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22/01/2017

Le manque de sommeil, facteur de risque cardiovasculaire

Santé & Modes de vie

Le manque de sommeil, facteur de risque cardiovasculaire

Les dangers du manque de sommeil vont d'un risque accru de maladie cardiovasculaire à une plus grande probabilité d'avoir un accident.

[A and N photography/Shutterstock]

Des chercheurs coréens se sont penchés sur la relation entre les maladies cardiovasculaires et le manque de sommeil.

Nos rythmes de vie nous poussent souvent à réduire nos heures de sommeil. Une très mauvaise habitude, puisque le manque de sommeil chronique a été lié à nombre de maladies, comme des formes particulièrement agressives de cancers colorectaux ou du sein. Même le manque de sommeil occasionnel a des effets négatif, puisqu’en plus de la fatigue, qui augmente notamment le risque d’accident, cela entraine une perte de la masse cérébrale et nous pousse à manger plus, et à nous tourner vers des aliments plus sucrés et plus gras.

De surcroît, des chercheurs coréens de l’université de Yonsei ont trouvé un lien entre le manque de sommeil chronique et le syndrome métabolique. Ce syndrome est une combinaison de plusieurs facteurs augmentant drastiquement les risques de diabète, de maladies cardiovasculaires et d’accident vasculaire cérébral.

L’impact cardiovasculaire

Les facteurs de risques qui peuvent mener au syndrome métabolique sont notamment un taux de glucose excessif, un taux de cholestérol élevé, une obésité androïde (accumulation de graisse au niveau de la taille et du ventre), une tension artérielle élevée et un excès de graisse dans le sang. Pris séparément, ces facteurs augmentent déjà le risque cardiovasculaire, mais si une personne présente au moins trois de ces symptômes, elle est atteinte du syndrome métabolique et le risque est décuplé.

Pendant plus de deux ans, l’équipe du docteur Jang Young Kim a suivi 2 600 adultes. Selon eux, les participants à l’étude qui dormaient moins de six heures par nuit auraient 41 % de chances en plus d’être atteints du syndrome métabolique.

 « Les ‘petits ‘ dormeurs doivent être conscients qu’ils risquent de développer le syndrome métabolique, ce qui peut mener à des maladies dangereuses et chroniques », conclut Jang Young Kim.

Ces résultats correspondent aux conclusions d’autres études sur le sommeil, les maladies cardiovasculaires et le syndrome métabolique. Le manque de sommet chronique a été lié à une mortalité précoce dans plusieurs études, ainsi qu’a une augmentation de l’incidence du diabète. L’obésité est une autre conséquence prouvée du manque de sommeil, et ce même chez les enfants.

>> Lire : L’OMS souligne le lien entre obésité infantile et manque de sommeil

Pour Kristen Knutson, chercheuse et spécialiste du sommeil, « la force de cette étude est qu’elle est prospective […] c’est important parce que la durée de sommeil a été mesurée avant l’apparition de la maladie. »

La spécialiste estime important de réévaluer les habitudes de sommeil. Il est bien sûr difficile de diminuer le temps de travail ou le temps passé avec ses enfants, mais les gens feraient parfois mieux d’aller se coucher plutôt que de regarder un film, par exemple. « Nous ne savons pas encore s’il est possible d’annuler les conséquences » de nuits trop courtes, rappelle-t-elle.

Manque de sommeil occasionnel

Si le manque de sommeil occasionnel est moins grave, il n’en reste pas moins dangereux. Après une nuit trop courte, l’organisme commence déjà à se dérégler. Une personne en manque de sommeil aura ainsi tendance à compenser en cherchant plus d’énergie dans son alimentation. Elle consommera des portions plus importantes et choisira des aliments plus gras et plus sucrés.

La fatigue entraine également une plus grande émotivité et des difficultés de concentration, par exemple. Cela mène entre autres à une plus grande chance d’avoir ou de causer des accidents, notamment sur la route.

Le manque de sommeil affaiblit considérablement notre système immunitaire et nous rend plus susceptible d’attraper rhumes et virus.

Plus inquiétant encore, il affaiblirait nos capacités cérébrales, puisqu’il semblerait que la masse cérébrale diminue à chaque nuit sans sommeil, selon une étude de Christian Benedict, de l’université d’Uppsala. Ce chercheur et son équipe ont observé qu’une nuit blanche augmente la concentration de certaines molécules dans le sang. Ces molécules sont en général présentes lors de lésions cérébrales.

« Nos résultats indiquent que le manque de sommeil pourrait accélérer les processus de dégénérescence neurologique », explique Christian Benedict.

Le sommeil est également essentiel à la consolidation de la mémoire. Ne pas dormir assez, ou mal dormir, mène donc à des problèmes de mémorisation et des pertes de mémoire. Un individu fatigué aura tout d’abord plus de mal à se concentrer, et donc à retenir ce qu’il apprend. Le sommeil est dans un deuxième temps indispensable à l’apprentissage, puisqu’il permet de fixer les connaissances durablement.