L’OMS enregistre un nombre record de nouveaux cas de VIH en Europe

Des personnes se piquent à Athènes. [Theo Michael/Flickr]

Le nombre de diagnostics du VIH est revenu au niveau des années 80, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De nombreux migrants contractent le virus après leur arrivée en Europe. 

Selon le bureau de l’OMS pour la région européenne, et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), plus de 142 000 personnes sont porteuses du VIH en Europe. Un nombre de diagnostics en croissance, notamment en raison du doublement du nombre de cas en Europe de l’Est au cours des dix dernières années. 

Zsuzsanna Jakab, directrice Europe de l’OMS, a qualifié les dernières données de « très inquiétantes ».

Hausse des cas de VIH

« Avec toutes les possibilités de prévention et de contrôle du VIH que nous avons, dont de nouvelles directives en matière de traitement, nous appelons les pays européens à prendre des actions audacieuses et à juguler l’épidémie une bonne fois pour toutes », a-t-elle estimé.

Selon l’OMS et l’ECDC, la hausse des cas de VIH en Europe de l’Est est en grande partie due à des injections de drogue.

Dans l’UE et dans les pays membres de l’Espace économique européen (Norvège, Islande et Liechtenstein), les relations sexuelles non protégées entre hommes sont la cause prédominante de transmission du VIH.

« Depuis 2005, le taux de nouveaux diagnostics a plus que doublé dans certains pays de l’UE et de l’EEE alors que dans d’autres pays il a baissé de 25 %. Dans l’ensemble, le virus du VIH est toujours très présent. Cela signifie que la réponse de l’UE et de l’EEE au VIH n’a pas été suffisamment efficace pour engendrer un déclin notable ces dix dernières années », a déclaré Andrea Ammoni, directeur intérimaire de l’ECDC.

Un plus grand risque pour les réfugiés et migrants

Deux infections par le VIH sur trois sont diagnostiquées chez des natifs européens et les migrants et personnes nées à l’étranger représentent un tiers des diagnostics.

Ces dix dernières années, le nombre de migrants diagnostiqués de VIH en Europe a fortement décliné, mais des preuves révèlent qu’un nombre significatif de migrants ont contracté le VIH après leur arrivée en Europe.

« Les réfugiés et migrants demeurent une priorité dans la prévention et le traitement du VIH. Les conflits et désastres ne doivent pas entraver l’accès aux services de santé pour les personnes vivant avec le VIH. Les réfugiés et les migrants victimes d’exclusion sociale dans les pays d’accueil vont s’engager dans des comportements à risque. Le risque est accentué par l’accès inapproprié aux services de traitement du VIH et à la peur d’être stigmatisé », indique Zsuzsanna Jakab.

« À l’OMS nous appelons tous les pays d’Europe à proposer des tests du VIH, une prévention et des services de traitement à tous les réfugiés et les migrants, quel que soit leur statut juridique. C’est aussi le moyen le plus sûr de protéger les populations locales d’une infection par le VIH

Contexte

Le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) attaque le système immunitaire et provoque chez la personne atteinte une maladie grave qui dure toute une vie et dont la période d'incubation est très longue. La phase terminale d'une infection non traitée, le syndrome d'immunodéficience acquise (SIDA), correspond à la destruction du système immunitaire. Le SIDA se définit par la présence d'une ou plusieurs maladies « opportunistes » (les maladies résultant d'une immunité affaiblie, comme la pneumonie).

Prochaines étapes

  • 1er décembre : Journée mondiale du sida