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24/01/2017

La lutte contre les maladies cardiovasculaires freinée par l’obésité et le diabète

Santé & Modes de vie

La lutte contre les maladies cardiovasculaires freinée par l’obésité et le diabète

L'OCDE fait cinq recommandations à ses membres pour réduire davantage le nombre de décès liés aux maladies cardiovasculaires.

[Andray_Popov/Shutterstock]

Les maladies cardiovasculaires restent la principale cause de décès dans les pays de l’OCDE. La progression  de l’obésité et du diabète, facteurs de risques majeurs, annonce une hausse de taux de mortalité. 

Si les décès par accident vasculaire cérébral (AVC) ou crise cardiaque sont moins nombreux qu’avant, les niveaux croissants d’obésité et de diabète, en particulier chez les jeunes, vont faire augmenter les taux de mortalité, s’inquiète l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Malgré un recul spectaculaire de 60 % du nombre de décès liés aux maladies cardiovasculaires ces cinquante dernières années, ces maladies restent la première cause de mortalité dans les pays de l’OCDE.

Dans son rapport intitulé Cardiovascular Disease and Diabetes: Policies for Better Health and Quality of Care (Maladies cardiovasculaires et diabète : des politiques pour une meilleure santé et qualité des soins), publié le 17 juin, l’organisation analyse les progrès réalisés par les États, tant en ce qui concerne les traitements que la prévention, et donne cinq conseils à ses membres (voir « Contexte » ci-dessous).

Des disparités criantes

Premier constat des spécialistes de l’organisation : les résultats sont extrêmement différents d’un pays à l’autre et, parfois, au sein d’un même pays. Ainsi, la probabilité de mourir d’un AVC ou d’une crise cardiaque est de moins de 1,5 sur 1 000 au Japon et en France, meilleur élève de l’OCDE en la matière, alors qu’elle est de 5 sur 1 000 dans les pays d’Europe centrale et orientale (Slovaquie, Hongrie, Estonie, etc.).

Une série de facteurs expliquent ces disparités. Parmi ces facteurs figurent par exemple les variations de l’âge d’apparition des maladies cardiovasculaires ou du diabète, très diverses en fonction des pays. L’apparition précoce de ces maladies a en effet des conséquences considérables sur le statut socio-économique des patients, ainsi que sur leur santé générale, et donc sur le taux de mortalité liée à ces maladies. Le diabète juvénile est beaucoup plus courant dans certains pays, comme le Mexique, les États-Unis ou le Portugal, que d’autres et des mesures de prévention adaptées doivent donc être mises en place.

>> Lire : Le diabète et l’obésité, puissants freins à la croissance mondiale

Autre facteur important : l’accès et la qualité des premiers soins. Ces éléments essentiels varient énormément d’un pays à l’autre, sans toujours correspondre avec les ressources de l’État en question, ce que l’OCDE juge inacceptable.

De plus, les pays de l’OCDE ne semblent pas en mesure de limiter efficacement les comportements à risque. C’est un point important, étant donné que ces deux maladies peuvent être évitées si un style de vie plus sain est efficacement promu au niveau national.

Outre la promotion des choix sains, l’OCDE demande donc à ses membres d’augmenter le prix des alternatives dangereuses (aliments trop gras, sucrés, salés, cigarettes, etc.) et de réglementer leur vente.

Diabètes et obésité

Malgré ces progrès, l’obésité et le diabète progressent et, avec eux, le nombre de personnes susceptibles de développer une maladie cardiovasculaire. En effet, le diabète est un facteur de risque majeur des maladies cardiovasculaires, puisque les diabétiques sont trois à quatre fois plus exposés aux maladies cardiaques.

Selon la fédération française des diabétiques, « on compte près de 4 millions de personnes diabétiques en France et l’on estime que 700 000 Français ignoreraient leur maladie. Le diabète est une épidémie silencieuse en constante évolution et si rien n’est fait d’ici les 10 prochaines années, 8 millions de personnes seront atteintes. »

>> Lire : L’obésité pourrait toucher un être humain sur deux en 2030

Les pays de l’OCDE comptent en effet environ 85 millions de diabétiques, soit environ 7 % des 20-79 ans. Ce chiffre devrait grimper de 27 % pour atteindre 108 millions d’ici à 2030, atteignant alors 23 millions de patients supplémentaires présentant des besoins plus importants en matière de soins et des risques de complications plus élevés. Les taux d’obésité sont eux aussi en hausse et ce problème touche une personne sur cinq dans les pays de l’OCDE. En Europe, entre 30 et 70 % de la population est en surpoids et entre 10 et 30 % des Européens sont obèses, selon les estimations de l’OMS.

L’augmentation de l’obésité et le vieillissement de la population sont de fait deux éléments qui compliqueront le traitement et la prise en charge des personnes atteintes de maladies cardiovasculaires dans les années à venir.

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Contexte

L’OCDE vient de publier un rapport sur l’impact des politiques publiques sur les maladies cardiovasculaires et le diabète. L’organisation rappelle que ces maladies sont toujours la première cause de décès dans ses pays membres et formule cinq recommandations.

  • Redoubler d’efforts pour promouvoir l’adoption de modes de vie plus sains en vue de réduire la mortalité associée aux MCV. Les campagnes antitabac ont prouvé leur efficacité, de même que les initiatives ciblant la consommation de sel et l’obésité.
  • S’assurer que les soins primaires sont financièrement accessibles à tous et qu’il n’y a plus de différence entre les soins recommandés et les soins réellement dispensés.
  • Accroître la responsabilité et la transparence des résultats au niveau des soins primaires.
  • Créer un cadre national visant à améliorer la qualité des soins intensifs, et établir des normes nationales sur la mesure et l’amélioration continue des services d’urgence et des services hospitaliers, afin d’en améliorer la qualité et d’atténuer les écarts entre les régions d’un même pays.
  • Veiller à ce que les réformes portent sur chacune des composantes du système de santé, depuis les politiques et la prévention jusqu’aux soins primaires, en passant par les services d’urgence, les soins intensifs et les services de rééducation, car face à la complexité du traitement des MCV et du diabète, la chaîne des soins n’a que la force de son maillon le plus faible.

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