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27/09/2016

La Commission soutient le recours au numérique pour traiter les maladies chroniques

Santé & Modes de vie

La Commission soutient le recours au numérique pour traiter les maladies chroniques

(Credit: [Syda Productions/Shutterstock])

Alors que les gouvernements européens taillent dans leurs dépenses d’assurances maladie, le recours au numérique permet de réduire les coûts. L’e-santé est plébiscitée par la Commission, notamment dans le traitement des maladies chroniques.

Lors du forum de l’e-santé à Athènes, Tonio Borg, le commissaire européen à la santé, a plaidé pour une meilleure utilisation des ressources numériques dans le domaine de la santé. Télémédecine, prescription numérique, applications de santé pour mobile sont autant d’instruments pour développer l’e-santé.

Meilleur suivi

L’e-santé présente plusieurs options, dont celle de la santé mobile particulièrement efficace sur le suivi des maladies chroniques. C’est ce que montre le projet MobiGuide, l’un des quatre projets financés par l’UE, pour assister les patients atteints de maladies chroniques à travers des applications numériques pour mobile. Actuellement en phase de test, il s’adresse notamment aux personnes souffrant de maladies cardiaques (hypertension, trouble du rythme cardiaque), mais aussi du diabète.

À l’aide de capteurs connectés à un smartphone, les malades pourront mesurer leur pouls ou leur pression artérielle. Les données recueillies par le smartphone sont transmises à un ordinateur central qui renseigne le patient sur les mesures à prendre, sur la base de l’historique de ses données cliniques. Ainsi, le malade reçoit des indications sur le type d’activité physique qu’il doit pratiquer, ou sur le régime alimentaire qu’il doit adopter.

Pour Tonio Borg, il s’agit d’un projet prometteur pour parfaire la qualité des soins, et accroître l’autonomie des malades.

« La santé mobile présente un réel potentiel pour améliorer la vie des patients. Elle renforcerait la qualité des soins, ainsi que l’autonomie des patients. Et elle assisterait les professionnels de santé dans leur travail » explique le commissaire à la santé.

Les personnes âgées pourraient en être les premiers bénéficiaires, même si ce type d’application s’adresse à l’ensemble de la société. C’est ce qu’explique Tonio Borg lors du Forum de l’e-santé à Athènes.

« Dans le nord de l’Italie, dans la région de l’Émilie Romagne, les applications de santé permettent de mieux contrôler la prise des médicaments des personnes âgées souffrant de maladies chroniques » explique-t-il.

Par ailleurs, l’e-santé réduit le risque d’erreur médicale et assure aux malades une continuité dans leur traitement à travers les différents pays membres.

«Le système de prescription numérique prévoit la création d’un dossier médical par patient, contenant l’historique des médicaments pris par le malade. Cela évitera les prescriptions inutiles et les contre-indications. Ce dossier permettra au patient d’obtenir une continuité des soins dans les différents pays de l’UE » explique Tonio Borg.

Source d’économies

Fini les allers retours entre le domicile et l’hôpital pour les patients atteints de maladies chroniques, certaines visites pourront en effet être évitées grâce à l’e-santé. Mettant davantage l’accent sur la prévention, la santé en ligne permettra également de traiter plus en amont les affections chroniques, pour une meilleure prise en charge, et pour plus d’économies.

Tonio Borg considère que la Grèce est un exemple à suivre, notamment grâce à l’instauration d’un système de prescriptions numériques. Introduit dès 2010, il est aujourd’hui utilisé par 98 % des pharmaciens grecs, et 90 % des docteurs.

 « Le système grec de prescription numérique est un exemple de réussite. Il a généré une plus grande transparence et des économies conséquentes » assure Tonio Borg.

Selon la Vice-présidente de la Commission, Neelie Kroes, en Italie, la santé en ligne a permis d’économiser un euro tous les neuf euros dépensés pour des actes médicaux. 

Contexte

En 2012, la Commission publiait un plan d’action pour la santé en ligne 2012-2020, reconnaissant le potentiel des applications de santé pour mobile. Selon la Commission, c’est un domaine prometteur qui pourra compléter le système de soins traditionnel.

Du 12 au 14 mai, avait lieu à Athènes le forum de l’e-santé, en présence de la Vice-présidente de la Commission, Neelie Kroes, du commissaire à la santé, Tonio Borg, et du ministre grec de la Santé Adonis Georgiadis. 

Prochaines étapes

  • D'ici la fin de l'année: définition de nouvelles étapes pour l'adoption de l'e-santé 

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