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23/01/2017

L’OMS souligne le lien entre obésité infantile et manque de sommeil

Santé & Modes de vie

L’OMS souligne le lien entre obésité infantile et manque de sommeil

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L’obésité infantile gagne du terrain dans le monde, entrainant dans son sillage une cohorte de maladies et conséquences dangereuses et coûteuses. Il existe néanmoins de nouvelles pistes pour endiguer l’épidémie, notamment des stratégies novatrices.

L’OMS a mis sur pied une commission ad hoc. À l’occasion d’un rapport d’activité, le directeur de l’OMS salue le travail de la commission, tout en soulignant qu’il reste encore bien du chemin à parcourir pour protéger les plus de 42 millions d’enfants en surpoids dans le monde.

L’augmentation catastrophique du nombre d’enfants en surpoids ces dernières années aura des conséquences non négligeables sur les systèmes de santé, puisque 60 % de ces enfants ne parviendront pas à se défaire de leur surcharge pondérale à l’âge adulte. L’obésité infantile est en effet liée à toute une série de complications sanitaires graves et à une augmentation du risque d’apparition précoce de maladies graves, telles que le diabète, certains cancers ou maladies dégénératives, ainsi que des maladies cardiovasculaires.

En 2007, un rapport de l’OMS sur l’Europe soulignait déjà que l’obésité était « un défi non seulement sous-estimé et incorrectement évalué, mais aussi que les autorités n’ont pas pleinement reconnu en tant que problème stratégique ». L’organisation estimait alors qu’entre 30 et 80 % de la population adulte de la région européenne, et jusqu’à un tiers des enfants, étaient en surpoids. Un problème qui ne va pas en s’améliorant. L’OMS appelait déjà à des stratégies novatrices aussi dynamiques que celles utilisées pour promouvoir le port de la ceinture de sécurité ou pour informer des dangers du tabagisme.

En 2013, la Commission européenne estimait à 52 % le nombre d’Européens en surpoids ou obèses (17 %), soit un adulte sur deux et près d’un enfant sur trois.

>> Lire : L’Europe confrontée à une épidémie d’obésité d’ici 2030

L’obésité de l’enfant, qui touchait 42 millions de jeunes enfants et de nourrissons en 2013, remonte parfois à l’alimentation pendant les premiers mois de vie, voire pendant la grossesse.  Si l’obésité infantile découle souvent d’une alimentation trop grasse, trop sucrée ou trop salée, et du manque d’informations sur les risques liés à cette alimentation, l’idée véhiculée dans la plupart des sociétés selon laquelle un gros bébé est un bébé en bonne santé n’aide certainement pas.

Une étude réalisée par l’ONG EUFIC (Conseil Européen de l’Information sur l’Alimentation), montre en outre des disparités entre les pays européens. Les chercheurs ont ainsi trouvé que l’obésité infantile était plus courante dans les pays du sud de l’Europe, où elle atteint 20 % des enfants, que dans le nord (5 %). En cause : de mauvaises habitudes alimentaires, peu d’exercice physique, ou encore le manque de sommeil.

>> Lire : La mauvaise hygiène de vie des Européens favorise l’obésité

Réaction au rapport d’activité de l’OMS

Margaret Chan, la directrice de l’OMS a récemment inauguré le dernier rapport d’activité de la commission sur les moyens de mettre fin à l’obésité de l’enfant.

Si elle reconnait le travail accompli par la commission, elle n’oublie pas l’étendue du chemin qui reste à parcourir si l’on veut éviter que 70 millions d’enfants ne soient en surpoids d’ici 2025.

« Compte tenu des progrès parcellaires et totalement insuffisants jusqu’à présent, j’ai souligné l’importance de trouver des approches novatrices », souligne-t-elle, ajoutant toutefois que « le rapport intérimaire [avait] donné des résultats magnifiques à cet égard. »

Elle a également encouragé les membres de la commission à continuer leurs précieux travaux, insistant sur la nécessiter de partager leurs conclusions et conseils. Le manque d’information ou de conscience de l’urgence de la situation est en effet problématique.

Comment endiguer l’épidémie ?

L’obésité est un problème couteux et dangereux, puisqu’il entraine un très grand nombre de complications médicales. À l’heure où les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité en Europe, il est également important de s’attaquer aux facteurs de ces maladies.

L’UE a déjà mis en place une stratégie européenne pour les problèmes de santé liés à la nutrition, la surcharge pondérale et l’obésité, et promeut l’activité physique et une alimentation équilibrée chez les enfants par le biais de différentes initiatives, mais cela risque bien de ne pas suffire.

En France, ou un enfant sur six est en surpoids, le gouvernement a notamment mis en place des initiatives d’éducation nutritionnelle et de prévention du surpoids dans les écoles. Il existe aussi un « Plan obésité », organisé autour l’amélioration de la recherche, de la prévention et de l’organisation des soins.

Législateurs, particuliers et même industriels ont tous un rôle à jouer pour endiguer l’épidémie. Les facteurs favorisant le surpoids ou l’obésité sont en effet nombreux, et il existe bien des moyens de lutter.

>> Lire : La prévention contre l’obésité en échec auprès des plus démunis

Parmi les causes les plus communes, on retrouve ainsi une alimentation peu équilibrée, un manque de sommeil, ou encore une activité physique insuffisante.

Les recherches de l’EUFIC montrent que, outre la pratique du sport, notamment, à l’école, l’aménagement de l’environnement des enfants avait un impact non négligeable sur l’activité physique. Ainsi, la connectivité des rues, la densité des trottoirs et des pistes cyclables, le nombre de terrains de jeux, d’espaces verts et d’infrastructures sportives influencent tous l’activité physique des enfants (s’ils vont à l’école à pied ou en vélo plutôt qu’en voiture, s’il est facile d’accéder à des terrains de jeux, etc.).

Autre facteur déterminant : le sommeil. « Les enfants scolarisés qui dorment moins de 11 heures ont 40 % plus de risques de présenter un surpoids ; ce niveau de risque passe à 300 % si la durée du sommeil est inférieure à 9 heures », soulignent les auteurs du rapport.

Enfin, les habitudes alimentaires constituent un élément important de la prévention de l’obésité et de la malnutrition. C’est ici que les industriels peuvent entrer en lice. Il a été démontré que les aliments transformés contiennent dans la vaste majorité des additifs peu sains et qui influencent les goûts des enfants, qui deviennent bientôt incapables d’apprécier les produits plus sains, moins gras, moins salés et moins sucrés.

À défaut d’une réglementation plus stricte de la teneur en éléments potentiellement nuisibles dans certains produits destinés avant tout aux enfants, l’UE a récemment modifié ses règles d’étiquetage des aliments. L’un des objectifs de cette modification était de rendre les informations plus claires pour les consommateurs. Il est donc plus facile de comparer les produits et leurs teneurs en sucre, sel, etc. Il faut à présent accompagner cette mesure de plus d’informations sur les excès à éviter et l’importance de construire chez les enfants des habitudes saines.

>> Lire : Le diabète et l’obésité, puissants freins à la croissance mondiale