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24/08/2016

La grippe tue plus en Grèce qu’ailleurs

Santé & Modes de vie

La grippe tue plus en Grèce qu’ailleurs

Panneau indiquant un centre de santé en Grèce. [Wendy House/Flickr]

La Grèce présente le taux de mortalité lié à la grippe le plus élevé des pays européens. Les politiques d’austérité drastiques dans le domaine de la santé publique semblent responsables.

Le taux de décès dus à la grippe en Grèce est considérablement plus élevé que dans les autres pays européens.

Les données collectées par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et par la Athens Medical Association (ISA) montrent que 106 personnes sont décédées cet hiver à la suite d’une infection grippale en Grèce sur une population qui s’élève à 11 millions d’individus.

L’Espagne, quant à elle, a enregistré 155 décès liés à la grippe, mais la péninsule ibérique affiche un nombre d’habitants quatre fois plus élevé que la République hellénique, soit 46 millions d’individus. Seuls quatre décès ont été répertoriés en Suède alors que la population est comparable à celle de la Grèce. Le Royaume-Uni n’a eu à déplorer pour sa part aucun décès lié à la grippe. 

Faible taux de vaccination

Les critiques ont pointé du doigt le faible taux de vaccination pour expliquer l’augmentation du nombre de décès liés à la grippe par rapport à l’année précédente. En décembre, l’ONG Médecins du monde avait indiqué que le cordon sanitaire jusqu’alors maintenu grâce à de vastes plans de vaccination était sur le point d’être rompu en Grèce. 

« Les enfants non assurés et qui ne sont pas vaccinés sont exposés à un grand danger. En plus de la menace que cette situation représente pour leur propre vie, ils doivent faire face à l’exclusion scolaire systématisée, car des directives ont été données afin que les enfants non vaccinés ne puissent pas assister au cours à l’école », a expliqué Nikita Kanatis de l’organisation humanitaire. 

Giogo Patoulis, président de l’ISA, a demandé que l’État grec met en place un plan national de vaccination pour la prochaine saison grippale. Le parti d’opposition Syriza considère que ce sont les coupes budgétaires dans les soins de santé primaires décidées par le gouvernement grec qui ont abouti à ce taux de mortalité plus élevé cette année.

Contexte

La crise de la dette qui frappe les pays de la zone euro a contraint les gouvernements à faire des coupes budgétaires drastiques dans les dépenses liées à la santé publique afin d’éviter de creuser les déficits.

La Grèce est l’un des États membres qui a pris les mesures les plus dures. Mais l’Espagne et d’autres pays comme la France ou la République tchèque ont dû aussi mener des politiques similaires. 

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