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25/09/2016

La France inaugure les premiers paquets de cigarettes neutres en Europe

Santé & Modes de vie

La France inaugure les premiers paquets de cigarettes neutres en Europe

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@DpixCenter/Shutterstock

Mesure phare de la loi Santé, le paquet neutre pourra être vendu à partir de vendredi 20 mai en France, une première en Europe. Obligatoires à compter de janvier 2017, ces pâquets arriveront en ordre dispersé dans les bureaux de tabac.

« Il n’y pas de règles : les paquets neutres vont arriver chez les buralistes en fonction des volumes des paquets actuels écoulés, et donc en fonction des marques de cigarettes. Nous n’avons aucune maîtrise de ce que nous allons recevoir dans les jours et semaines à venir », déclare à l’AFP Pascal Montredon, président de la Confédération des buralistes.

Contactés, les fabricants ne souhaitent pas donner de date pour la mise en vente des premiers paquets de cigarettes neutres.

À partir du vendredi 20 mai, les fabricants de tabac n’auront plus le droit de produire pour le marché français des paquets de cigarettes tels que nous les connaissons actuellement. Même sort pour les cartouches ou le tabac à rouler.

Paquets sans logo

Ils doivent fabriquer des paquets sans logo, de couleur vert foncé, avec uniquement des avertissements sanitaires et des photos de malades. Et à partir du 20 novembre, les fournisseurs ne devront plus livrer que des paquets neutres aux débitants de tabac.

D’ici la fin de l’année, les deux types de paquets pourront toutefois coexister dans les bureaux de tabac, le temps d’écouler les stocks.

Le paquet neutre n’est pour l’instant expérimenté qu’en Australie, depuis décembre 2012. La France devient ainsi le premier pays européen à en vendre. Il devrait ensuite arriver en Angleterre et en Irlande, dans le courant de l’année 2016.

>> Lire : Dix pays défendent le paquet neutre face au lobby du tabac

Fortement défendu par la ministre de la Santé Marisol Touraine durant 4 ans, le paquet neutre constitue pour le gouvernement une victoire en matière de lutte contre le tabac, vivement combattu par les industriels et les buralistes.

Face à cette mesure prise dans le cadre de la loi Santé, Seita, filiale française du cigarettier britannique Imperial Tobacco ou encore Japan Tobacco International (JTI) ont tous deux annoncé respectivement en mai et en mars des recours en mettant en avant le « respect des droits de propriété intellectuelle », liés à leurs marques.

>> Lire : Les relations demeurent opaques entre Bruxelles et le lobby du tabac

Question des stocks

Au 1er janvier 2017, les buralistes qui auraient encore en stock des paquets classiques n’auront plus le droit de les vendre aux consommateurs.

« La question est de savoir ce que l’on va faire de ces paquets traditionnels qui vont nous rester sur les bras », s’inquiète M. Montredon, qui suggère que « l’État reprenne ces stocks invendus à son compte ».

Selon une source du secteur, « il va effectivement falloir ramener et détruire les stocks des anciens paquets de cigarettes, et rembourser le droit d’accise sur le tabac » mais « si les buralistes s’organisent bien, il ne devrait pas leur rester beaucoup de vieux stocks au 31 décembre ».

L’essentiel du prix des cigarettes est constitué de taxes (plus de 80 %), les fabricants touchant moins de 10 % du prix des paquets, actuellement vendus entre 6,50 et 7 euros.

Coût de  production

Selon certains fabricants, le coût engendré par la production des nouveaux paquets neutres, qui ne sont vendus pour l’heure que dans un seul autre pays au monde, ne sera pas répercuté sur le client.

Par ailleurs, les paquets de cigarettes en forme de rouge à lèvres sont aussi concernés et ne pourront plus faire référence à la minceur et à l’élégance.

Les paquets de cigarettes « slim », parfumés au menthol ou à un fruit, deviendront neutres à partir du 20 mai prochain, avant d’être interdits à la vente à partir de 2020. Aucune date précise n’est donnée sur la mise en vente des premiers paquets neutres de cette gamme.

Le 18 mai, la ministre de la Santé a annoncé la création d’un « fonds de prévention du tabagisme », doté de 32 millions d’euros, pour « renforcer les mesures » incitant à abandonner la cigarette.