Le logo européen pour la vente de médicaments en ligne ne prend pas en France

Depuis début juillet, un logo européen doit être utilisé pour la vente de médicaments en ligne. Quasiment aucune pharmacie n’y a recours en France.

La vente de médicaments falsifiés ne cesse d’augmenter et touche de plus en plus de types de médicaments, notamment ceux utilisés pour le cholestérol ou les maladies cardiovasculaires, mais aussi les antimalariques ou certains traitements contre le cancer. L’UE a donc décidé il y a quelques années, dans le cadre de la directive sur les médicaments falsifiés à usage humain, de mettre en place un logo paneuropéen de vérification des sites de vente de médicaments en ligne.

À partir de ce mois-ci, les gouvernements européens doivent avoir concrétisé la directive et équipé les sites de vente agréés d’un logo garantissant la qualité des médicaments vendus. En cliquant sur ce logo, les acheteurs potentiels sont redirigés vers une liste des vendeurs autorisés par l’État.

En France, le système n’est toutefois pas encore appliqué. Le registre national n’est d’ailleurs pas prêt non plus, contrairement à une majorité d’autres pays européens.

Médicaments falsifiés

Par souci d’économie financière, par facilité, ou pour ne pas perdre de temps, les Européens achètent de plus en plus de médicaments sur Internet, où il est cependant difficile de s’assurer de la qualité des produits.

Les médicaments falsifiés peuvent ne pas contenir d’agent actif du tout ou contenir des doses inadaptées de l’agent actif. Ils sont donc très dangereux, notamment pour les patients atteints de maladies chroniques, comme le cholestérol. Dans de rares cas, ils contiennent également des substances dangereuses.

On estime que la vente de médicaments de contrefaçon engendre la mort d’entre 100 000 et un million de personnes tous les ans.

Les particuliers ne sont cependant pas les seuls à tomber dans le panneau, puisqu’on constate également une augmentation du nombre de médicaments falsifiés qui apparaissent dans les circuits officiels ou les pharmacies.

Un secteur en plein essor

Le domaine des faux médicaments est en plein essor. Extrêmement lucratif, il profite de bien des facteurs favorables, comme le manque d’information de la population, les systèmes de vente en ligne très faciles d’accès, la complexité des chaines d’approvisionnement et, parfois, un certain flou juridique.

Si 40 % des incidents liés à de faux médicaments sont enregistrés en Asie, 15 % des cas concernent l’Europe. Selon l’OMS, « dans plus de 50 % des cas, les médicaments achetés sur des sites internet dissimulant leur adresse physique seraient des contrefaçons ».

Le nombre de ces incidents a ainsi dramatiquement augmenté ces dernières années. Le nombre de médicaments falsifiés saisis par les douanes européennes a été multiplié par plus de dix entre 2000 et 2010.

Règles européennes

Vu l’ampleur du phénomène, l’UE a décidé de se pencher sur un système d’authentification des sites de vente en ligne, d’où proviennent la grande majorité des cas en Europe.

La directive sur les médicaments falsifiés à usage humain a donc été adoptée en juin 2011. Elle prévoit des dispositifs permettant d’améliorer la sécurité et la traçabilité des médicaments, des contrôles plus stricts de la chaine d’approvisionnement et l’encadrement de la vente en ligne, grâce à un logo européen certifié, qui remplacera donc de manière simple et transparente les initiatives existantes mises en place par les gouvernements, associations des consommateurs ou ordres nationaux des pharmaciens.

À ce jour, 18 États, dont, par exemple, la Belgique, l’Allemagne et le Royaume-Uni, appliquent le système. Les gouvernements ont mis en place un site officiel listant les fournisseurs agréés de médicaments vers lequel l’acheteur potentiel est redirigé à partir du logo européen présent sur le site d’achat de médicament.

La France fait néanmoins partie des dix pays à ne pas encore se conformer entièrement à ce système : s’il existe une liste officielle du élaborée par le ministère de la santé, la plupart des sites qui y figurent n’abordent pas le logo.

Plus d'information

Agence européenne des médicaments

Ministère français de la Santé

Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (Begique)

Campagne Faux médicaments, vrai danger