teneur en calories. L’idée serait donc de rendre les citoyens plus conscients du nombre de calories qu’ils ingurgitent quand ils boivent un verre de vin, par exemple.

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Si, à son arrivée à Bruxelles, le nouveau commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, s’était déclaré pour la fin de l’omerta nutritionnelle sur l’alcool, « il semble qu’il y ait une résistance au sein de la Commission », déplore Glenis Willmott, eurodéputée S&D britannique.

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Prix unitaire minimum

L’idée d’un prix unitaire minimum, qui sera bientôt appliqué en Écosse et est à l’étude en Irlande, par exemple, est d’imposer un prix plancher par unité d’alcool, et donc d’augmenter le prix des boissons alcoolisées les moins chères.

Au Canada, où cette mesure est appliquée, les études estiment que le prix unitaire minimum a permis de réduire la consommation globale d’alcool, mais pas de manière drastique. Si cette méthode est parfois plus avantageuse que l’augmentation des taxes sur l’alcool, elle a l’inconvénient d’engendrer une baisse du bien-être de la population (dont certains segments ne peuvent plus se permettre d’acheter de l’alcool), tout en ne rapportant aucun revenu aux gouvernements.

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Contexte

Les Européens sont les plus grands consommateurs d'alcool au monde et d’alcool est la cinquième cause principale de mortalité et de handicap dans le monde, selon un nouveau rapport de l’OCDE.

La consommation nocive d’alcool représente un cout social extrêmement élevé pour les États membres. Si les décisions relatives aux taxes et à la tarification relèvent de leur compétence, le Parlement européen et certaines instances nationales pressent la Commission européenne d’adopter une stratégie sur l’alcool et ses conséquences dramatiques.

Plus d'information

Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE)