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24/01/2017

L’Allemagne et l’Écosse vont interdire la culture d’OGM

Santé & Modes de vie

L’Allemagne et l’Écosse vont interdire la culture d’OGM

L'Allemagne et l'Ecosse sont le premier à avoir recours à la clause d'opt out leur permettant de refuser la culture d'OGM.

[Sarah Sammis/Flickr]

Comme le permet la nouvelle réglementation européenne, l’Allemagne va entamer les démarches pour interdire officiellement la mise en culture d’organismes génétiquement modifiés (OGM). Elle emboîte ainsi le pas à l’Écosse.

C’est le ministre allemand de l’Agriculture Christian Schmidt qui a annoncé la nouvelle dans une lettre consultée par l’agence Reuters. La missive indique que Berlin va actionner « l’opt-out » pour interdire la mise en culture de tout OGM sur son territoire.

Ce nouveau dispositif a été ouvert par la directive 2015/412 entrée en vigueur début avril dans l’Union européenne. Le ministre précise que cette interdiction poursuit logiquement le moratoire établi jusque-là par Berlin. Il demande à toutes les régions allemandes si elles souhaitent s’associer à la démarche.

Bras de fer outre-Manche

Outre-Manche, l’Écosse a pris le même virage le 9 août par la voix du ministre de l’environnement. « Edimbourg va prochainement demander que l’Écosse soit exclue de toute autorisation de mise en culture d’OGM dont le maïs GM déjà autorisé [MON810, ndlr] ainsi que les 6 plantes en attente d’une autorisation », a déclaré Richard Lochhead. « Il n’y a aucune preuve d’une demande significative de produits GM par les consommateurs écossais. Cette interdiction va protéger et améliorer notre image propre et verte », a-t-il ajouté.

Cette interdiction exclura toutefois la culture de plantes GM à des fins scientifiques, dans des laboratoires ou des serres confinées. « Plusieurs instituts de recherche écossais comme le James Hutton Institute ou le Rowett Institute of nutrition and health sont déjà impliqués dans de telles recherches », explique Christophe Noisette d’Inf’OGM.

>>Lire : L’accord à Bruxelles sur les OGM confirme leur retour en 2015

Londres ne l’entend pas de la même oreille. Le gouvernement britannique est l’un des plus grands défenseurs des OGM en Europe et il est à l’origine du changement de législation, qui introduit l’opt-out mais permet aussi à tout État membre d’autoriser à lui seul une mise en culture d’OGM sans avoir besoin, comme auparavant, de la majorité qualifiée des États. Paradoxalement, c’est pourtant auprès de Londres –l’interlocuteur officiel de Bruxelles- que l’Écosse devra déposer sa demande d’interdiction.

D’autres pays, dont la France, devraient suivre le mouvement dans les prochaines semaines, les États membres ayant jusqu’au 3 octobre pour faire part de leur demande formelle d’interdiction auprès de la Commission européenne.

Cet articla a été publié sur le Journal de l’Environnement.

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