EurActiv.fr

Actualités & débats européens dans votre langue

17/01/2017

Le cholestérol pourrait être un facteur de tendinites et douleurs chroniques

Santé & Modes de vie

Le cholestérol pourrait être un facteur de tendinites et douleurs chroniques

Souffrir d’un taux élevé de cholestérol pourrait être directement lié à des problèmes de tendons et de douleurs chroniques

Crédit : [Dirima / Shutterstock.com]

Souffrir d’un taux élevé de cholestérol pourrait être directement lié à des problèmes de tendons et de douleurs chroniques, indiquent les résultats d’une étude scientifique réalisée par des chercheurs de l’université de Canberra. Un article d’Euractiv Espagne.

Selon l’étude, publiée dans la revue British Journal of Sports Medicine, l’inflammation chronique, provoquée par l’accumulation de cholestérol dans les cellules du système immunitaire pourrait être un facteur clé des tendinites et des douleurs chroniques.

Après avoir analysé 1 607 articles scientifiques sur le sujet, publiés entre 1973 et 2014, les chercheurs ont montré que comparées aux personnes dont le tendon ne présente aucun problème, celles dont la structure du tendon est anormale ont beaucoup plus de graisse dans le sang (lipides).

Les experts pensent que « le stress mécanique » causé par l’obésité, la présence excessive de graisse corporelle, l’utilisation forcée du tendon durant la pratique du sport sont les principales causes des tendinites, même si ces facteurs n’expliquent pas la totalité des cas.

>> Lire : La mauvaise hygiène de vie favorise les maladies non transmissibles

Hypercholestérolémie familiale et tendinite

Les personnes souffrant d’un niveau de cholestérol très élevé pour des raisons génétiques (hypercholestérolémie familiale, ou HF) auraient également plus de risques de souffrir d’une douleur au tendon.

Par ailleurs, les personnes ayant un profil lipidique défavorable seraient très enclines à des lésions du tendon et à des douleurs musculo-squelettiques dans les bras.

Deux des trois études qui analysent l’épaisseur du tendon d’Achille montrent que les personnes au profil lipidique défavorable ont des tendons plus denses que les autres.

« Dans l’ensemble, ces résultats sont importants pour élaborer une hypothèse métabolique de la lésion du tendon et impliquent des paramètres lipidiques ayant un lien potentiel », assurent les chercheurs de l’université australienne, qui rappellent qu’il ne s’agit que d’une observation et qu’aucune conclusion ne sera pour l’instant tirée sur les causes et effets.

Cholestérol en Europe

L’Europe a la prévalence de cholestérol la plus élevée au monde (54 %) Même s’il s’agit d’un des principaux facteurs de risque des maladies cardiovasculaires et de diabète, entre autres, le chemin est encore long avant que la population européenne se rende compte qu’elle doit baisser son niveau de mauvais cholestérol (LDL). Avoir une alimentation équilibrée, faire du sport, et avoir une vie plus saine permettent d’atteindre cet objectif, rappellent les experts.

>> Lire : Le cholestérol, maladie chronique négligée en Europe

La « croisade » contre le cholestérol LDL part d’une réalité amère : les maladies cardiovasculaires tuent chaque année environ 4 millions de personnes dans les 53 pays européens membres de l’Organisation mondiale de la santé, et près de 1,9 million dans les 28 membres de l’UE.

Malgré la gravité du problème, un Espagnol sur trois ne se préoccupe pas de son niveau de cholestérol et 20 % d’entre eux ne savent pas qu’avoir un niveau élevé de lipides dans le sang augmente sensiblement le risque de maladies cardiovasculaires, selon une étude récemment publiée, qui propose une « carte » du problème en Espagne.

Stratégie contre l’HF

L’Espagne pourrait très prochainement approuver un Plan national pour la détection de l’hypercholestérolémie familiale (HF), qui touche environ 100 000 personnes dans le pays, selon les données de la Fondation HF à Madrid.

Selon des sources de la fondation, il s’agit « d’une priorité pour éviter les maladies cardiovasculaires prématurées chez cette population vulnérable [atteintes d’HF] ».

Au niveau européen, la nécessité d’établir une stratégie est fragilisée par le manque de données à échelle européenne : moins de 1 % des citoyens européens ont reçu un diagnostic d’HF. Pourtant cette condition peut se transformer en pathologie cardiovasculaire grave même à un âge de plus en plus précoce.

>> Lire : La prévention de l’hypercholestérolémie familiale en est à l’âge de pierre

Un seul pays fait exception : aux Pays-Bas, 50 % de la population a reçu un diagnostic d’HF. En Espagne, 20 000 personnes (entre 10 % et 20 %) seraient atteintes d’HF, selon la fondation, qui travaille sur ce sujet depuis des années.