L’Ecosse est le premier pays à introduire un prix minimum pour l’alcool

La semaine dernière (24 mai), le parlement écossais a adopté à une écrasante majorité un projet de loi qui instaure le prix minimum de 0,50 livre sterling (0,63 euro) pour une unité d'alcool. Il s'agit du premier prix minimum juridiquement contraignant au sein de l'Union européenne.

Ces prix minimums devraient obtenir la sanction royale le mois prochain, après que les conservateurs, les Verts écossais, les libéraux démocrates et le Parti national écossais ont voté la semaine dernière au parlement pour soutenir ce projet de loi.

Dès avril 2013, les boissons alcoolisées à prix réduit ne seront plus légales en Ecosse. Ce projet de loi devrait améliorer la santé des citoyens et faire chuter le taux de criminalité, dans la mesure où il devrait permettre de combattre le « binge drinking ».

« Il aidera l'Ecosse à opérer une transition culturelle s'agissant de ses attitudes malsaines vis-à-vis de l'alcool », a déclaré Nicola Sturgeon, la ministre écossaise de la santé. « Cette politique sauvera des vies, c'est aussi simple que cela », a-t-elle affirmé.

La prochaine étape sera que le gouvernement écossais en avertisse la Commission européenne qui mènera une consultation de trois mois qui pourrait bien donner lieu à des poursuites de la part de l'industrie des boissons.

« Les Ecossais sont les premiers dans l'UE à fixer un prix minimum obligatoire », a expliqué Monika Kosi?ska, la secrétaire générale l'Alliance européenne pour la santé publique (EPHA).

« J'espère que d'autres gouvernements de l'UE suivront cet exemple, car si cette mesure était appliquée dans le reste de l'Europe, de nombreuses vies seraient sauvées chaque année. Cette initiative du gouvernement écossais est un exemple d'actions décisives pour relever les grands défis en matière de santé », a-t-elle ajouté.

Des conseillers du secteur avaient précédemment affirmé qu'une augmentation des taxes sur l'alcool et une stratégie de fixation de prix minimums feraient grimper les quantités d'alcool non déclaré en Europe, avec plus de contrefaçons sur le marché et donc plus de risques pour la santé.

Selon les dernières estimations de l'Organisation mondiale de la Santé (2005) sur l'alcool non déclaré, 22 % de l'alcool consommé par des Européens majeurs ne serait pas déclaré.

Le Guardian a rapporté que certains détracteurs de ce projet de loi affirmaient qu'il aurait un impact injustifié sur les buveurs responsables et moins fortunés. Ils soutiennent que conformément au droit européen et aux règles de concurrence internationales, cette loi n'est pas acceptable et ruinera les efforts de l'industrie du whisky écossais pour contrer les contrôles des prix et les droits de douane élevés à l'étranger.

L'industrie des boissons dans le reste du Royaume-Uni a menacé le premier ministre, David Cameron, d'entamer des poursuites, dans le cas où il prendrait des mesures similaires pour l'Angleterre et le Pays de Galles.

Contexte

 

Les Européens enregistrent la plus grande consommation d'alcool par habitant. La boisson est responsable de près d'un cas de décès prématuré et de maladie sur dix.

 

La stratégie informelle de la Commission européenne sur l'alcool sera évaluée cette année. Elle a pour objectif de réduire les dommages sanitaires et sociaux causés par la consommation d'alcool, mais les décisions relatives aux taxes et à la tarification relèvent de la compétence des Etats membres.

 

La sensibilisation de la population quant aux impacts de l'alcool prend des formes très différentes dans les différents Etats membres de l'Union.

 

Parmi les buveurs sondés, les Roumains et les Hongrois (48 %) étaient deux fois moins susceptibles de prendre en compte ces messages que les Britanniques, les Néerlandais et les Slovaques (90 %).

 

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